‹ Les Sources de la Virulence RabiqueChapitre 7 sur 53 · AR · texte numérisé non relu

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LE VIRUS RABIQUÉ 29

Cet auteur vérifie que l’action neutralisante de la glycérine est extrêmement lente, bien que la durée de la conservation du pouvoir pathogène ne puisse être fixée exactement puisqu'elle varie nécessairement selon le degré de la glycérine, l'épaisseur de la substance nerveuse et aussi la température ambiante.

Ainsi un gramme de bulbe virulent trituré et émulsionné dans 1,50 c.c. de glycérine neutre à 300 est complètement neutralisé après 3 jours d'exposition en tube clos à 380, alors que dans les conditions ordinaires le virus, à cette Lempérature, garde sa force pendant plus de 5 jours.

Inversement, un cerveau rabique plongé intact et entièrement dans la glycérine conserve très longtemps son activité, celle-ci persistant au centre de la masse immergée longtemps après que le virus imprégnant les couches superficielles s’est trouvé neutralisé. C’est la raison pour laquelle l’on transporte couramment dans la glycérine les moelles ou les cerveaux rabiques.

À. Marie observe par ailleurs que l'alcool à 959 neutralise en 24 heures son volume d’une émulsion centésimale de virus fixe filtrée sur papier.

Il constate la destruction par la soude du virus fixe, le carbonate de soude se montrant également actif.

Par contre, la cholestérine, la lécithine se sont montrées inactives et de même le bleu de méthylène capable cependant d’affaiblir la puissance fâcheuse de nombreuses espèces microbiennes. Marie émulsionne dans une solution aqueuse de bleu de méthylène, un bulbe de lapin rabique pesant 1 gramme. Après filtration sur papier et 24 heures de séjour au frais, l’on inocule 0,20 c.c. du mélange dans le cerveau d’un lapin qui prend la rage au neuvième jour, dans l’habituel délai.

La papaïne semble, en revanche, avoir une certaine action atténuante à l’égard du virus.

L’acide phénique neigeux à 5 pour 100 mis en contact pendant 24 heures avec un volume égal d’une émulsion virulente centésimale neutralise celle-ci. Un cobaye inoculé dans l’encéphale avec le mélange présente un début de paralysie le onzième jour après l’inoculalation. La paralysie dure 5 jours et l'animal se rétablit.

Dans une seule expérience avec le bichlorure de mercure, A. Marie fait agir 24 heures sa solution millésimale sur l’émulsion virulente centésimale : le cobaye inoculé dans le cerveau avec 0,10 c.c. du mélange soit 0 gr. 00005 de bichlorure de mercure meurt au douzième jour mais sans paralysie et son cerveau, inoculé, ne transmet pas la rage.

Il faut citer aussi parmi les substances chimiques n’affaiblissant

enrienle virus rabique la cocaïne et l’olocaïne. Aussi, dans le but de rendre les vaccinations antirabiques moins douloureuses, Fermi s’estil servi de ces analgésiques.

Contrairement aux résultats obtenus par A. Marie, il convient de citer que pour H. Fukuhara (1) expérimentant à l'Institut bactériologique d’'Osaka, la cholestérine s’est montrée capable de neutraliser én vitro le virus rabique.

De même l'acide oléique et les oléates de potassium et de sodium manifestent un pouvoir destructeur à l'égard de ce virus.

Botafogo Gonsalves a examiné l'effet sur le virus rabique de l'huile d'olive du commerce et de la lanoline. Il a pu vérifier que le virus se conservait très longtemps, jusqu’à 95 jours, dans l’huile d'olive purifiée, neutralisée et stérilisée. Le même chercheur a constaté que l'huile phéniquée, à 0,5 pour 100, s’est montrée sans action sur le virus renfermé dans un cerveau de lapin mort de rage après inoculation par le virus fixe, ce cerveau ayant été conservé à la glacière pendant trois mois. Immergé dans cette huile, après lavage à l’eau physiologique pour faire disparaître l'huile, un petit fragment de ce cerveau, inoculé en suspension aqueuse sous le crâne des lapins déterminerait la mort par rage dans les délais normaux.

Toutefois, à une plus forte dose, l’huile phéniquée provoque une sensible atténuation du virus. Ainsi, avec un cerveau de même nature que le précédent mais conservé pendant 3 mois à la glacière dans l'huile d'olive phéniquée à 2 pour 100 et inoculé à des lapins avec la même technique que précédemment, la mort des sujets inoculés ne survient plus qu'après 18 jours d'incubation.

Almagia, Prowazec, Landsteiner, Von Eisner ont étudié l'influence de la saponine sur le virus rabique. Cette substance, qui n’exerce aucun pouvoir destructeur ou atténuant sur la plupart des bactéries connues, neutralise le virus rabique de même que la virulence de protozoaires tels que les trypanosomes.

Or, les propriétés hémolytiques de la saponine se trouvent suspendues par l’action de la cholestérine et, de même, la cholestérine arrête l’action neutralisante exercée par la saponinesur le virus rabique.

Enfin, comme nous allons le voir plus loin, la pile et les sels biliaires exercent un pouvoir destructeur puissant à la fois sur les protozoaires el sur le virus rabique alors que sur les bactéries, à l'exception du pneumocoque, ils sont Lotalement inactifs.

Ces trois ordres de faits, écrit A. C. Marie (2) ont incité à penser que

() Ueber die Wirkung einiger lipoïden stoffen auf die invisiblen Virusarten. (Zeitschr, j. Immunilätsf. X. Orig. &. IX, 25 février 1911. p. 75)

(2) Marie, Rapports préliminaires & la conférence de lu rage, p. 17.

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le microorganisme de la rage devait être classé parmi les protozoaires invisibles,

En résumé, si l'examen critique des conclusions auxquelles ont abouti les expérimentateurs nombreux qui ont étudié l'influence des substances chimiques et des antisepliques sur le virus rabique ne laisse pas que d’être quelque peu troublant, par suite de la maltiplicité des techniques utilisées dans ces recherches, il offre cependant un intérêt pratique évident puisque plusieurs procédés de vaccinalion par les wirus atténués sont basés précisément sur l’utilisation convenablement réglée de quelques-uns de ces antiseptiques.

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