CO LES SOURCES DE TACITE
j)arce (juc Marcius Maccr a retenu l'élan de ses gladiateurs victorieux, les soldats soupçonnent tous leurs généraux de trahison et Othon leur substitue Titianus, Cela ne se tient pas'^l Nous avons donc ici une preuve certaine que Tacite n'est pas la source de Plutarque.
0. ^ 7 , 3 1 à la fin. Il y avait du désordre aussi dans les troupes ennemies, surtout dans celles de Valens. A la nouvelle du condjat de l'embuscade, ses soldats s'irritèrent de n'avoir pas été là pour secourir leurs camarades, dont un si grand nombre étaient restés sur le champ de bataille. Valens eut grand' peine à les calmer. Puis il opéra sa jonction avec Cécina. — Tout ceci j)ourrait être un résumé de Tacite. Il raconte que, pendant la bataille même, il y eut une sédition dans le camp de Cécina ( II , 2 6 ) et qu'à la nouvelle de la défaite les troupes de Valens , alors à Ticinum, recommencèrent presque une sédition à peine calmée (II, 3o). La jonction s'opère aussitôt après. Plutarque exagère quand il dit que les soldats furent sur le point de maltraiter Valens, ou plutôt il confond cette révolte avec la précédente (cf. Tac, II, 29) (^-).
f) iV issen , Bhein. Mus. , t. 9 6 , p. 5 2 0 , et Kuntze , 9 , donnent raison à Plutarque , de même Puhl, i3 sqq. Mais Ritter, Philologus , t, 21, 602, Heraeus dans son commentaire, Krauss, i4, et Gerstenecker, 2 5 sq., tiennent pour Tacite ou plutôt s'eflbrcent de concilier les deux récits. Voici l'explication de Gerstenecker : Othon aurait appelé de Rome son frère, après l'escarmouche des gladiateurs de Macer; mais Titianus ne serait arrivé et n'aurait pris le commandement qu'après la bataille des Castors; Plutarque, ayant omis l'escarmouche des gladiateurs, a été obligé de mentionner le lait après la bataille. Mais d'abord, si l'escarmouche avait eu pour conséquence la nomination d'un nouveau généralissime, Plutarque l' aurait-il négligée? Ensuite, pour trouver dans cette escarmouche un motif plausible d'un tel changement, nos adversaires sont obligés de rapporter les mots repressus vincentium impetus, non à Macer et à ses gladiateurs, mais à tous les généraux et à toute l'armée othonienne, qui se serait portée en avant à la suite de cette escarmouche. Or, que l'on relise avec attention Tacite, II, 28, on verra que cette interprétation est impossible. Enfin , comme après la bataille des Castors Tacite ne signale pas l'arrivée de Titianus et son entrée en fonctions, il faut que Plutarque, s'il a suivi Tacite, ait fait preuve d'une attention et d'une clairvoyance bien subtiles, qu'il ait deviné.
'-' MoXis Se -melaoLs xal 'zsapoLnnodusvos ï>pp)(X£rous aùroùs ^âXXetv . . . — «Ipsum uivadunt, saxa jaciunt ^
TACITE ET PLUTVRQUE. Gl
0., 8, i-y. Ollioii, clant venu à Bodrlacuni ''', au camp, tient conseil pour savoir s'il doit livrer bataille. Proculus et Titianus sont d'avis qu'en raison de l'ardeur des soldats et de leur récente victoire, il faut engager une action décisive, ne pas attendre que ces bonnes dispositions s'affaiblissent et que Vitellius lui-même arrive de Gaule. — Tacite, qui n'a pas dit qu'Olbon s'était arrêté à Brixellum, ne signale pas son arrivée à Bedriacum pour le conseil de guerre. Il fait parler d'abord Paulinus, représentant du parti qui voudrait traîner les choses en longueur (II, 82), puis Proculus et Titianus, qui sont pour une action immédiate. N'est-ce pas l'autre ordre relatif qui est le bon? N'est-il pas naturel que, la délibération étant ouverte, le généralissime prenne la parole le premier ? De plus il y a des arguments sérieux dans le résumé que Plutarque donne du discours de Titianus; d'après Tacite (II, 33), qui, d'ailleurs, le dit formellement '-', ils ne firent, Proculus et lui, que flatter Othon : rtfortunam et deos et numen Othonis adesse consiliis, adfore conatibus testabantur 5). Pour ces deux motifs, il est au moins très vraisemblable qu'ici Plutarque est indépendant de Tacite ^^^.
0., 8, 7-18. Paulinus dit que toutes les forces des ennemis sont présentes, tandis que les renforts qu'Olbon, s'il veut attendre, recevra de Mésie et de Pannonie, ne seront pas inférieurs à ses forces actuelles. L'ardeur des soldats ne sera pas moindre, quand leur nombre aura augmenté. Enfin Othon peut traîner la guerre en longueur, ayant tout en abondance, tandis que les adversaires, établis en pays ennemi, manqueront avec le temps des choses les plus nécessaires. Il y a, en somme, trois parties, trois arguments dans ce discours. Les deux premiers sont la réfutation des raisons données par Proculus et Titianus, le troisième est la confirmation proprement dite. — Le discours
l'' Plutarque, iiomuianl ici pour la première fois Bedriacum, indique la position de la ville : èali Se ■zsoXi)(^vri 'mXrjaiov Kpef/«i/rjs to Brrtpiaxôv,
'^^ ff . . . Neu quis obviam ire sententiae auderet, in adulationem concesseranl.w ^•"'^ Cf. Nissen, 520 sqq., et surtout Kuntze, <) sq.
(juo Tacilc fail j)rononccr à Suotonius Paulinus (II, 3a) contient les mornes arguments, mais il n'est pas composé de la même manière. Dans une première partie, i'orateur montre que les délais seront funestes aux ennemis : ils ont toutes leurs forces dès maintenant (Tacite le prouve "', tandis que Plutarque se borne à l'affirmer); ils soulïriront bientôt de la disette et du climat. La deuxième partie expose les avantages des délais pour Olhon : il a tout en abondance, le Pô forme une excellente ligne de défense, les renforts de Mésie vont arriver, ses troupes sont faites au climat d'Italie. Le fond des deux discours est en gros le même; cependant Plutarque évalue seul l'importance des renforts sur lesquels Othon peut compter et insiste seul sur cette considération que, devenus plus nombreux, ses soldats ne pourront pas être moins ardents.
0., 8, 18 à la fin. Marins Celsus est du même avis que Paulinus. Annius Gallus, souffrant des suites d'une chute de cheval, était absent. Mais, Othon l'ayant consulté par lettre, il conseilla de ne pas se hâter, d'attendre les forces de Mésie , qui étaient déjà en route. Ceux qui poussaient Othon à livrer la bataille eurent le dessus. — Tacite fait connaître , au début du chapitre 33, l'opinion de Celsus et de Gallus. Tout est d'accord dans son récit avec celui de Plutarque, excepté pourtant un détail essentiel. Tacite mentionne simplement l'approbation de Gallus sans la motiver. Plutarque dit qu'il conseille d'attendre les forces de Mésie, qui approchent. Or ce conseil est donné, dans Tacite, à la fin du discours de Paulinus. Nous avons ici une preuve certaine de la communauté de source : Tacite, altérant la source, a condensé dans le discours de Paulinus tout ce qui pouvait être dit en faveur des délais. Si Plutarque s'était servi de Tacite, on ne voit pas pourquoi il aurait attribué cette dernière idée à Gallus. Il a reproduit plus fidèlement la
('' Ou du moins il essaye de le prouver. Les chapitres I, Gi, el II, 67, de Tacite montrent que Viteliius était en marche pour l'Italie avec des forces considérables. Le parti de l'action immédiate pouvait clone affirmer, comme il le fait dans Plutarque , qu'il importait d'agir avant l'arrivée de Viteliius.
TACITE ET PEllTAROllE. G3
soiiiTc comniiino. — Le n'sullat de la dc'lilx'ralioii csl indique dans Tacite par les mots : «Postqnam pu^^nari placilum. . . v
()., (), 1-1 3. On donne plusieurs autres raisons de la conduite d'Othon. D'abord il était manifeste que les prétoriens, (|ui .'doutaient alors du vrai métier de soldat et qui regrettaient la vie douce et les plaisirs de Rome, ne pouvaient plus étro con tenus dans leur hâte de combattre; il leur semblait que l'ennemi ne résisterait pas à leur premier choc et que la guerre serait finie d'un coup. On croit aussi qu'Othon, dans sa mollesse, ne pouvait supporter l'incertitude et la préoccupation de l'avenir, (iomme un homme qui, les yeux fermés, saute d'une roche escarpée, il livrait sa fortune au hasard. Voilà ce que racontait son secrétaire , le rhéteur Secundus. — Il n'y a pas trace de la première raison dans Tacite*''. Quant à l'impatience d'Othon, il la signale, mais sans y insister et sans produire le témoignage du secrétaire de l'empereur : tcOtho pronus ad decertandumw (II, 33); «aeger mora et spei inpatiens?? (II, ào). Il est certain qu'ici Plutarque n'a pas eu Tacite pour source. Doit-il ces renseignements à une source secondaire, Secundus luimême'-' ou un historien qui avait consulté Secundus? ou bien a-t-il reproduit plus fidèlement une source commune? C'est un point que nous éclaircirons plus tard. Dès à présent la seconde supposition nous paraît probable : la description donnée par Plutarque de l'impatience d'Othon développe et commente à merveille les mots de Tacite : «aeger mora et spei inpatiensw. Admettre que le premier a transcrit les renseignements résumés par l'autre avec une grande concision, c'est l'explication la plus naturelle de ce rapport.
(') II indique seulement d'un mot, avant le récit de la grande bataille, l'ardeur dos soldats : «miles alacer» (II, 89).
'^' Le verbe SirjyeïTo indique que Secundus avait raconté la cbose oralement; l'absence de è(j.oi est, à elle seule, une raison do croire que le récit ne fut pas l'ait à Plutarque. Ci', au chapitre 1 U la formule par laquelle il introduit une communication orale directe de Mestrius Florus. Je reconnais d'ailleurs avec Lezius , 12/1, note 3, que l'argument n'est pas décisif. Mais la comparaison de Plulaniiic <'t do Tacite avec Suétone achèvera la démonstration. Cf. ch. 11, §1.
ù'i l-ES SOURCES DE TACITE.
()., () , 1 3 à la lin. D'aulrcs disaiciil ([iir les deux armées eurent de fré(juentcs velléités de se réunir et de s'entendre pour élire empereur le plus digne de tous les généraux présents, ou, si cela ne se pouvait, pour remettre au sénat le soin de cette élection. Ni l'un ni l'autre de ceux qui portaient alors le titre d'empereur ne jouissant d'une bonne réputation, il n'est pas invraisemblable que les meilleurs et les plus sages d'entre les soldats aient fait ce raisonnement : qu'il serait odieux et cruel de supporter, dans l'intérêt d'un ivrogne comme Vitellius ou d'un voluptueux comme Othon, les maux qu'autrefois, quand il s'agissait de Marins et de Sylla, puis de César et de Pompée, les citoyens avaient faits et subis avec douleur. On soupçonna que Celsus et son entourage conseillaient de traîner la guerre en longueur parce que, connaissant cet état des esprits, ils espéraient que la crise pourrait se dénouer pacifiquement. C'est aussi pour cette raison que l'entourage d'Othon désirait une bataille immédiate. — Tacite (II, 87) rapporte aussi cette version et ajoute seul que, d'après ceux à qui il l'emprunte, Paulinus se considérait comme le candidat le plus sérieux. Il ne dit pas formellement, comme Plutarque, que les soldats voulaient choisir l'empereur parmi les généraux présents. Mais cette différence est insignifiante; de la lecture du texte de Tacite, le biographe aurait pu tirer cette conclusion. Ce qui est plus frappant, c'est que, Tacite mettant en relief le nom et la personne de Paulinus, Plutarque se sert pour désigner les généraux d'Othon d'une périphrase où il fait entrer non pas le nom de Paulinus, mais celui de Celsus : rovs te •nrepî lov KéXcrov (qui correspond à duces othonianos de Tacite). Mais voici qui est plus grave encore. Tacite prend résolument parti contre cette version que Plutarque trouve vraisemblable (II, 87, 38). La divergence d'opinion s'explique beaucoup mieux en supposant que Plutarque a eu pour source la source de Tacite, cet auteur^'' que Tacite contredit, qu'en supposant qu'il s'est servi
('1 Nous verrons ([ue, malgré le pluriel qaosdam auctorcs , il s'agit hien en elTeL (Fun seul auleur, la source commune. Cf. § vu.
(le Tacite et (jiie, par conséquent, il a pris sur lui de le contredire <".
0., lo, i-(). Othon lui-même se retira encore à Hri.xelium, et ce fut une nouvelle faute, non seulement parce que la présence (le l'empereur eût été un stimulant pour les soldats, mais aussi parce qu'il emmena avec lui, comme garde, les troupes les plus solides et les plus dévouées d'infanterie et de cavalerie. — Tacite raconte et apprécie de même ce départ d'Olhon; mais pour lui, qui n'a pas dit qu'Otlion était arrivé de Brixellum en vue du
conseil de guerre, c'est un simple départ (« ut Brixellum
concederet55, II, 33) et non un retour.
0., 10, 6 à la fin. \ ers la même date, il y eut un combat sur le Pô. Gécina construisait un pont; ceux d'Othon l'en empêchaient. Ils tentèrent de détruire les travaux par l'incendie'"^', mais sans y réussir. Les Germains de Gécina, en étant venus aux mains dans une île du fleuve avec les gladiateurs d'Othon . eurent le dessus et en tuèrent un grand nombre. — Si l'on veut
('^ Y a-t-il corrélation entre les deux formules par lesquelles nos deux auteurs introduisent cette version : tfinvenio apud quosdam auctores» dans Tacite, et Èrépœv ëè ?iv ànoveiv dans Plutarque? Lezius, 127, note, affirme que oui, et part de là pour essayer de démontrer que le témoignage de Secundus provient d'une source secondaire, et ce qui suit, de Tacite. Mommsen, Hermès, U, 3o8, note, a tort, il est vrai (Lezius le montre fort bien, après Krauss, A) de prétendre que STépcov désigne des soldats partisans d'une solution pacifique , tandis que leurs camarades réclamaient la bataille immédiate. JMais il n'en est pas moins certain que la corrélation n'existe pas : Plutarque énumère toutes les versions de la source commune ; érépiûv ëè vv ixo^stv n'est qu'une transition entre deux versions. Tacite laisse de côté les autres versions pour en mentionner et en discuter longuement une seule, trlnvenio apud quosdam auctoresn introduit cette polémique. — Nous aurons occasion de revenir sur ces deux passages. — Remarquons que Tacite place le développement en question , non immédiatement après le compte rendu du conseil de guerre, comme Plutarque, mais plus loin, après le combat des gladiateurs et des Bataves. L'ordre de Plutarque est logique : il énumère sans interruption toutes les raisons développées ou non dans le conseil de guerre qui ont pu dérider Otlion à une action immédiate. N'est-ce pas l'ordre de la source commune?
(-) Le récit de cette tentative d'incendie au moyen de brûlots est très obscur. Cf. les essais d'interprétation de Mommsen, Hermès, k, 809, de Lange, a A sq., de Krauss, i3, de Kuntze 1 1 sqq. . et. surtout, de Gerstenecker, 98 sqq.
avoir iiiio idre claire de ces opéralioiis, c'est le rt-cil de Tacite qu'il faut lire. II s'agit ici des gladiateurs de Marcius Maccr, qui, après la levée du siège de Plaisance, battirent les Vitelliens non loin de Crémone (II, 2.'}). Tacite décrit (II, 34) le pont que Valens et Gécina construisaient en face de ces gladiateurs. Contre la tour élevée sur le dernier bateau du pont, les Othoniens en ont élevé une autre sur la rive, d'où ils lancent des pierres et des torches. Mais il n'est pas du tout question de la tentative d'incendie au moyen de brûlots, telle qu'elle est décrite par Plutarque : or cette description, quoique obscure, est précise, elle ne ressemble nullement à un lieu commun ^^>; Plutarque ne l'a pas imaginée. C'est donc là un épisode des opérations, négligé par Tacite, et que l'auteur grec a trouvé dans une autre source. Est-ce dans une source secondaire? Il n'y a aucune trace de soudure et d'intercalation, de sorte que l'on songe plutôt à une source principale commune. Le combat des gladiateurs et des Germains est raconté avec beaucoup de détails par Tacite au chapitre suivant (II, 35).
0., 11, ]-i8. Les soldats d'Othon, campés à Bedriacum, demandent impérieusement qu'on les mène au combat. Proculus les fait donc avancer jusqu'à cinquante stades de Bedriacum et choisit si sottement l'emplacement de son camp, qu'au printemps, dans un pavs où abondent les sources et les rivières, les troupes manquaient d'eau. Le lendemain, il veut faire, pour joindre les ennemis, une marche de cent stades. Paulinus et son entourage s'y opposent, disant qu'il faut attendre, au lieu de se fatiguer et de livrer combat à la suite de l'étape à des ennemis qui se seront tranquillement armés et rangés en bataille, tandis qu'eux-mêmes feront une si longue route et que leur colonne
''' i\Iommsen, Hermès, h, 809, pense que cette tentative d'incendie est une suite, et Gerstenecker, 28, un épisode des opérations racontées par Tacite. L'important, c'est que la circonstance manque dans Tacite. Ciason, Plut. u. Tac, 69, note 1 , considère tout ce passage comme un développement de fantaisie qui a eu pour point de départ le mot Jaces du texte de Tacite (les torches que les Othoniens lancent de leur tour sur le pont). Lezius, tSo sqq., reconnaît que la description ne peut provenir que d'une autre source.
TACITK KT PLUTARQUE. (i?
sera embaiTassiM' par les bagafjcs. Au milieu de ce (l('l)al. survint un cavalier numide ])oi'teur d'une iellre par laquelle Olhon commanclait de marcher tout de suite à l'ennemi. L'armée se mit donc en mouvement. — Tacite (II, Sy), après avoir décrit l'état des esprits à l'armée d'Othon, signalé en particulier l'ardeur et l'insubordination des soldats (ce qui répond assez bien au début de Plutarque), dit ([u'on décida (il ne nomme pas Proculus, mais il constate quelques lignes plus haut qu'il était le commandant en chef effectif) de camper à (juatre milles en avant de Bedriacum. Cinquante stades font un peu plus de six milles; les deux auteurs sont donc en désaccord sur la distance du camp à Bedriacum. En revanche, la description que Tacite donne de rem[)lacement rappelle presque mot pour mot celle de Plutarque : k . . . adeo inperite, ut, quamquam verno tempore anni et tôt circum amnibus, penuria aquae fatigarentur^n — . . .ovT(i)5 dueipcos xol\ xara'yeXd(7l cos , wcrle, tïjs fxèv ôipaç sapivvs ova-rjs, iwv Se xux'krjj ■zssrh'cov woXXà raf/ara xoà TSO-zdy.oiJS devvdovs èyhvidiv^ vSaros airavei ■zsié^saSa.i. Là (Tacite ne dit pas (pie ce fut le lendemain, mais il va de soi que ce n'cUait pas le jour même, puisque le camp fut établi et qu'on eut le temps d'en a|)précier les inconviMiients), on se demanda si on livrerait bataille. Othon ordonnait par lettre d'en finir promptement; les soldats réclamaient la prc'sence de l'empereur; beaucoup étaient d'avis qu'd fallait appeler les troupes de la rive droite (celles qu'Othon avait emmenées avec lui). Enfin on se met en marche; on se dirige (II, ko), vers le confluent du Pô et de l'Adda, qui est distant de seize milles. Celsus et Paulinus représentent qu'il ne faut pas exposer les soldats épuisés par la route et pesamment chargés à l'attaque des ennemis, qui n'auront que quatre milles à faire pour les assaillir dans le désordre de la marche ou la dispersion des travaux de campement. Mais Titianus et Proculus répondent aux raisons par des ordres et un cavalier numide apporte un message d'Othon qui commande d'engager la partie décisive et blâme la lenteur de ses généraux. De cette analyse il ressort qu'il y eut deux délibé-