CHAPITRE III
l. Entre les partisans de la communauté de source ^'^ l'accord cesse quand d s'agit de désigner cette source. 11 n'y a pas lieu de s'arrêter longtemps à l'opinion de Hirzel ^-', qui a cru la découvrir dans les Ada diurna ^^'. Il faut qu'il se soit fait une idée absolument fausse de ce journal romain. A côté des événements importants , y étaient relatés, dans le pêle-mêle et avec la prolixité d'une chronique, une foule de détails souvent insignifiants. Comment Tacite, Plutarque et Suétone, s'ils avaient travaillé surtout d'après un tel recueil, auraient-ils pu se rencontrer si fréquemment pour y faire le même choix et pour ranger les matériaux choisis dans le même ordre? Ce qu'il serait encore plus difficile de concevoir, ce sont les jugements semblables, les accords textuels : les Ada diurna, composés au jour le jour, ne jugeaient pas les choses et les personnes comme pouvaient et devaient les juger l'historien et la postérité; les Ada diurna, qui n'avaient rien d'un ouvrage littéraire, n'étaient pas rédigés avec cette préoccupation de bien dire, cette recherche de l'efl'et, que la comparaison de nos trois auteurs nous a permis de découvrir dans la source commune. Enfin , beaucoup de choses (jue nos trois auteurs ou deux d'entre eux rapportent de même n'étaient certainement pas dans losAda diurna: par exemple, les
"^ Auxquels il l'aut joindre ceux qui, comme Clason, croient à ia communaulé d'' source seulement entre Tacite et Suétone.
(■^) P. hi sqq.
>'^ Sur ce recueil, cf. E. Hiibner, De senalus popîdique Romani aclis {Jahrb. f. 'Iiixs. PhiloL; suppl. 3 [18G0], p. ïyôçf sqq.). — V. Leclerc, Des journaux chez les Romains, l'aris, i838, p. 181 sqq.