‹ Les sources de Tacite dans les Histoires et les AnnalesChapitre 24 sur 75 · TES SOURCES DE TACITE · texte numérisé non relu

TES SOURCES DE TACITE

manœuvres (.l'Ollion depuis la proclamation jusqu'au meuiLre (le Galba. Il faudrail donc supposer pour Tacite, Plutarcpie et Suétone une seconde source commune, fpii aurait joué un rôle tellement important (jue les Acta diurna ne mériteraient plus le nom de source principale ou devraient au moins le partager avec elle. Le rapport des trois auteurs est tel qu'on ne peut pas admettre qu'ils aient combiné, indépendamment l'un de l'autre, deux sources principales; il est tel que leur unique source principale fut sûrement, non une collection de journaux, mais un ouvrage historique en règle. Des textes produits par Hirzel'^' il résulte que les Acta diurna étaient lus dans tout l'empire romain et que Tacite s'en est parfois servi, mais rien de plus^'-'.

2. Wiedemann '•'^' a vu qu'il fallait chercher la raison de la ressemblance dans l'emploi du même écrivain. 11 pense que, pour le règne de Galba, Tacite a eu, comme source principale, Pline seul, tandis que Suétone et Plutarque ont combiné Pline et Cluvius; et que, [)our le règne d'Othon, les trois auteurs ont suivi Pline. Ce qui lui a fait adopter ce système compliqué, c'est d'abord que, dans le Galba, Plutarque a des détails , en plusieurs endroits, qui sont aussi dans Suétone et ne sont pas dans Tacite, et qu'entre Tacite et Plutarque il y a quelques petites divergences. Le premier fait prouve simplement que dans certains cas Plutarque et Suétone ont reproduit plus fidèlement que Tacite la source commune. Quant aux légères contradictions, elles s'expliquent le plus souvent par la négligence de Plutarque. Wiedemann trouve encore un indice d'une double source dans trois prétendues redites de Plutarque, qui n'en sont pas, ainsi

''' Tac, Ann., XVI, 22 : cr Diurna populi Romani per provincias, per exercilus curatius ieguntur, ut noscatur, quid Tlirasea non fccerit.» — Pline, Ep.,^\\ 33 (à Tacite) : « . . .quamquam diiifrentiain tuain lufjore non possit, cum sil in publicis actis.n — Le fait que Dion Cassius nomme souvent ce recueil n'est pas davantage un argument solide.

'"^' Hirzel est réfuté par Wiedemann, /iG, cl par II. J'eler, h-2 sq.; cf. aussi Clason, Plut. H. Tac, 3 sq. ; et Lange, 3f) s<|.

(■^) P. liS sqq.

(|ii(' le montre Peler '^'.11 ne reste doue aucun motif d'adjoindre à lUinc celui des deux historiens au(|uel appartient le rôle le plus considérable dans le système de Wiedemann, (Juvius Rufus. Nous allons bientôt voir ([u'ainsi simplifiée cette théorie est celle de Nissen.

3. H. Peter '-', qui combat très bien les opinions de Hirzel et de Wiedemann, propose, comme unique sonrcc principale, (-hivius Rufus. Plutarque cite Cluvius(0,, 3). De ce (ju'il le cite sans le réfuter par un autre témoignage, il ne faut pas conclure (jue Cluvius est source secondaire, quoique d'ordinaire Plutarque ne cite pas sa source j)rincipale, si ce n'est pour la réfuter. Ici il a fait exception à la règle, parce qu'il s'agit d'un fait qui s'est passé en Espagne et que Cluvius était alors gouverneur d'Espagne. En nommant Cluvius, il a donc voulu montrer qu'il s'était renseigné à la meilleure source. Le fait en question, l'envoi de pièces officielles oii Othon avait pris le surnom de Néron, est raconté aussi par Suétone (0., 7), mais avec moins de précision ;'t avec une formule de citation indéterminée. Il l'a aussi trouvé dans Cluvius. Quant à Tacite, nous savons par son propre témoignage [Ann., XIII, !2 0, et XIV, 2) que, pour ses Aimaks, il s'est servi de Cluvius. Il est donc tout naturel de croire que (Jluvius est la source commune. Son ouvrage historique allait au moins jusqu'à la mort de Vitellius : Tacite (II, 65) dit qu'il assistait comme témoin, avec Silius Italiens, aux négociations secrètes entre Flavius Sabinus et Vitellius. Ce détail indique évidemment que Cluvius est sa source pour le récit antérieur. Cluvius n'a guère pu écrire son ouvrage qu'après sa retraite de la vie publique, si mouvementée pendant les guerres civiles; il ne l'a pas écrit avant les guerres civiles, puisque la citation de Plutarque (0., 3) prouve qu'il avait raconté le règne d'Othon. Mommsen'^' adopte l'opinion de Peter et n'ajoute que peu de chose à ses arguments. Tous les récits, dit-il, qui concernent

") H. Peter rélute très bien Wiecleniaïui ; cl', p. /i3 sq.

(^) P. Zio «iq.

(^') Hermès, 'i , 3 18 miii.

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