LES SOIRCKS DH TACITE
(Ep., lll, .")) des oiivrafjes de son oncle, c'est l'ordre chronologique (jui est suivi : t^Fungar indicis partibus alque etiam quo sint ordine scripti (lihri) notum libi faciani.55 La continuation de Bassus est placée dans cette liste entre les huit livres ç^Dubii serrnonisw, composés pendant les dernières années de Néron, et Y Histoire naturelle. Celle-ci, que Pline présente à Titus en 77, même en supposant qu'elle soit encore inachevée et en tenant compte de la puissance de travail du grand compilateur, a dû occuper tous ses loisirs pendant de longs mois. En 77 il y a donc assez longtemps qu'il ne travaille plus aux Histoires. Il n'y a plus travaillé après 77 : car jusqu'à sa mort (août 79) il a retouché et complété l'Histoire naturelle'^^\ L'idée aurait pu lui venir, après la mort de Vespasien (28 juin 79), de pousser le récit jusqu'à la fin de son règne; mais il ne survécut que deux mois à cet empereur. Remarquons aussi que, dans sa liste chronologique, Pline le Jeune place ce A fine Aufidii Bassin? avant Y Histoire naturelle; nouvelle raison de croire qu'à partir du moment où il s'est mis à rédiger ce dernier ouvrage, et surtout à partir de 77, date de la publication, Pline l'Ancien ne s'est plus occupé du premier. De tout cela il résulte cjue son récit historique ne s'avançait pas très loin dans le règne de Vespasien. Il dépassait cependant la mort de Vitellius, puisque Pline dit à Titus : c^Vos quidem, omnes patrem, te fratreniquc, diximus. 5? La proclamation de Vespasien, son séjour à Alexandrie, les victoires remportées par ses lieutenants sur ceux de Vitellius justifieraient à la rigueur le premier terme de l'énumération ; les dangers courus par Domitien dans la prise et l'incendie du Capitole, le troisième; et tout cela s'est passé avant la mort de Vitellius. Mais le second terme ne se conçoit que si Pline a raconté les exploits de Titus en Judée et la prise de Jérusalem, c'està-dire les événements de 70. L'ouvrage s'arrêtait sans doute à l'année 71, où Titus, de retour à Rome, fut associé de fait à l'empire. Pline ne pouvait guère songer à pousser plus loin : il
>') (".r. TeulVel-ScIuvahe, 11" 3i3, renv. i.
avait raconlé rétablissomont de la dynastie flaviennc; il ne savait j)as s'il survivrait au premier Flavien et verrait son règne comme un tout complet.
2. Après toute cette discussion sur les limites de l'ouvrage, la date de la composition n'est pas douteuse. Il fut peut-être commencé dès l'année G 9 ou même dès la fin de G8, aussitôt après la mort de Néron, Pline étant resté à l'écart des événements politiques qui remplirent la célèbre année des quatre empereurs; il fut continué et achevé pendant les premières années du règne de \ espasien. L'auteur ne le publia pas lui-même. Il chargea son héritier, Pline le Jeune, de ce soin : rt Jam pridcm per acta sancitum et alioqui statutum erat heredi mandare, ne quid ambilioni dédisse vita judicaretur. •>•> La pubhcalion n'eut donc lieu qu'après 79, nous ignorons à quelle date au juste. Mais il y a tout lieu de supposer que Phne le Jeune s'acquitta le plus promptement possible de ce pieux devoir. L'ouvrage était depuis longtemps prêt à paraître; il n'y avait pas à le retoucher et il ne fut pas retouché, quoi qu'en pense Nissen '^^ : Pline le Jeune, dont la modestie n'est pas la qualité dominante et qui ne néglige aucune occasion de faire valoir ses mérites, ne dit pas un mot dans ses lettres d'un pareil travail. Il ne fut pas autre chose qu'un éditeur.
3. Nous n'avons pas de peine à croire Pline le Jeune quand il affirme*-^ que son oncle avait écrit l'histoire «religiosissimew. Il s'était certainement informé avec une conscience scrupuleuse et une curiosité infatigable, lui que la passion de la recherche possédait, qui consacrait à l'étude tous ses moments de loisir, qui regardait comme perdu tout le temps qu'il consacrait à autre chose, qui partout, en voyage, dans le bain, lisait ou
'') Uh. M., t. 36, p. 5/16 sqq. Nissen a imaginé celte recension de Pline li; Jeune pour expli(iuor Tac. , II , i8 , et Plut. 0. , 1 6 (Othon recommande à son neveu de ne pas l'oublier, mais de ne pas trop se souvenir qu'il a eu pour oncle un empereur). Nous expli([uerons bientôt ces deux passages parallèles sans recourir à la conjecture invraisemltlable d'une recension: d. $ iii, n° h.
(^) Lettre À Capiton (V, 8, .">).