‹ Les sources de Tacite dans les Histoires et les AnnalesChapitre 34 sur 75 · Détails biographiques sur Pison, à propos de sa mort · texte numérisé non relu

Détails biographiques sur Pison, à propos de sa mort

liS. Détails biographiques sur Vinius, à propos de sa mort.

A9. Détails biographiques et jugement sur Galba, à propos de sa mort.

78. Le passé et l'avenir de Calvia Crispinilla. à propos de son procès.

8f). Sur les guerres ou troubles civils depuis Auguste, à pro|ios des souITrances que la guerre d'Othon et de Vitellius faisait eudtu-er au peuple de Home.

II. G. Î/Orient et les guerres civiles (ff civilis belli quod longa

concordia quietus Oriens tune primum parabat'n), à propos (les premiers mouvements en faveur de Vespasien.

''' Nous laissons provisoirement do c(jlé colles qui se (louvent dans les cliapitres .'1-11 du livre I (tableau du monde romain au 1"^ janvier (ic)).

U. iG. Les meurtriers de Pacarius resteront impunis sous Vitellius (à

propos du meurtre de Pacarius).

IIL 3^1. Df^tails historiques sur Crémone, à propos de sa ruine.

/i5. Sur le passe de la reine Cartimandua, à propos dos troubles

de Bretagne.

6q. De'tails biographiques sur Fabius Valens, à propos de sa

mort.

68. L'abdication de Vitelhus n'avait pas de précédent (mort de

Cés;ir, de Caligula, de Néron, de Pison et de Galba). 7 2. Histoire du Capitole, à propos de son incendie. 76. Détails biographiques sur Flavius Sabinus, à propos de sa

mort.

83. A propos de la prise de Rome par les Flaviens, quelques mots

sur les combats antérieurs dont Rome avait été le théâtre. 86. Détads biographiques sur Vitellius, à propos de sa mort. IV. i3. Le passé de Civilis, à propos de sa révolte.

La comparaison de Tacite avec Plularque et Suétone nous met en mesure d'affirmer, pour quelques-unes de ces digressions, qu'elles étaient déjà dans la source. Suétone et Plutarque racontent comme Tacite (I, àà) que Vitellius punit les meurtriers de Galba. Suétone le raconte dans la biographie de Vitellius (10), et Plutarque au même endroit que Tacite, après la mort de Galba (G., 27). La digression se trouvait donc à la même place dans Pline. — Le Galba de Plutarque se termine par un jugement sur cet empereur, où sont mêlés des renseignements biographiques (6'.^ 29). Ce passage correspond à celui de Tacite (I, kg). Au même endroit, il y avait donc dans la source un développement de même nature; mais des détails que Tacite donne ici seulement se trouvent dans Plutarque beaucoup plus tôt, presque au début de la biographie [G., 3) : en particulier ceux qui concernent le cursus honorum de Galba. La source les avait sans doute donnés la première fois qu'elle avait eu à parler de Galba. Tacite a fondu ensemble deux passages de son original ''^ — Les détails biographiques de Tacite sur Vinius à propos de sa mort (I, h8) correspondent à ceux que

'■'' Les détails é((ui\alenls soiil épars datis Suétone; cf. en j)articiiiior le rliapitre ili.

lMu(ai(|Lio donne sur ce personnage (G., ly) à propos de son inllut'nco sur Galba. La digression était donc dans la source. — Dans les détails biographiques de Plutarque sur Pison, à propos de l'adoption (G., aS), comparés avec ceux que Tacite donne, les uns dans le passage correspondant (I, i A), les autres à propos de la mort de Pison (I, /i8), nous avons déjà^'^ trouvé la preuve que les deux auteurs n'ont eu qu'une seule et même source. — Il est très vraisemblable que, soit à propos du rôle ([u'il joua dans la révolte des légions de Germanie (cf. Tacite, I, 02, sqq), soit à propos de sa mort, la source avait donné sur Fabius Valens des détails biographiques dont la digression de Tacite n'est que la reproduction (III, 63) : d'après ce que nous venons de voir, elle avait l'habitude, quand il s'agissait d'un personnage historique important, de faire connaître ses antécédents. — Il n'est guère possible, pour la même raison, qu'elle n'ait point quelque part donné l'équivalent des détails biographiques de Tacite sur Vitellius (III, 86), sur Flavius Sabinus (III, 75), sur Civilis (IV, i3). — Quant à Galvia Grispinilla, «magistra libidinum iVeronis)' (I, y 3), Pline avait dû en parler dans son récit du règne de Néron '-^ — Enfin, il avait eu à raconter sur la reine Cartimandua ce que Tacite résume (III, /i5), si sa continuation d'Aufidius Bassus comprenait les dernières années de Claude (cf. ^/m., XII, 36 et /lo).

Ainsi nous revendiquons pour la source, la plupart avec certitude, quelques-unes avec vraisemblance, celles d'entre ces digressions qui sont des notices biographiques. Pour celles qui sont des retours sur les événements ou les institutions du passé, connaissant la tournure d'esprit de Pline, nous avons tout lieu de croire qu'elles lui appartiennent aussi en général. La digression sur le Capitole, à propos de son incendie sous Vitellius,

"' Cf. le parallèle de Tacite et de Plutarque à Plutarque, G., 23.

i'^* Dion (LXIII, 13) la nomme dans son récit de l'année 67. — Tacite parle aussi de l'avenir de Calvia sous Otlion, Vitellius et au delà. Comme il ne précise pas (apud Galbam, Olhonem, VitelLium iniaesa, mox potens pecunia et orbitate), il est impossible de savoir s'il s'agit, oui ou non, d'un avenir assez prochain pour que Pline ait pu le connaître et y faire allusion.

•230 LES SOUllCES DE TACITE.

nous a (16jà^'' fourni l'occasion <lo rapproclicnicnls intéressants entre Tacite et YHistoire naluvclle. On peut encore faire ceux-ci, (jui sont, nous l'avouons, moins frappants. Pline constate (XIX, 1, -2ô) que le Capitole fut dédié (après la reconstruction de Sylla) par Calulus; de même Tacite (III, 72 à la lin). Il parle de l'incendie du Capitole pendant les guerres civiles de la Ré- [)ubli(jue (XXXIII, 1, i()); de même Tacite: «Arserat et ante Capitolium civiii bello. . . 55 D'après Tacite, TaKpiin avait construit le Capitole avec le butin de Suessa Pometia; d'après Pline (III, 5, 70), (jui rapporte la version d'Antias, ce fut avec le butin d'Apiolac. Celte légère divergence est sans portée : on conçoit (pi'il y ait eu désaccord entre les historiens sur un détail de cette nature et que, dans ses deux ouvrages bien distincts, Pline se soit contredit à ce sujet; remarquons d'ailleurs ([uc, dans le passage en question, il se borne à rapporter le témoignage d'Antias, sans exprimer son opinion personnelle.

Nous n'avons rien dit encore du tableau (I, /i-ii)'-' dans lequel Tacite résume l'état du monde romain au i"' janvier 69. Ce tableau n'était pas, à coup sûr, dans la source, dont le récit commençait beaucoup plus tôt et qui, par conséquent, exposait tout au long, à leur place chronologique, les événements que Tacite présente succinctement dans un ordre systématique. D'ailleurs, la formule par la([uelle est introduit ce résumé est du genre de celles qui, nous l'avons noté plus haut, garantissent l'initiative de Tacite : ^Ceterum antequam destinata coraponam, repetendum videtur qualis status Urbis. . . ?5 Mais il ne convient pas de voir ici une de ces digressions dont les éléments ont été fournis à Tacite par son savoir général. Tout ce que contiennent, sinon comme jugements'^', au moins comme faits, ces huit chapitres, se trouvait dans la source principale : les parallèles de Tacite avec Pbitarque et Suétone nous l'ont démontré. Ce qui

• '') Cf. ch. m, S III, n" 3.

''* Les chapilres i-3 sont évidemment de l'invention do Tacite. \ous y reviendrons ; cf. chap. V, S I , n" i .

<^> Sur i'oriyinaiité de Tacite dans les jugements, cf. rli. v, S m.

;i|)pailieiil en propre à Tacite, c'est seulement l'ordre. Il ne faut faire d'esceplion ([ue pour queUpies détails du chapitre i o sur les antécédents de IMucien, pour la simple mention, au même chapitre, de l'envoi de Vespasien en Judée sous le règne de Néron, et surtout pour la digression du chapitre i i sur la façon dont l'Egypte était administrée depuis Auguste. Mucien et Vespasien furent envoyés par Néron, l'un en Syrie, l'autre en Judée, en (iy ^''. Pline l'avait dit en temps opportun et avait profité peut-être de l'occasion pour revenir en (pielques mots sur le passé de deux personnages qui devaient bientôt jouer un si grand rôle. Les deux passages de Tacite qui concernent Mucien et Vespasien peuvent donc encore provenir du récit de Pline, mais d'une partie de ce récit où Pline n'était pas la source commune. Quant à l'administration de l'Egypte, Tacite a puisé ce qu'il en dit dans ses connaissances générales^'-'.

1. La personne et l'ouvrage de Vipstanus Messalla ne nous sont connus que par Tacite. Nous ignorons la date exacte de sa naissance. En 70, il n'avait pas encore l'âge sénatorial'-^', c'està-dire vingt-cinq ans. Sa famille était noble^''; parmi ses ancêtres, il comptait le célèbre orateur Valerius Messalla Corvinus '^l 11 avait un frère, Aquilius Regulus, qui, étant encore très jeune, sous Néron, s'était livré par ambition au métier d'accusateur, et qui, plus tard, sous Domitien, auquel il survécut (il mourut vers loo), devait se signaler de nouveau par ses délations. Martial l'a

t'* Le premier consulat de Mucien est do GG; la Syrie étant une province cou salaire, il n'a pu en prendre possession qu'on G7. Quant à Vespasien, sur la dalc^ de son arrivée on Judée, cf. Hist., V, to.

(■-) Sur les sources secondaires de Tacite, cf. Nisscn, Rhein. Mus., l. 36, p. 53 i sqcj. ; Clason, Tac. u. Suet., p. 93 sqq. ; Beckurts, p. ^8 sqq. ; Bellezza, p. 326. D'une façon générale, on est porté, selon moi, ù exagérer le rôle joué dans les Histoires par les sources secondaires.

'^i Hist., IV, A 3.

'*> Hist., m, (j : Ti-laris majoribus».

'=) DiuL, 27; ci. 21.

•2'S-2 \AiS SOURCES DE TACirE.

.'uliilé cl l'iiiie le Jeune Ta llélri'^'. Si nous en croyons le léiuoi- (jnage, pourtant un peu suspect, de celui-ci'"', l'éloquence du misérable no valait pas mieux ([ue son caractère. Dansle/)('a/og-Me (les Orateurs '"'', il est nommé avec éloge à côté de son frère. D'ailleurs, autant Regulus méritait la haine et le mépris des honnêtes gens, autant Messalla était digne de sympathie et d'admiration. Tacite l'appelle «egregiusî^ et ajoute rpie, seul parmi les officiers flaviens, il apportait dans la guerre contre Vitellius des intentions louables '^'. Plus loin'^', après la guerre, il nous le montre plaidant la cause de Regulus, menacé de poursuites devant le Sénat au début du règne de Vespasien. «Ce jour-là, dit Tacite, il se fit un grand renom de piété fraternelle et d'éloquence. 57 Quand la guerre éclata entre les Flaviens et les Vitelliens, il était tribun militaire et commandait à f armée de Mésie la 7" légion Claudienne fjui vint se joindre à Antonius Primus près d'Hostilia, et prit part, sous les ordres de ce général, à la bataille de Crémone *''. (Jorame il n'est pas du tout question de Messalla dans les lettres de Pline, à qui ses querelles avec Regulus fournissaient une occasion très naturelle de le nommer et de le louer, on croit, non sans raison, qu'il mourut jeune. Il vivait encore en 7 5, année où se passe l'action du Diabgue des Orateurs, dont il est l'un des personnages. Le Dialogue a été composé, semble-t-il, sous Titus '^^ De ce que l'auteur, ni en introduisant Messalla'^-, ni ailleurs, n'exprime le regret de sa

'' Cf. Tacite, Hist., IV, h'?.. Quant à l'incUcation des textes de Pline et de Martial sur Aquiiius, cf. à son nom l'index de Mommsen, dans C. Plinii Caecilii Secundi Epistnlarnm librinovem. . . ex recensione Henrici KeUii, Lipsiae, Teubner,

(2) £/>., I, 5, 2 sq.; 20, t3-]6; IV, 7, /t sq. ; VI, 2. Il y a une rivalité de métier entre Pline et Regulus; cf. I, h.

i'' C. i5. Mais ce n'est peut-être là qu'une politesse faite à Messalla par son interlocuteur.

ti) Hist., Ht, 9.

i=>) HisL, IV, À 2.

W Hist., III, 9, 11, 21.

:-' Cf. Te.ifiel-Sclinabe, n" .'^.'^6, renvoi s.

f«) C. ifi.

perle, ou pourrait conclure au premier abord (ju'il vivait encore à cette épofpie. Mais l'auteur ne fait pas non plus la moindre allusion à la mort de Secundus et d'Apei", autres personnages du Dialogue, et pourtant la façon dont il parle de leur éloquence, les temps mêmes (pi'il emploie dans ce passage ^'\ montrent qu'il ne s'agit pas de vivants. Tacite, si c'est bien lui qui a écrit le Dialogue, a été l'ami plus jeune et l'admirateur de Messalla; ce qui s'accorde le mieux du monde avec les éloges qu'd lui donne dans les Histoires.

VI[)stanus Messalla soutient, dans le Dialogue des Orateurs, la cause des anciens contre Aper, défenseur de l'éloquence moderne. fcTu ne cesses, Messalla, lui dit Aper, d'admirer exclusivement le passé, le vieux temps, et, pour les études de notre époque, tu les tournes en ridicule et tu les méprises. Combien de fois t'ai-je entendu, oubliant ton éloquence et celle de ton frère, aiïirmer qu'en comparaison des anciens notre époque ne compte pas un seul orateur! — Je ne me repens nullement, répond Messalla, d'avoir tenu ce langage '-1 55 II reproche aux orateurs contemporains leur ignorance : ils ne connaissent pas les lois et les sénatus-consultcs, ils vont jusqu'à se moquer du droit public, et quant à la philosophie, ils ont pour elle une profonde horreur''*'. Il devait donc s'efforcer de ne pas leur ressembler, d'imiter les anciens. Mais il les imitait avec discernement. Aper lui rend ce témoignage, qu'il prend seulement chez eux ce qu'ds ont de plus brillant '^^ Secundus énumère ainsi ses qualités '•"' : ^ , . .tu, ad cujus summam eruditionem et praestantissimum tngcnium cura quoque et meditatio (de la question qu'on l'invite à traiter) accessit.» Le renom dont il jouit comme orateur est attesté et par Aper . . J'''' : ^ eam gloriam (eloquentiae) , quam tibi

s d'ailieurs que Secundus mourut, jeune ; Quintilien, X, 1, ■ Burnouf : ffprae antiquis;?; Ilatrn : '•pairm antiquisw.

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