CHAPITRE V
ORIGirsALlTK DE TACITE.
1. La somme des faits ajoutés par Tacite, d'après d'autres sources, au fonds très riche de la source principale, est insignifiante. Au point de vue de l'appréciation, les additions ou les changements sont beaucoup plus importants; mais nous en parlerons seulement, comme il est tout naturel, quand nous traiterons de l'esprit des Histoires. Ce cjue nous voulons étudier maintenant, c'est l'originalité de Tacite sous le rapport de la matière. Cette originalité, à part les digressions, à part les trois chapitres de l'introduction qui contiennent, avec la profession de foi de l'historien , un tableau sommaire, à jamais célèbre, de l'époque qu'il va raconter, elle est dans les discours; elle est surtout dans les suppressions.
Nous disons que c'est en lui-même, et non dans sa source, que Tacite a trouvé la matière des discours. L'invention n'est pas absolue, mais il y a réellement invention. D'une part, sans doute les faits sur lesquels reposent les discours sont presque tous empruntés aux récits qui les encadrent, par conséquent à la source; mais c'est Tacite qui les y a choisis, qui les a tournés en arguments, qui les a éclairés par des idées et animés par des passions. D'autre part, sans doute à certains endroits où Tacite place un discours, il pouvait y en avoir un, il y en avait même prabablement ou sûrement un dans la source : par exemple, il n'est guère possible qu'un historien romain n'ait pas fait prononcer un discours à Othon avant son suicide. Puisque Plutarque lui en prête un, aussi bien que Tacite'^', nous sommes certains "' El Dion aussi, LXIV, iH.
OIUGINAIJTK DE TACITE. i>()7
(ju'il y en avait un clans la source conniuine. Mais les discours de la source commune, Tacite ne les a pas reproduits, même très librement. Il s'en est tout an plus inspiré. Il s'est inspiré surtout de la situation et du caractère de ses personnages. Nous savons avec quelle liberté les historiens anciens traitaient les discours réellement prononcés, quand ils avaient le moyen de se les procurer. Nous savons en particulier quelle profonde différence il y a, autant pour le fond que pour la forme, entre le discours de Claude, tel que nous l'ont conservé les tables de Lyon, et celui que Tacite lui fait tenir dans la même circonstance (^Ann., XI, a /i)'''. Entre les deux discours d'Otbon avant le suicide, celui de Tacite et celui de Plutarque (Tac, HisL, II, /17 ; Plut., 0., t 5), il n'y a qu'une ressemblance très générale et très vague. Les deux auteurs se sont fort peu préoccupés de reproduire exactement ce qui était dans la source, la([uelle, de son côté, avait dû fort peu se préoccuper de ce qui avait été dit en effet. Us se sont mis à la place de leur personnage et l'ont fait parler comme, d'après eux, il aurait dû parler. Lorsque les cohortes prétoriennes ont proclamé Othon empereur, voici, d'après Suétone, ce qu'il leur dit en substance (0., 6) : r^ Ad conciliandos pollicitationibus militum animes nihil magis pro contione testatus est, quam id demum se habiturum, quod sibi illi reliquissent. 75 Dans le long discours que lui prête Tacite, il n'y a rien qui rappelle de près ou de loin cette pensée [Hist., l, 87 et 38) : c'est une violente diatribe contre Galba, ses ministres et son héritier présomptif Pison. Le thème indiqué par Suétone était bien plus dans la situation que celui cju'a développé Tacite ''l D'ailleurs, en certains endroits où Tacite insère des discours, ou bien il est douteux qu'il y en ait eu dans la source ou bien même il est certain ([u'il n'y en avait pas. Ainsi Tacite fait adresser par Galba à Pison un long discours au moment de l'adoption, au Palatinm (1, i5 et 16). Ni dans Suétone (G., 17) ni dans Plu(ar(|ue
C' Cr. •'/ partie, cliap. iv, S i.
-'' cr. V. Duruy, t. IV, p. 5G(). Dion (L\l\ , .">) caractérise ainsi ce discours ;
■zspuaavixTieioas , nS}.Xov êè £X7rp(ap£i-o>.
2GS l-KS SOURCES DE TACITE.
(^'., •>.')), il n'y a trace do discours à ce moment. Ils constatent simj)lement tous deux que l'empereur, ayant fait appeler Pison, d'après Plutarcpie, l'ayant pris par la main au milieu de la foule des visiteurs, d'après Suétone, se rendit avec lui au camp , oîi il le présenta à l'armée comme son fils et son successeur. En lisant leur récit, on peut même se demander si, dans Ja réalité, Galba avait prononcé un discours au Palatium.
Les discours doivent donc être considérés , même au point de vue de la matière, comme l'œuvre presque exclusivement personnelle de Tacite '''. Or ils sont assez nombreux et parfois très développés, comme celui de Galba à Pison (I, i5-i()), celui d'Othon aux prétoriens (1, 87-88 ), celui de Mucien à Vespasien (II, 7C-77), celui de Cerialis aux Trévires (IV, 78-7/1)^-'. Ils remplissent tous ensemble environ trente-cinq cbapitres.
''' Ce que nous voulons dire par là, ce n'est pas que Tacite a tiré de son propre fonds à peu près tout ce qu'ils contiennent, mais qu'il n'a presque rien tiré de la source principale. D'ailleurs, en plus d'un endroit, des imitations sont manifestes; cf. p. ex., dans le discours de Mucien (II, 76-77), l'exorde, imitation de Salluste (lettre de Mitliridate), HisL, IV, fr. 90 (Kritz), et, plus loin : ff Aperiet et recludet contecta et tumescentia viclricium partium vulnera beiium ipsum», imitation de Démostliène, Pliil., IV, hh : eupifaei rà aadpà jéHv eKsivou 'zspoL'yudTwv auTos è ■aro'Aepios.
(-' En voici la liste, abstraction faite des exemples cités dans le texte : I, 9t (réflexions d'Othon; cf. Plutarque, G., aS); 99-80 (Pison aux soldats); 39-33 (les amis de Galba); 83-84 (Othon aux soldats); III, 9 et 90 (Antonius Primus); .^)3 (lettre d'Antonius à Vespasion); 60 (Antonius); 66 (les amis de Vitellius); IV, 7 (Helvidius au sénat); 8 (réponse d'Eprius Marcellus); 17 (Civilis); 3a (Civilis à Montanus); 4 9 (Curtius Montanus); 59 (Titus à Vespasien); 58 (Vocula aux soldats); 64 (les députés teuctères); 65 (réponse des Agrippinenses ) ; 76 (Tulor); 77 (Cerialis aux soldats); V, i6 (Cerialis); 17 (Civilis); 96 (commencement du discours de Civilis à Cerialis). — La formule dont Tacite se sert le plus souvent pour introduire un discours est : trln hune modum locutus estn ou trdisseruit», ou un autre verbe analogue; cf. I, i5, 99; IV, 57, 64, 65. Parfois il indique lui-même clairement qu'il n'a pas rapporté le discours tel qu'on l'a prononcé; cf. I, 16 : wet Galba quidem baec ac talia^i; III, 3 : «Haec ac talia (Antonius). . . n; IV, 75 : ffQuarum baec sententia fuit". Une seule fois il atteste qu'il cite textuellement ; trlpsa enim verba referam» (III, 89; il s'agit d'une parole, et non d'un discours).
^'' Ce que nous avons des IJisioircs forme un total de 089 chapitres.
On[niN\MTK DE TACITE. 2Cî)
2. En comparauf Tacilc avec IMiilarqiic, nous avons ('li' souvent en mesure do constater que Tacite avait abrégé la source commune, (le n'est pas un inventaire complet de ces suppressions (|ue nous allons essayer de dresser : nous voulons seulement les grouper par catégories et produire quelques exemples frappants, (le groupement et l'examen de ces exemples nous permettront de dérouvrir les principes qui ont guidé Tacite dans son travail d'abréviation '^'.
Parmi les suppressions, il y en a d'abord qui portent sur des détails trop réalistes. Plutarque (^G., i^) décrit longuement, après l'assassinat de Galba, les outrages subis par sa tête : Fabius Fabullus la coupe, la prend dans son manteau, parce qu'il ne peut la porter autrement à cause de sa calvitie , puis la fiche au bout d'une lance; elle est ainsi présentée à Othon. D'après Suétone (G., 20), le soldat porte d'abord la tête dans les plis de son manteau, puis la tient en introduisant son pouce dans la bouche. Tacite (1, hh^ a cru devoir passer sur tous ces détails odieux. Il a dit simplement : «Praefixa contis capita gestabantur inter signa cohortium.55 De même, il a beaucoup moins insisté (I, /19) que Plutarque [G., 28) sur les nouveaux outrages infligés à la tête de (îalba quand les soldats l'eurent livrée aux esclaves de Patrobius. — Il mentionne brièvement la mort d'un ignoble personnage, Tigellinus (I, 72), et substitue les expressions générales « déformes moras , exitu sero et inhonesto» aux détails circonstanciés que Plutarque (0.^ 2) a trouvés dans la source : les débauches séniles du moribond, ses embarcations toujours prêtes à prendre le large, sa tentative de corruption auprès du porteur de l'arrêt de mort, le prétexte dont il se sert pour obtenir un rasoir. — Il raconte (I, 62) comment Vitellius se rendit populaire dans l'armée de Germanie, mais il se garde bien des traits presque répugnants qui sont dans le passage correspondant de Suétone [Vit., 7) :
t') Sur ies suppressions, cf. Aissen, Rliein. Mus,, t. 36, p. 5o8 sqq. ; Moniuisen, Hermès, t. i, p. 809 sqq. Mais Nissen et Mommsen sont loin d'être complets. Voir aussi de très bonnes remarques dans Beckurts, surtout p. 21 sqq.
^70 LKs s()uiu:i:s de tacite.
«... p(M'(]iie slubula ac deversoria mulionibus ac viatoriijus praeler modum comis, ut manc singulos, jamne jcntassont, sciscitaretur, scque fecisse ruclu (juoque oslendcrol. 55 — La (jourmandiso ot la gloutonnerie du menic Vitellius sont décrites avec complaisance par Suétone [Vit., i3). Tacite se borne à des généralités (II, 62, 98). — En visitant le champ de bataille de Bedriacum, Vitellius, dit Suétone [Vit., 10), remar- ([uant que certaines personnes de sa suite se détournaient avec horreur devant les cadavres en putréfaction, atlirma «optime olere occisum hostem, et melius civemw, puis, pour combattre la mauvaise odeur, il fit apporter du vin en grande quantité, en but et en fit boire autour de lui. Tacite (II, 70) raconte magnifiquement cette visite, mais ne donne pas ces horribles détails sur l'attitude de Vitellius ; il dit beaucoup plus vaguement: «At non Vitellius flexit oculos nec tôt milia insepultorum civium exliorruit ; laetus ultro . . . v — Les deux récits de la mort de Vitellius (Tac, III, 8/i-85, et Suét., Vit., 16-17) ^'^"'' très curieux à comparer au même point de vue. Les derniers compagnons de Vitellius furent, d'après Tacite, «infimi servitiorum», d'après Suétone, son boulanger et son cuisinier. Avant de se cacher, dit Suétone seul , il s'entoura le corps d'une ceinture remplie de pièces d'or. Où se cacha-t-il? aPudenda latebra», dit Tacite. Suétone nous apprend qu'il se réfugia dans la loge du portier, «religato pro foribus cane lectoque et culcita objectis5). Tacite passe sous silence les dernières lâchetés de Vitellius : son mensonge, ses supplications. Il décrit moins longuement les outrages et les mauvais traitements que subit le malheureux; il ne dit pas, comme Suétone, qu'on lui jetait de la boue et du fumier, qu'on se moquait de ses défauts physiques, de sa face d'ivrogne, de son obésité, etc. Au lieu du détail précis de Suétone : «unco tractus in Tiberim», il met cette indication vague : «Et vulgus eadem pravitate insectabatur interfectum, qua foverat viventem'^'. 55
'') 11 y a une diileronre do la même sorti» entre le récit de Tacite et celui de Dion, LXV, -lo sq.
ORIGI.WLITK DE TACITE. 271
La raison de ces suppressions est manifeste : Tacite estime (|ue l'histoire ne doit pas s'abaisser aux détails vul^pires, ignol)les, répugnants. Il recherche, dans son exposition hislorique, la nol)lesse. C'est ce même souci de la dignité qui l'a conduit à supprimer beaucoup d'autres choses, non comme trop laides, mais comme trop insignifiantes. Il pensait déjà ce qu'il devait dire plus tard (,i«».,XIlI, 3i), que beaucoup de petits faits ne méritent pas d'être enregistrés par l'histoire, et C[u'il faut distinguer un journal d'un ouvrage historique. Les choses insignifiantes ont, d'ailleurs, un autre inconvénient : elles encombrent et elles alourdissent sans profit la narration, de même que les choses répugnantes la déparent, la souillent. Dans l'intérêt de la dignité et de la concision , Tacite élague et condense.
Les antécédents cVOthon sont rapidement racontés au chapitre 1 3 du livre P", à propos de ses espérances ambitieuses : il a été le compagnon des débauches de Néron, le dépositaire de Poppée, de la concubine impériale; puis Néron, jaloux, l'a exilé dans le gouvernement de la Lusitanie ; le premier des gouverneurs il s'est déclaré pour Galba et il s'est fait remarquer par son zèle. Il y a tout cela dans Plutarque [G., 19 et 30), et, en fait de choses essentielles, il n'y a rien de plus; mais, sur chacun de ses points, le biographe prochgue les détails : l'anecdote des parfums, celle de l'exclusion de Néron, l'intervention dé Sénèquc en faveur d'Othon, l'offre qu'Othon fait à -Galba de sa vaisselle précieuse et de ses esclaves les mieux stylés; Tacite a jugé que toutes ces circonstances étaient accessoires et qu'il devait les supprimer. Il a eu raison. Dans le récit de Plutarque, la digression sur Othon est une parenthèse un peu longue.
Au moment où Galba monte en litière (I, 35), un soldat se précipite h travers la foule dans le Palatium, montrant son glaive ensanglanté et criant qu'il a tué Othon, le rebelle; Galba lui demande : «Camarade, qui te l'a ordonné?" Plutarque mentionne la réponse du soldat et les applaudissements de la foule (G., a 6). Tacite a jugé que l'essentiel était de mettre en relief la rigueur de Galba en fait de discipline militaire, que le
27^2 I.KS SOURCES DE T\r,ITE.
ros
imporlall peu ou nirinc amoiiuliirall l'cfTcït désirt'; vu (\rlouniaiit l'attonlioji du lecteur. Il est certain que, si Plularquo ne nous avait pas appris la réponse du soldat cl l'accueil que iui fit la foule, nous n'y eussions pas perdu grand'chose. Nous n'en voulons pas non plus beaucoup à Tacite de n'avoir pas dit combien les soldats vendirent la tête de Vinius (I, A 7; Plut., G., 9.S), ni comment Otbon s'y prit pour maintenir verticale l'épée dont il allait se percer la poitrine (II, A(j; Plut., 0., 17), ni à quel endroit prckis de la poitrine était sa blessure (vSuét., 0., 11); de n'avoir pas énuméré toutes les escarmouches sans conséquences sérieuses qui précédèrent le combat des Castors : «Crebra magis quam digna memoratu proeliaw (II, 2/1), comme il le dit fort justement, indiquant assez par ces mots qu'il a fait ici des coupures dans la narration de la source. Mais les choses qu'il supprime comme superflues à son point de vue et, par conséquent, nuisibles à la beauté ou à la vivacité du récit, n'ont pas toujours, tant s'en faut, ce caractère d'insignifiance. Après avoir décrit l'état des esprits au camp des Othoniens dans la nuit qui suivit le désastre de Bedriacum, il continue (II, 45) : «Postera die, haud ambigua Othoniani exercitus voluntate, et qui ferociores fuerant ad paenitentiam inclinantibus, missa legatio; nec apud duces Vitellianos dubitatum, quominus pacem concédèrent.:? H y a, sans doute, dans le long récit correspondant de Plutarque [0., i3), quelques détails insignifiants, comme l'anecdote du péril cpie coururent en chemin les ambassadeurs othoniens, ou plus exactement l'un d'eux, Annius Gallus. Mais, en revanche, cjue de choses intéressantes et importantes! Marius Celsus, l'un des généraux sénateurs, prend l'initiative d'une réunion d'officiers où , sur sa proposition , il est décidé que l'on demandera la paix; le frère d'Othon, Titianus, lui-même se range à cet avis. Les ambassadeurs sont choisis. Après leur départ, Titianus a des regrets et fait des préparatifs de résistance. Mais les ambassadeurs, bien accueillis par Cécina, reviennent avec lui, il tend la main vers les vaincus en signe de réconciliation et tous déposent les armes. A côté de ce récit.
()RIGI>iALlTK l)K TACITE. 273
celui (le Tarile esl hien sec, ol celle arrivée de (léciiia et ce {jeste (le clémence sont aulrement expressifs que le passage parallèle (le Tacite : rr.Mox remissa legatione patuit vallum. 55 Pourquoi donc a-t-il al)r(3g(5? Parce qu'il avait hâte d'en venir à un autre événement, bien plus considérable, il est vrai : le suicide d'Oihon"', et peut-être aussi pour d'autres raisons dont nous parlerons plus loin'-'.
Des suppressions de ce genre peuvent se défendre, si l'on se place à un point de vue purement littéraire ; mais au point de vue historique elles sont très regrettables, et Nissen'^* a le droit de dire que, si, au lieu des Histoires de Tacite, le temps nous avait conservé celles de Phne, le trésor intellectuel de l'humanité serait plus pauvre, mais nous serions mieux renseignés sur l'année des quatre empereurs. Sans doute, les suppressions comme celle que nous venons de signaler furent rares, mais très fréquemment Tacite, pour des choses qui avaient en somme leur valeur, resta au dessous de l'exactitude de la source.
Plutarque (G., 91) donne le chiffre des dettes d'Othon; Tacite dit (I, 21) : rrinopia vix privato toleranda. 55 — Il nous laisse deviner qu'il y avait d'autres candidatures à l'adoption que celle d'Othon (I, i3), mais il ne mentionne pas de nom propre; Plutarque (G., aS) nomme Dolabella, — Plutarque (0., 3) donne le nombre des centurions tués par les soldats révoltés : deux. Tacite dit (I, 80) : «Severissimos centurionum^^;
(') J'adopte l'opinion de Kraiiss, p. Sa sq., qnl combat avec raison celle de Mommsen, Hermès, t. ft , p. 3ii sq. ^lommsen prétend qu'en laissant dans l'ombre les choses importantes qui se sont passées au camp de Bodriacum , Tacite veut grandir Othon et représenter son suicide comme pleinement volontaire, rendre, en un mot, la catastrophe plus tragique. Mais Plutarque, qui raconte en détail la délibération des généraux et l'ambassade, montre bien, lui aussi, que le suicide fut volontaire. Si Tacite ne détaille pas les circonstances de la reddition, il la mentionne cependant. Dans l'énumération des forces (jul restent à Othon (II, A6), il ne tient pas compte des troupes de Bedriacum. Les paroles d'Othon (^7) : ffDe nemine querorn, ne sont-elles pas une allusion à la conduite de ses généraux ?
W Cf. plus loin, S III.
''') Rhein. Mus., (. o(i, p. .'')i/i.