‹ Les sources de Tacite dans les Histoires et les AnnalesChapitre 51 sur 75 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

M>S IIIST(Uni<^S DE TIBÈRE, CALKiLlLA, CLAUDE ET INÉHON ANTÉRIEURS À TACITE.

(lonimo Tarilo avail compos(' Ips prcmiors livres des Histoires non d'après les sources originales, mais d'après l'ouvrage de Pline l'Ancien, il composa les Annales d'après les historiens antérieurs des règnes de Tibère, Caligula, Claude et Néron. Il ne changea pas la nature de ses sources; seulement, il en augmenta le nomhre. Tandis que la partie conservée des Histoires est la reproduction d'une source dérivée à peu près unique, d'un bout à l'autre des Annales il a employé à la fois plusieurs sources dérivées. Cela résulte clairement de ses propres affirmations.

1. A propos des comices consulaires du règne de Tibère, Tacite fait cette déclaration (I, 81): «De comitiis consularibus... vix quicquam firmare ausim, adeo diversa, non modo apud auctores, sed in ipsius orationibus reperiuntur. « Puisqu'il affirme avoir trouvé des divergences entre les historiens, c'est qu il en a consulté au moins deux. Il est même certain qu'il en a cojisulté plus de deux: ce Non apud auctores rerum, non diurna actorum scriptura reperio55, dit-il (III, 3) en parlant de l'absence d'Antonia aux funérailles de son fds Germanicus. S'il a eu recours, exceptionnellement, au volumineux recueil des Acta diurna, pour essayer d'y découvrir un détail qui l'intéressait, ce n'a été assurément qu'après s'être adressé en vain à plusieurs historiens. Sur la mort de Drusus il dit formellement qu'il a lu plusieurs récits (IV, 10): «In tradenda morte Drusi, quaej^/urimis mnximaefjue Jidei auctorihus memorata sunt, rettuli. 55 Un peu plus loin (IV, 11) il donne à entendre qu il a lu tous les bisto-

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riens du ivjjik» dcTibri'c. Ions ccnx ;iu moins (|in luaicnl (|n('l(|n(' valeur à ses yeux: fti^leque quisquam scrlptnr tani infensus exlitit, ut Tiberio objeclaret, cum omnia alia conquircrent intenderentque. » Il faut bien qu'il en soit ainsi, puisqu'il alllrme hardiment (IV, 53): «Id ego a scriploribus annalium non Iradkum repperi in commentariis Agrippinae fdiae. n Voici encore deux passages des six premiers livres qui démontrent la pluralité des sources pour cette partie. Dans l'un il s'agit du dépait de Tibère (IV. 57): rr(iausam abscessus, (juaraquam socutiis plurhnos aucloruni ad Sejani artes rettuli . . . v Dans l'autre, il s'agit des procès <[ui suivirent la chute de Séjan (M, 7) : crNeque sum ignarus a plrrisque scripioribus omissa multorum pericula , . . Nobis pleraque digna cognitu obvenere, quamquam ah alits incelebrala'i'.^^

Pour ce qui nous reste du règne de Claude, nous n'avons aucune citation aussi concluante. Mais Tacite n'a certainement renoncé, ni dans cette partie ni dans celle qui était consacrée au règne de Caligula, à la méthode qu'il avait adoptée pour le règne de Tibère et cju'il suivit encore pour le règne de Néron. Car il a sûrement composé le récit de ce règne d'après plusieurs sources. c^Tradunt plerique eoriim temporum scriptoresn, dit-il au chapitre 17 du livre XIII. Au chapitre 90 du même livre, il nomme trois sources: «Fabius Rusticus auctor est...; Plinius et Cluvius. . . r(^lVrnnt7'; et il ajoute: r^os consensum auctorum secuturi, si (|ni divcrsa prodiderint, sub nominibus ipsorum trademus. w (lluvius et Fabius sont encore cités ensemble au chapitre 2 du livre XIV, et il résulte de la citation qu'ils n'ont pas été à cet en-

^1' Je laisse de côté rReperio apud scriptores senatoresque eorundem temporum (II, 88); tradunt temporis ejus auctores (V. f))n. Ces pluriels ne sont pas aussi concluants que les autres : l'étude des Histoires (cf. 1" partie, chap. iv, § I, n° 3) nous en a l'ail découvrir au moins un de cette espèce qui n'était en somme qu'un singulier (Hist., I, 87). Je ne tiens pas compte non plus des simples mentions ordinaires de versions divergentes : nous savons, par les Histoires encore (cf. 1" partie, chap. i, § vu, n" h), qu'il ne faut pas toujours y voir la trace de recherches directes. — tr Scriptores in eo dissentiunt» (IV, 67) se rapporte à une digression sur le mont Caelius : les historiens dont Tacite constate ici le désaccord ne sont pas les sources historiques de l'époque impériale.

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