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au contuiualeur dAutulius iiassus iv i-ùlc |)n''puii(l('raiit (ju'il avait fait jouer à Aulidius Bassus lui-même. 11 nous sutlit de nous reporter à l'étude que nous avons consacrée aux Histoires de Pline dans notre première partie -'' pour trouver les raisons de cette diirérence de traitement. Comme écrivain, Pline était resté bien au-dessous d'Aufidius Bassus, il n'était pas sorti de la médiocrité. Son grand mérite était la conscience dans les recherches, l'abondance dans les détails; mais il avait exagéré ces qualités et il était tombé dans la minutie, du moins au jugement do Tacite, qui lui a reproché d'avoir encombré son histoire de choses insignifiantes, bonnes tout au plus pour un journal quotidien (XIII, 3i), sans le nommer, il est vrai, mais en termes qui caractérisent trop bien sa manière, telle que nous la connaissons ])ar {'Histoire naturelle, pour qu'il s'agisse d'un autre que lui •'^'.
texlili sine alla mateiia. -^ Le fait s"étant passé en 5i, peut-être même avant (cf. Nipperdey-Anclresen , à Ann., XII, 56), il n'est pas sûr quii ait été relaté dans la continuation d'Aufidius. — Ann., XIII, 67 : «Flumen gignendo sale fecundum . . . Super ardentem arboruni struem fusa(unda) ex contrariis inter se démentis, igné atque aquis, concretum (gigni salem)"; Hist. nat., XXXI, 7, 89 : ":Galliae Germaniaeque (il s'agit dans Tacite d'un fleuve de Germanie) ardentibus iignis aquam salsam infundunt.» — Ann., XIII, 58, et Hist. nat., XV, 18, 77 : détails analogues sur le Ruminai ; Pline ne parle pas du fait particulier à propos duquel Tacite donne ces détails. — Ann., XIV, i5 : le théâtre particulier de Néron et la fête des Juvénales; Hist. nat., XXXVII, 9, 19 : allusion à ce théâtre. — Ann., XV, ^9, Néron entreprend de faire creuser trab iacu Averno navigabilem fossam usque ad Ostia Tiberina?^; Hist. nal., XIV, 6, 61 : r . . . fossa Neronis quam a Baiano Iacu Ostiam usque navigabilem inchoaverat.» — Quant à la ressemblance de Pline, XVI, io, 200 (l'amphithéâtre do Xéron), et Ann., Xlfl, .3i, elle s'explique, comme nous allons le dire, par l'emploi de Pline comme source secondaire. — Pline, XXII, 29, 99, dit, comme Tacite,' XII, 67, qu'Agrippine mêla le poison donné à Claude à des champignons (boietos). Ici encore, il a été source secondaire : «... ut temporum illorum scriptores prodiderint. . . n, dit Tacite. — Par contre , il y a deux divergences importantes entre Tacite et Pline : d'après Tacite, Ann., XIII, 1, Silanus périt «ignaro Neroneri: d'après Pline, VII, i.3, 58, ffveneno ejus interemptus est •7. — D'après Pline, XVII, 1, 5, c'est Néron qui a incendié Rome; il y a doute aux yeux de Tacite, XV, 38. — Mais Detlefsen a tort, comme nous allons le voir, de concluro do tout cela qtio Pline n'a pas été non plus la source principale des Hislnirox.
'') Chap. Hi, S u.
(2) Cf. d'ailleurs : -... tiisi cul liboal laudaiidis. . . hiil)ibus . . . volumina implore -5 , avec Hist. :uil.. \\l. '\o. -jou : - Amiillssii.ia lulu.nun ad iioc a,-vi oxi-,-
500 l.KS SOIiHCKS DE TACITE.
Knfiii rlit'z iMliie riiitelligeiico n'égalail j)as la puissanro de travail : r. Qiiod (i. Plinias memorat; nobis quoquo modo Iraditiim non occiiltarc in animo fuil, qumnvis ahsuvâum videvetur , . . v (XV, 53). Sans doute Tacito adopte deuv fois la version de Pline en rejetant celle de Fabius (XIII, oo, et XIV, '>). Mais dans aucun des deux cas ce n'est la version de Pline seul : dans le premier, Cluvius est nommé comme garant avec Pline; dans le second, Cluvius seul est nommé, Pline est désigné par le pluriel indéterminé «ceterijj. Sans doute aussi, Tacite a fait de Pline sa source principale dans la partie conservée des Histoires; mais on ne peut tirer de là aucune présom[)tion en faveur de Pline, quand il s'agit de déterminer l'importance de son rôle dans les Annales. La situation de Tacite n'était plus la même ici : l'auteur des Histoires avait pris pour source principale Pline par nécessité, son livre étant le seul ouvrage général sur cette époque qui existât alors. L'auteur des Annales avait le choix, pour le règne de Néron, entre les trois ouvrages généraux de Pline, de Fabius et de Cluvius.
2. Fabius était un écrivain autrement remarquable que Pline. Songeons au magnifique éloge que lui décerne Quintilien «... ornât aetatis nostrae gloriam vir saeculorum memoria dignus» (X, 1, lo/j). Tacite lui-même l'avait appelé dans YAgricola (lo): «recentium eloquentissimus?'. De cette appréciation si flatteuse il ne faudrait pourtant pas conclure tout de suite en faveur de Fabius. D'abord, c'est l'auteur deVAgricola qui l'a formulée, c'est Tacite quand il n'avait pas encore approfondi, comme il dut le faire pour composer les Annales, l'histoire du règne de Néron, quand il n'avait pas encore comparé de près l'ouvrage de Fabius avec d'autres ouvrages parallèles, quand il avait été charmé par les qualités séduisantes de la forme et
tiinatur Roniae visa, quani propter niiraculum Tiberius (^aesar in codem pouto nauniacliiario exposuerat advpclam ciim reliqua materie, duravitque ad Neronis prjncipis amphitlieatrum. Fuil auteni trabes o larice, longa pedes cxx bipedali rrassitudine acqualis, quo intollogobatiii' vi\ criHlibilis roliqua allitudo fastijjium ad raniinon aostiniantibus.!'
(;i.\SSK\IENT DES SOURCES DE TACITE. /lOl
iiavait |ias a|)er(;ii les défauts du fond. Lorsqu'il l'oxamina plus attentivcnipul. il soupçonna Fabius d'avoir été partial en faveur do Sénèquc, dans l'amitié duquel il avait tenu l'une des premières places: 'tSane Fabius inclinât ad laudes Senecae, cujus amicitia floruit^"." Or cette partialité avait pu avoir pour consé- (picnçe (les altérations assez (graves dans toute l'histoire du rèjjne (!<' .\('roi). non seulement parce que Sénèque y joue lui-même un roUi inq)ortant, mais encore parce qu'un personnage bien plus consid/'rablc de ce règne est Agrippine. la mère de l'empiM'eui". la bienfaitrice de Sénèque. Fabius avait donc été porté à embellir Sénèque, à excuser Agrippine et à noircir Néron. Il avait embelli Sénèque dans le récit de l'accusation intentée à Agrippine, en prétendant que Burrus fut préservé par lui d'une disgrâce (XIII. 9o); il avait attribué à Néron la monstrueuse pensée de l'inceste, que les autres attribuaient à Agrippine (XIV, 9)'-^.
Tacite ne le prit point pour source principale. Cela est manifeste dans le récit de l'accusation intentée à Agrippine (XIII, 1 9-21)- Fabius avait allirmé que Burrus fut menacé de révocation, que son successeur fut même désigné. Or Tacite lui fait jouer un rôle d'où il résulte clairement qu'il n'a pas été suspecté: c'est lui qui empêche Néron d'ordonner la mort immédiate