‹ Les sources de Tacite dans les Histoires et les AnnalesChapitre 66 sur 75 · XIII · texte numérisé non relu

XIII

'■-'> En plusieurs endroits où Tacite parle de Sénèque, il est évident qu'il n"en parle pas d'après Fabius. — Ami., Xll, H : Agrippine rappelle Sénèque d'exil et le donne pour précepteur à Xéron : fr . . . utque Domitii pueritia tali magistro adolesceret et consiliis ejusdem ad spem doniinationis uterentur, quia Seneca fidus in Agrippinam memoria heneficii et inl'ensus Claudio dolore injuriae credebatur. 1 — XIII, 18 : après la mort de Britannicus, Xéron trlargitione potissimos amicoruni auxit. Xec defuero qni arguèrent viros gravitatem adseverantes , quod domos, villas, id temporis quasi praedam divisissent. 75 — XIII, 4î> : «Variis deinde casibus jactatus et multorum odia nieritus reus, haud tamen sine invidia Senecae damnatur". Procès de Suillius, qui dit à Sénèque des cboses très dures, par exemple : rrse quaestorem Germanie! , illum domus ejus adulferum fuisse». Lire aussi le chapitre 43. — XTV, 7 : rôle de Sénèque dans le meurtre d'Agrippine. XIV, 1 1 : eflet produit par la lettre de X'éron au sénat sur la mort de sa mère : wErgo non jam Xero, cujus immanitas omnium questus anteibat, sed Seneca adverso rinnore erat, quod orafione tali confessionem scripsisset.»

'i()i> IJiS SOI IICKS l)K TACITK.

(rA}fri|)piiie. Klait-il di'jà aiipivs do l'empereur au moment de la dénonciation, ou l)ien a-l-il été appelé aussitôt? Tacite ne précise pas, mais peu importe : sa présence et son ascendant prouvent assez qu'il n'a pas été dénoncé tout à l'heure comme complice, que sa fidélité n'a pas été mise en doute. Il prend la dc'îfense de l'accusée : le ferait-il, s'il était lui-même sous le coup du soupçon de complicité, s'il venait à peine d'échapper, par l'intervention de Sénèque, au danger d'être révoqué? Enfin, c'est Burrus qui est chargé, le lendemain, de procéder à l'interrogatoire d'Agrippine. Néron aurait-il songé à lui confier une telle mission, si le dénonciateur l'avait nommé parmi les complices d'Agrippine? Que Néron, sur les instances de Sénèque, eût consenti, si Burrus avait été dénoncé, à ne pas le révoquer sans l'entendre, nous le concevrions; mais qu'après cette dénonciation, sans avoir à se justifier et par le l'ail seul des instances de Sénèque, Burrus fût passé de sa situation d'accusé à celle de conseiller écouté et, en somme, de président de la commission devant laquelle comparaît la principale accusée, cela ne se concevrait pas. Ce n'est donc pas le récit de Fabius (pie Tacite a pris pour base du sien : il a sim])lement intercalé dans le récit de sa source princijîale l'incident relatif à Burrus, mentionné par Fabius seul. D'après la source, l'affranchi Paris était venu au milieu de la nuit dénoncer Agrippine et Plautus , et Néron avait aussitôt songé à les faire périr. D'après Fabius, Paris avait dénoncé aussi Burrus, et la révocation de celui-ci était un fait accompli, si Sénèque ne fut intervenu. Le rôle que joue ensuite Burrus dans le récit de Tacite, le. premier rôle, c'était prol)ablement Sénèque qui le jouait dans le récit de Fabius '''. Tacite n'a pas noté cette divergence: elle allait de soi; il suffisait d'avoir indiqué d'abord, comme il l'avait l'ail . (|ue. selon Fabius. Burrus avait été dénoncé et menacé.

.'). La source ])rincipale de Tacite pour la lin de Claude et

Sciw'(|iH' lail [liiilic (le l;i (•(iininissioii

') Dai.

. le iiVil

(1.. TarilP(\ll

bat

lut ]il(

ii.'ll.' ,;nn

>a.aîl .\.r,ip|.in

Page 1