I. L'équateur Tut treversé le S février
C'est ce qui arrive sous l'équateur avec une profusion eitraordinaire ; mais à cinq degrés plus bas vers le sud, ta oii commencent les sécheresses de six mois par an, il n'en est plus tout à fait de même; et les populations risqueraient de périr par la fomine, si elles ne tiraient parti des saisons pluvieuses pour (aire d'avance leurs approvisionnements en vue de celles où le soleil brille avec une implacable continuité. Nous touchons ici au grand fléau de cette contrée, car la paresse du nègre s'oppose - & ceque ces indispensables précautions soient prises comme il le faudrait, ce qui du reste est principalement dû — nous le verrons tout à l'heure — à l'absence d'une protection suffisante fournie par un gouvernement vigoureux et bien assis. De ce que nous avons pu voyager au centre du continent africain surune étendue de dix degrés de latitude (du 5' sud au &*nord}, résulte la constatation d'un fait positif: c'est qu'il existe une gradation normale dans la fertilité du pays, fertilité d'une opulence singulière sous l'équateur, mais qui, à partir de là, subit une décroissance régulière. Le motif qui limite aux régions équatoriales cette grande zone d'abondance est le même qui en a fait le site de ces grands réservoirs d'eau, de ces lacs inépuisables d'où sortent les principaux Qeuves de l'Afrique. C'est sous Téquateur que s'exerce l'influence pluvieuse des Montagnes de la Lune. Au fait et au prendre, la ligne équatoriale est le centre de la motion atmosphérique.
Faune. — En traitant cette branche d'histoire naturelle nous commencerons par l'homme, c'est-à-dire par le vrai nègre aux cheveux crépus, au nez plat, aux lèvres saillantes, et sans comprendre les Vouahouma* sous cette dénomination générique. Les
1. Autrement dit tes Africain» de la race abïMinienoe ou galU. M. 3peke a consacré tout ua chapitre de »on livre {le cliap. IX) i établir, d'après les Mditions orales qu'il a pu recueillir, et en les contrAlant par ses propres observations, 1* que les Abyssins et les Gallas ont une origine commune, et proviennent de la mtme soucbe éthiopienne, formée d'un mélange égal des flis de Sem el de Qum (mmi-Stitin~Hamitie, dit-il en propres termes); ¥ que les Vouabouma,
nègres, donc, se répartissent assez également sous toutes ces latitudes, mais on ne les trouve nulle part en communautés compactes. Leur gouvernement participe en général de celui des anciens patriarches. Quelques tribus sont exclusivement com« posées de pasteurs, mais la plupart cultivent le sol ; encore serais-je tenté de n'attribuer cette différence qu'au manque d'un régime stable, garantissant le produit de la moisson h celui qui l'a semée ; en elTet, partout où ie nègre, en se nourrissant de grain, peut s'abstenir de consommer son bétail, lequel constitue le plus clair de sa ricbesse, il le fera immanquablement. C'est par un calcul aussi simple — et à l'instar des animaux privés ou sauvages que leur instinct place d'ordinaire sous une direction quelconque — c'est ainsi, disons-nous, que les nègres ont donné des che& h leurs villages et à leurs petites fractions de peuple. Chaque district, chaque bourgade a le sien, mais dans les pays où la race nègre domine, il n'existe pas de monarque pareil à celui qui règne sur les Vouahouma. Les chefs de tribus ou de clans qu'on désigne, selon les districts, par des noms divers {Chomlioui, DiAouans, Djyari, Mtémi, Mouami, Mkama, Mkara, etc.), exercent un pouvoir absolu, bien qu'ils se laissent, à beaucoup d'égards, diriger par une espèce de > conseil des anciens > sans cesse réuni aux environs de leur résidence, et avec lequel ils traitent les affaires d'État. D'ordinaire, ce sont menus détails d'administration intérieure, car leur égoïsme, leur esprit borné
comme les Gallas, se sont détachés de la tige abyuimcDDe semi-asiatique, et sont venus, par esprit de conquête, s'éUlilir au sein des tribus puremeot africaines, où l«ur type primilir ne s'est Tondu qu'en partie, tandis que leur supériorité de courage et d'intelEigence les appelait ï y conserver une facile suprématie. II leur attribue la rormation du grand royaume de Kittara, morcelé à une époque relativement Irés-récente, et dont l'Ounyoro constituait jadis uns des principales divisions. Pour justifier ces conjectures elhnolagiques, le capitaine Speke est entré dans de longs détails hittoriquet, puisés à des sources trop peu sdres, et oITrant d'ailleurs un inlêrei trop restreint, pour qu'il nous ail paru convenable d'imposer ï nos lecteurs une élude aussi stérile que fatigante. Nous n'avons point osé aborder, avec l'auteur anglais, la chronique des Mkamai ou rois du Kara^ué (Robioda II, T4taré VII, etc.), et nous avons abrégé notablement le chapitre dont nous donnons ici le résumé. {S, du irnd.)
ne leur pennetlent guère de s'occuper d'autre chose que de leurs intérêts privés. Les anciens font circuler les ordres du chef de district parmi les chefs de village, qui, venant à y désobéir, seraient frappés d'une amende plus ou moins forte. Aussi, généralement parlant, les décrets ainsi rendus s'exécutent assez bien. Le pays, cependant, est soumis & une influence désoi^Disa- Irice, celle des guerres continuelles qu'enfantent la polygamie et l'esciavage : la première produit une famille composée de frères consanguins qui, voulant tous succédera leur père, sont perpétuellement en lutte les uns avec les autres, afin de se procurer eu aassi grande quantité que possible des esclaves et du bétail; le second engendre des combats continuels et arrête l'essor de la population. Le revenu public, prélevé sur une très-petite échelle, l'est exclusivement au profit du chef et de ses anciens. Comme taxe territoriale, par exemple, le chef s'arroge le droit de boire gratuitement et h discrétion, k mesure qu'elle 'se fabrique tour à tour chez chacun d'eux, la bière de millet (pomhij brassée par ses subordonnés. Un éléphant vient-tl à être tué, il réclame une portion de la chair de l'animal ainsi qu'une de ses défenses ; toutes les peaux de léopards, de lions ou de zèbres lui reviennent aussi de droit. Lorsque les trafiquants apportent leurs marchandises, il peut — sans avoir égard ai à l'équité, ni aux tarifs plus ou moins régulateurs — pratiquer toutes les exactions qu'il se croit en état de faire admettre. Le droit qu'il prélève s'appelle Aonjo '.Une autre source de revenus est la confiscation encourue par ceux que l'on a condamnés pour sorcellerie, etqui ont péri les uns sur le bûcher, les autres sous l'assagaie de leurs compatriotes. Tout ce qui leur appartenait est revendiqué par les anciens au profit du chef.
D'après l'usage pénal, les voleurs incorrigibles, les assassins sont mis à mort de la même façon que les sorciers ; les larcins de peu d'importance, ou purement accidentels, sont punis d'une