Maurice GoGuEL, p. 214s
2. W. Branpt, Die evangelische Geschichte, p. 285 s. Rescu, Ausserkan. Paral, MM, 615, J. HALtvy, Noles pour URvangile de Mare, Revue Sémitique, 1900, p. 115 s. Wenpt, p. 41. Ab. Merx, Die vier kanonischen Evangelien nach ihrem dltesten bekannten Texte. Berlin, 1902, Ul, 4. Rp: 379.
religieux traditionnels. Le procés devant Pilate, avec toutes les allées et venues qu il suppose de la part des Juifs, se comprend mal dans un jour qui devait étre célébré a Pégal d’un sabbat. Il n’est pas jusqu’au récit de la libération de Barrabbas, si suspect qu il soit au point de vue historique, qui ne semble déplacé le 15 Nisan, La libération pour une féte ne se comprend que si elle permet au prisonnier libéré de prendre part a’ la célébration de la féte. Enfin le supplice de Jésus le 15 Nisan ne va pas sans soulever bien des diflicultés. Dans le livre des Actes, Hérode retarde le supplice de Pierre jusqu’aprés la fete (Actes 12, 4), et méme si ce récit nest pas historique, il montre quun supplice le jour de la féte aurait été pour le peuple un veritable scandale. Comment admettre, si ce scandale s’était produit', quil ne soit pas relevé dans nos récits pour rendre encore plus odieuse la conduite des Juifs? Mais il ne faudrait pas seulement admettre que ceux qui jouent un role actif dans le supplice de Jésus violent le sabbat. Le récit parle de ceux qui passaient et qui insultaient Jésus (75, 29) et, de méme, l’épisode de Simon de Cyréne qui revenait des champs (15, 2/) prouve quiil y avait le jour du supplice de Jésus des allees et venues et que par conséquent ce jour n était pas observé comme un sabbat.
La conclusion a laquelle nous aboutissons est done que la chronologie de la passion nest pas homogeéne chez Marc, mais que Vévangeéliste a juxtaposé sans réussir & les fondre completement des morceaux qui supposent des systémes chronologiques différents. D’aprés les uns, Jésus serait mort le 14 Nisan, au moment ot allait commencer la féte de Paque, (apres les autres, il ne serait mort quun jour plus tard, le 15 Nisan, apres avoir célébré la Paque avee ses disciples.
La tradition qui met la mort de Jésus le 14 Nisan est celle qui contient le plus de morceaux et les morceaux qui ont le plus de valeur. L’autre tradition ne comprend que deux récits : celui de la préparation du repas pascal et Vintroduction du récit de Vannonce du reniement de Pierre. Le premicr ne parail pas avoir une tres grande valeur. Puisquil nappartient pas ala méme tradition que le récit du repas, il ne peut provenir que dune tradition plus récente et qui dépend delle,
1. Comme l’admet Jean Réviti e (p. 283), qui pense que les Juifs ont violé le repos de la féte pour assouvir leur haine.
car le dernier repas peut avoir été raconté sans que ftit rapportée sa préparation, mais on ne concoit pas lexistence dun récit de préparation pon suivi d'un récit de repas proprement dit.
En outre, si on rapproche le récit de la préparation du dernier repas de la préparation de Ventrée a Jérusalem, on constate existence dune série d'analogies qui, sur bien des points, vont jusqu’a une identité de mots'. Ces deux récits ne peuvent pas étre indépendants Pun de lautre, et historiques Pun et Vautre. L’un deux a certainement un caractére secondaire. De quel coté est Voriginalité? Le récit de ’entrée de Jésus & Jérusalem avec Vépisode de la préparation forme un tout trés bien constitué; cette entrée n’a pas été un événement abandonné au hasard, ni méme un accueil enthousiaste improvisé sans préparation. Elle a été la mise en ceuvre d'un plan concu par Jésus, la réalisalion consciente et voulue de Zacharie 9, 9. Jésus voulant entrer 4 Jérusalem dune certaine facon devait préparer son entrée; il est tout naturel quil ail envoyé deux disciples au-devant de lui pour cela et ce détail devait étre rapporté par Vévangéliste parce quil était nécessaire pour donner a lentrée de Jésus son véritable caractére.
Le récit de la préparation de la Paque ne présente pas tant de garanties; il ne faut done pas hésiter A penser que le récit de la préparation de entrée a Jérusalem lui a servi de modéle?®.
Quant & la mention du chant du Hallel dans Vintroduction du récit de Vannonce du reniement de Pierre, le fait que Lue qui place autrement l’épisode, ne le donne pas, autorise peutétre & Vattribuer au rédacteur.
Le récit de Mathieu ne se distingue de celui de Mare que par quelques détails sans importance au point de vue qui nous occupe. I] n’en est pas de méme de celui de Lue. Le troisiéme évangéliste a fait subir au récit de ses prédécesseurs un certain nombre de transformations qui -ont pour effet de faire du dernier repas de Jésus, beaucoup plus nettement que cela n’était le cas pour eux, un repas pascal.