SCHWARTZ, p
5. Spirra (p. 256 s.) atlribue au rédacteur seulement les-imots « grandprétre de celle année-la » et les versets 51-52.
6. L’évangeéliste peut bien avoir eu Vintention, comme le pense Lotsy (p. 662), de faire altester par les Juifs eux-mémes la réalité des miracles de Jésus.
7. Scuwwanrz (p. 171s.) passe trop facilement sur cette difliculté. Spirra p. 250, attribue cette phrase au réedacteur.
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cependant aflirmer quil ait affecté le fond méme des choses.
De la crainte @une intervention romaine exprimée par le sanhédrin, il faut rapprocher le prétexte mis en avant par les Juifs pour obtenir la condamnation de Jésus. « Si tu relaches cet homme, disent iis & Pilate, tu mes pas lami de César, car tout homme qui se fait roi s’oppose a Cesar... Nous n’avons pas d’autre roi que César » (19. 72. 15): mais le loyalisme romain dont les Juifs font preuve dans ce fragment west quapparent, landis que dans le morceau qui nous oecupe, le sanhédrin exprime la crainte sincere dune intervention romaine. Il n’y a done pas de relation nécessaire entre les deux passages.
Jean Reville! et Loisy® estiment que lallusion a léventualité dune intervention romaine ne peut provenir de lévangéliste parce quelle contredit la notion johannique de la messianilé de Jésus, et quil faut — pour cette raison — Valtribuer & une source historique. L’argument nest pas deécisif car lintervention romaine peut étre molivée, non par la messianité de Jésus, mais par un mouvement populaire comme celui que Vévangéliste rapporte dans la premiere partie de son récil (6, 75).
Schwartz’ remarque justement qu il manque quelque chose dans le texte acluel de Jean, Ce qui pouvait inquiéter les Romains, ¢’était non la foi du peuple, mais les consequences de cette foi. Cela ne pouvait manquer d’étre dit. Le rédacteur aura fail disparailre ici un fragment de sa source.
Nous verrons plus loin que dans lévangile primitif,, Jésus était arrété par la cohorte et, sans doute, conduit directement devant Pilate. Schwartz pense que le récit qui motive Vhistoire de la passion par la crainte des Romains faisait, a lorigine, partie de laméme tradition. Les éléments intermédiaires ont disparu de sorte que cette tradition ne peut plus élre recopstituée*. L’hypothése est tres séduisante. On comprend tres bien, si, par exemple, c'est une dénonciation juive qui a provoque Vintervention romaine contre Jésus, que les Juifs aient pu jouer un role dans le proces romain.
JEAN REVILLE, p. 225.
. Lotsy, p. 662.
. SCHWARTZ, p. 171 Ss.
. SCHWARTZ. p. 171.
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LES PRELIMINAIRES DE LA PASSION of
Spitta' estime qu il n'est pas légitime de supposer, comme le fait Schwartz, que la crainte dune intervention romaine était légitimée dans le récit primitif. IL attribue le détail au rédacteur. Son opinion ne nous parait pas fondée; il est plus facile d’admettre quwil a disparu du récit quelque chose qui légitimait le prétexte mis en avant par les Juifs, quil ne Vest de supposer qu'un rédacteur postéricur a introduit le détail de la crainte des Romains sans se préoceuper de l’expliquer,
On peut done reconnaitre, dans le récit johannique de la décision prise par les Juifs contre Jésus, la trace de plusieurs mains. Liidée méme (une deélibération des autorilés juives vient du récit synoptique ou de sa source. La relation établie entre cette délibération et la résurrection de Lazare, la crainte (une intervention romaine donnée comme motifa la décision prise contre Jésus. remontent peut-ctre a lauteur premier de Vévangile johannique. Le nom du grand-prétre Caiphe et la déclaration mise dans sa bouche sont une interpolation poslérieure.
Quant a Vidée dune décision formelle prise & ce momentli par le sanhédrin contre Jésus, il nous parait diflicile de penser quelle apparlienne a la premié¢re couche de la tradition johannique. D’abord si le sanhédrin avait porté une condamnation capitale contre Jésus, celui-ci n’aurait plus pu aller et venir. De plus, Jésus n’a pas été, @aprés le récit johannique, arrélé en vertu dune décision du sanhédrin, puisqu'il la été par les autorités romaines. Il y a done lieu de penser qu ici, sous influence de la tradition synoptique, en particulier du récit de Mathieu, un simple conciliabule des ennemis de Jésus a été transformé en séance réguliere du sanhedrin se terminant par une décision formelle prise contre Jésus.
La RerraitE A KpHRAIM (Jean 11, 54-57.) Le fragment 7/, 54-57 raconte quapres la décision du
sanhédrin, Jésus se retire & Ephraim avec ses disciples. Au moment ot la Paque approche, les pelerins qui montent au