‹ Les sources du récit johannique de la passionChapitre 21 sur 62 · WELLHAUSEN, p · texte numérisé non relu

WELLHAUSEN, p

2. Scnwanrz, p. 174. Sprrva (p, 258 s.) maintient l'historicité de ce voyage.

heure qui pourtant est celle pour laquelle il est venu. Une voix céleste répond asa priére (12, 90-32). Jésus répond encore a une question du peuple sur la contradiction entre annonce de sa mort et lenseignement donné par Moise que le Messie doit demeurer toujours, puis il se cache (79, 33-30). Vient ensuite une réflexion de Vévangéliste sur Vinerédulité quia accueilli Venseignement de Jésus (7/2, 37-43), et, sans que le lieu et le moment soient indiqués, Jésus prononce un dernier discours (72, 44-50) qui nest que le commentaire des réflexions de Pévang¢liste.

Trois épisodes du chapitre 12 de Jean sont racontés aussi dans Phistoire synoptique de la passion : ce sont lonction de Béthanie, Ventrée & Jérusalem et enfin la pri¢re de Jésus exprimant le trouble de son ame devant le drame imminent. Mais la place que le quatriéme évangile assigne a ces faits ne saccorde pas avec la disposition du récit synoptique, et les premiers évangélistes racontent des ¢pisodes qui manquent chez Jean, la purification du temple par exemple; il faut noter en outre que les déclarations de Jésus sur la proximité de sa mort correspondent, en un certain sens, aux enseignements que, daprés les synopliques, Jésus donne a ses disciples pendant la deuxiéme partie de son ministére.

L’OncrTIon DE BETHANIE

Grenier -14. Gf. Vic.14,9-9-— Mt.26, 6-13.

== Le. ,:00-00; 10, 38-42.)

La scene est placée par Jean six jours avant la Paque, la veille de Tentrée de Jésus a Jérusalem, dans la maison de Lazare'. Marthe sert a table, Marie prend un vase d’huile de grand prix et en oint les pieds de Jésus qu’elle essaie ensuite avee ses cheveux. Judas qui assiste 4 la scene murmure parce que le parfum aurait pu étre vendu 300 deniers et donné aux pauvres. L’évangéliste observe que la remarque de Judas n’est pas dictée par le souci des pauvres, mais par la cupidité,

1. Cela résulte du récit bien que Jean ne le dise pas, peut-élre, comme le conjecture Loisy (p. 671), pour ne pas paraitre contredire ouyertement les synoptiques.

Jésus répond que cette femme a gardé cette huile pour sa sépulture (72, 7-717).

Mare et Mathieu (Mc. 14, 3-9. Mt 96, 6-13) racontent le méme ¢pisode quwils placent quelques jours plus tard, Ja veille du jour ot Jésus est arrété. La scéne se passe aussi i Béthanie mais dans la maison de Simon le Iépreux; une femme vient répandre du parfum sur les cheyeux de Jésus (Mare ajoute qu'elle brise te vase qui Vavait contenu). Des gens (chez Mathieu ce sont des disciples) murmurent sur la perte mateérielle et regrettent que la valeur de Vhuile (Mare Pévalue a plus de 300 deniers) n’ait pas été donnée aux pauvres. Jésus répond a ceux qui ont marmure quils auront toujours des pauvres avec eux mais quils ne lauront pas toujours, que cette femme a oint son corps par avance pour la sépulture et que ce quelle a fait sera raconté partout ot lévangile sera préche.

Le récit de Lue (7, 56-50) est sensiblement différent des trois autres. Pendant un voyage de Jésus, sans doute en Galilée, un pharisien a invité Jésus & un repas. Pendant qu’on est a table, une femme de mauvaise vie entre dans la maison avec un vase (’albatre plein d'une huile précieuse ; elle pleure sur les pieds de Jésus, les embrasse, les essuie avee ses cheveux et les oint dhuile. Le pharisien est scandalisé de ce que Jésus se laisse approcher par une pécheresse. Jésus lui répond par la parabole des deux débiteurs.

Dans un autre contexte, Lue (70, 38-42) raconte que dans un

village ot. Jésus est entré, une femme nommeée Marthe le seit i table tandis que sa sceur, Marie, est assise aux pieds de Jésus. Le récit de Jean est apparenté a la fois & celui de Mare et de Mathieu et & celui de Luc’.

Le lieu et le moment ott la scene est placée, la maniére dont l’épisode se développe, établissent une relation certaine entre le récit de Jean et celui des deux premiers évangélistes *.

1. Oscar HoLtrzMann. p. 10. WENDT, p. 37 s. SCHMIEDEL, p. 65 s. HeimMitien, p. 271. WELLUAUSEN, p. 55. SoLTAu, p. 41. ZAuN (p. 497) aceordent que Jean connait les récits de Mathieu et de Mare. Cacmes (p. 330, 339, 346) pense que Yonction racontée par Jean est la méme que celle racontée par Mare et Mathieu. Celle de Lue se place plus tot. Cest la méme femme qui oint Jésus a deux reprises.

2. La parenteé des récits est confirmée par le fait qa’un grand nombre de mots du récit de Mare et de Mathieu se retrouvent chez Jean, par exemple :

Jean 12,3: too véedou mistixztis ToAutiuoy (Mc. 14,3. Mt. 26,7) 12,5: cabo 70

r LES PRELIMINAIRES DE LA PASSION tl

On a voulu voir une preuve décisive de leur parenté dans Vallusion a la sépulture, claire chez Mathieu et chez Mare, obscure chez Jean’. Nous reviendrons sur ce point.

La relation du récit johannique avec celui du troisieme évangile nest pas moins certaine®; elle résulte de ce que c'est Marthe qui sert tandis que Marie est assise aux pieds de Jésus et de ce que la femme verse son parfum sur les pieds de Jésus et les essuie avec ses cheveux. Ce dernier trait établit la parenté des textes Tune mani¢re indubitable, car si on le comprend chez Lue ot la femme a mouillé les pieds de Jésus avec ses larmes. il na pas dans le récit de Jean d’autre effet que doter le parfum qui vient d’étre répandu sur les pieds du maitre’.

Le récit johannique apparait ainsi netlement comme une combinaison des deux récits synopliques, mais n’est-il que cela et faut-il attribuer seulement & un développement acces soire de la tradition ce quilcontient de particulier, c’est-a-dire les noms de Marthe, de Marie el de Lazare qui mettent Pépisode en relation avec Uhistoire de la résurrection de Lazare et Vattribution a Judas, comme explication préalable de la trahison, de Tobservation que Mare mettait dans la bouche des

puoov... (2)noX6(,) toraxociwy cnvapiwv xal (é)6d8(q) mtmzots (Me. 14,5. Mt. 26, 9) 12.9: eve... 6 “Insats: doles) adciy... evVraptacu(ot) (Me. 14,6. 8.) 12.8; tods

arwyods yx0 Tavcote éyete pel’ Eaut@y, Eves GE od Tdvtote Eyete (Mec. 14.7). Si ce dernier yerset est authentique (il manque dans D (o05)et Syrsin) il constitue une preuve décisive de la dépendance de Jean, car dans ce verset Jésus répond au pluriel A une observation qui a ¢éte faite non par les disciples, comme chez Mare et Mathiea, mais par Judas seul,

Page 1