SCHWARTZ, p. 343 s
2. Accessoirement on peul faire remarquer que si lensemble du morceau 21-30 vient @une interpolation, on comprend commentiil se peut quil y ait une contradiction formelle entre le verse! 27, of: Satan entre en Judas et le versel 2 oft apres le ms. D (05) Satan aurait déja mis au coeur de Judas de livrer Jésus. Les auteurs du texte alexandrin (x. A. B. [01, 02, 03]) ont apercu la contradiction et ont essayé de la faire disparaitre en parlant seulement @un projet de Satan, Sprrra (p. 288 s.) élimine la contradiction en entendant seulement au verset 27 que Judas se prépare a mettre a exécution un projet arrété a Vavanee. Scuwarrz (p. 3#2) admet que D. (05) reproduit au moins le sens du texte original, Bousser (p. 43) préfere le texte D, (05). BLAss le donne dans son édition.
3. “Inoots.,. elmev... auhy Acyw duty Orr eis 2 uy napadwce: ws.
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LE DERNIER REPAS De)
lement explique. Il y a entre les récits de Mare et de Lue, qui contiennent une annonce de la trahison sans désignation du traitre, et le récit de Mathieu qui suppose une désignation expresse de Judas, une contradiction manifeste. Le récit de Jean est un effort pour la résoudre. Judas y est bien désigné par Jésus mais seulement aux intimes, Pierre et le disciple anonyme. Les autres ne savent pas de qui Jésus a parlé. Le récit de Jean s’explique si bien comme une synthése des deux formes du récit synoptique, quil est absolument inutile d’avoir recours & Vhypothese dune tradition particuliére. Le récit johannique s’emboite entre les deux récits svnoptiques, de telle maniére que, sil n’avait pas été composé pour les concilier, une seule hypothése serait possible, celle qui admettrait que les deux récits synoptiques divergents sont lun et lautre une reproduction imparfaile de la tradition primitive représentée par le récit johannique. Cette hypothése ne saurait ailleurs étre admise: si on comprend qu'un rédacteur secondaire ail remplacé une désignation confidentielle par une désignation publique, on ne pourrait s’expliquer, que dans les memes conditions, un autre narrateur ait supprimé toute désienation. De plus, nous avons vu que la substitution dune désignation du traitre, & Pannonce de la trahison, s’explique par Vinterprétation littérale de la parole sur « celui qui mange & la méme table » et que, par suite, le récit’ primitif devail étre plus proche du récit de Mare que de celui de Jean.
Il résulte de ce que nous venons de voir, que la mention du disciple anonyme nindique pas que Vauteur fasse usage dune tradition qui lui soit particulicre.
Si le morceau 73, 2/-30 apparaitl ainsi comme une transformation de la tradition synoplique, que faut-il penser du morceau 13, 18-20? Il ne peut pas, en tous cas, étre altribué au rédacteur de lévangile sous sa forme actuelle, car celui-ci naurail pas juxtapose deux récits équivalents'. I] appartient done & une source antérieure a la combinaison de la tradilion johannique avec la tradition synoptique. Dans le morceau 13, 18-20, il y a des éléments spécifiquement johan-
os
niques. « Je ne parle pas de vous tous: je sais qui j’ai
1. Contre Sprrra (p. 290) qui pense que le récit 75-20 a Gté ajouté par le rédacteur.
choisi.... Je vous le dis maintenant avant que cela n/arrive, atin que, lorsque cela arriyvera, vous sachiez que moi je suis. » Ce qui reste comme noyau de la tradition historique, c'est cette déclaration de Jésus : « IL faut que cette parole de I Keriture soit accomplie : Celui qui mange mon pain a levé le talon contre moi. » Or, il se trouve que cette annonce de la trahison par un familier correspond a ce que nous avons trouve étre le noyau premier de la tradition synoplique sur annonce de la trahison.
Notre conclusion est done celle-ci: la forme premiére du récit johannique racontait annonce de la trahison dapres la méme source que la tradition synoptique. A ce récit, le rédacteur postéricur en a juxtaposé un autre formé par la combinaison de Mare et de Mathieu.