‹ Les sources du récit johannique de la passionChapitre 38 sur 62 · LES DISCOURS · texte numérisé non relu

LES DISCOURS

est avantageux quil les quitte pour quil puisse leur envoyer le Paraclet (1/6, 5-7) qui achévera le jugement, c’est-d-dire la condamnation du monde (/6, 8-17) et qui, en outre, enseignera aux disciples ce quils ne sont pas encore capables de saisir (106, 12-15). Jésus termine par Vannonce de son départ imminent (/6, 16). Les disciples ne comprennent pas ce quwil veul dire (16, 17-19). Jésus reprend en déclavant aux siens quils pleureront mais que leur douleur sera changée en joie, qu ils nauront plus besoin dinterroger leur maitre et que lout ce quils demanderont au Pere en son nom, ils le recevront (16, 20-24). Les mémes idées sont reprises sous une forme Ireés voisine (16, 25-28). Les disciples déclarent avoir compris, mais Jésus répond que Lheure est proche ott ils se disperseront et le laisseront seul (16, 99-33).

Le chapitre 17 contient ce qu’on appelle « la priére sacerdotale. » Le Christ demande a son Pere de le glorifier, ¢’esta-dire, maintenant quil a achevé son ceuvre, de lui rendre la gloire dont il a joui avant la création du monde (/7, 7-5). Il a manifesté le nom divin aux hommes prédestinés et ils ont cru (17, 6-8). Sue le point de les quitter pour retourner au Pere, Jésus demande a Dieu de les garder afin de les amener a Vunité parfaite (77, 79-9). En méme temps que pour eux, Jésus prie pour tous ceux qui, dans la suite, croiront en lui (17, 20-26).

On ne reconnail pas dans ce discours wn progres bien sensible de la pensée. Ce sont les mémes idées qui sont continuellement reprises. L’unité du morceau n’apparail pas a premiere vue. On pourrait supprimer de larges fragments sans rendre la pensée moins claire. Le fait cependant ne suffit pas pour qu’on soil en droit de distinguer plusieurs sources, car il peut tenir au procédé dexposition,

Il faut attacher plus @importance aune particularité deja signalée autrefois et sur laquelle Wellhausen s'est appuyé pour soutenir que les chapitres 15 a 177 sont secondaires par rapport au chapitre 14'. Ce fait. c'est que le chapitre 14 se termine par ces mols : « Levez-vous, partons (ici, » et que cependant ce West quapres la tin du chapilre 17 que Jésus et

1. Wer.tiausen, p. 63, 79. Le méme fait avait déja atliré Valtention de WELLHAUSEN dans son élude de 1907.

ses disciples quittent la chambre haute'. Dans le récit primilif 78. 7 devait suivre 14, 37. Les chapitres 15, 16, 17, ont été ajoutés apres coup*. On peut, en outre, faire remarquer que les derniéres paroles prononcées par Jésus au chapitre 14, sont nettement la conclusion d'un discours qui doit étre le dernier de Jésus (14, 30-31). « Je ne vous parlerai plus beaucoup’, car voici le prince de ce monde qui vient, en moi il n’a rien, mais (il faut quil triomphe) atin que le monde sache que jaime mon Pere et que jagis conformément a ses ordres. » Chez Mare et Mathieu, la derniére parole que prononce Jésus, au moment ot: Judas arrive, est celle-ci : « Levez-vous, allons, voici celui .qui me trahit s’approche » (Me. 14, 42). La premiere partic de cette phrase correspond presque textuellement aux derniers mots de Jean 14; et, quand onse souvient que, pour Jean, le traitre est possédé par Satan, on ne peut manquer de reconnaitre quil y a directement correspondance entre Vapproche du traitre et elle du prince de ce monde. La seule différence est que Jean a éprouve le besoin d’ajouter ici une déclaration qui éleve en quelque sorte Jésus au-dessus du sort qui attend.

L’équivalent synoptique de Jean 14, 30-31, se place immeédiatement avant Varrestation de Jésus. Cela contirme la conclusion a laquelle nous sommes deja arrive sur le caractere secondaire des chapitres 15 a 17.

Wellhausen a voulu aller plus loin encore et distinguer dans le chapitre 14 lui-méme, deux couches différentes. I s’appuie pour cela sur ce fait que dans certaines parties de ce chapitre (A) (7-4*. 16. 26's.), Jésus ne revienl pas apres étre monte au ciel et quil est remplaceé par le Paraclet, tandis que dans les autres parties (B) (5-75. 78-24), le Paraclet n’apparait pas et que Jésus glorifié reste uni directement a la commu-

1. Wannxtrz (p. 129) estime le détail si authentique quil ne peut pas avoir été inventé. B. Weiss (p. 498) admet que Jésus se leve de table mais, avant de sortir, s’arréte pour parler encore aux disciples.

2. Corssen (Die Abschiedsreden Jesu in dem vierten Evangelium, Z. N. T. W., 1907, p. 125-142) a essayé de démontrer l’authenticité des ch. 15-17, en s’appuyant sur leur contenu. Spirra (p. 301) les conserve aussi mais en les placant.entre 73,37* et 13,31%.

3. Le mot zoAAx a peut-étre été ajouté par le rédacteur. Il manque dans Syrsin. BuAss ne le donne pas dans son é¢dition du quatri¢me Gyangile.

4. WELLUAUSEN (p. 63) considére le verset 3 comme une glose destinée a combiner la conception johannique et la notion de la parousie.

Page 1