WELLHAUSEN. p
des chapitres 15-17 et par des corrections de détail au chapitre 14. Le discours ainsi obtenu n’est pas dans la méme ligne de développement théologique que le discours primitif. Le Paraclet n'y est plus une puissance indépendante, il est subordonné au Christ. L’idée développée comme motif d’espérance et de contiance donné aux disciples est celle de la présence constante du Christ glorifié au milieu des siens et de leur union avec lui.
Entre ce quil est possible de retrouver du discours primitif et la tradition synoptique, il n'y a guére de point de contact'. Les idées développées sont tres différentes. D’un cote, c'est ° VPidée du Paraclet, c’est-a-dire dune assistance et dune inspiration divines que regoivent les fidéles vivant dans un monde hostile. De autre coté, c’est celle du Messie glorieux qui vient délivrer les siens et triompher du monde. D’aprés la tradition synoptique, les fideles doivent ¢tre soutenus par Pattente de la parousie; d’apres le discours johannique, leur force, c'est la présence actuelle du Paraclet.
L’indépendance des deux traditions ¢tant reconnue, nous avons & nous demander si elles peuvent se concilier entre elles ou si le caractére historique de Tune ne doit pas étre absolument contesteé.
Les deux conceptions en présence appartiennent a des époques différentes. Entre elles il faut choisir. Nous avons essayé autrefois* de montrer que la notion johannique de Vesprit, prise dans son ensemble, présupposait la conception paulinienne du Christ-Esprit. La méme conclusion reste vraie si lon envisage seulement la notion de lVesprit telle qu'elle apparait dans les parties primitives du chapitre 14. Nous sommes done obligé d'attribuer a cette tradition un caracteére théologique et non pas historique.
KEnvisageons maintenant la forme actuelle des discours. On y constate plus de points de contact avec les synoptiques que | dans la forme premicre.
1. Iln’y a pas autre chose quwune rencontre toute fortuite dans le rapprochement suivant : Jean 14,1: mistevete els tov Béov. — Mc. 11, 22: fyete tistw Neov, le contexte ne présente en effet aucune analogie.
2. Maurice GoaueL. La notion johannique de lVespril et ses antécédents historiques, Paris, 1902.