ARRESTATION
(Jean 18, 3-11. ‘Cf. Me. 14, 43-52, = Mt, 26, 47-50 E6099 47-533)
On reconnail au premier coup doeil que le récit johannique de Varrestation de Jésus n’est pas homogtne. La collaboration des serviteurs du sanhédrin et des troupes réguliéres romaines est peu vraisemblable. La mention de Judas. au verset 3 puis au verset), comme s'il n’avait pas encore été question de Lui, est bizarre’.
Les particularités du récit de Jean nous paraissent s’expliquer par Veffort dun rédacteur qui sest attaché a combiner un récit johannique primitif quwil n’est plus possible de reconslituer exactement, avec les récils synoptiques. Les différences principales quil y a entre le récit johannique et les récits synopliques sont les suivantes :
le Ce ne sont pas les mémes personnages qui accompagnent Judas et procédent a Varrestation de Jésus. D’apreés Mare et Mathieu, ¢’est « une foule armée de batons et d’épées qui vient de la part des grands-prétres, des sel (ce mot manque chez Mathieu) et des anciens. » Mare (14, 538. et 15,1), parlant du sanhédrin, énumére comme en faisant partie, les grands-prétres, les scribes et les anciens. Il en résulte que ceux qui procedent a l’arrestation de Jésus sont les agents du sanhédrin. Lue parle simplement dune foule. Jean dit que Judas prenant avec lui vy oxetexy zat ex TOY apy sepsoy “1, 8% THY Daa.catwy UTNOS TAS ZorseTa. & EXEL LETH OAVWY “2, AIYTAGOY XO OTMAWY
Le terme de oxz1¢% ne peul se rapporter ¢ pba: une troupe romaine, ce qui est confirmé par le fait que des agents (Ux7,o¢72) juifs sont mentionnés a cdté. Le verset 12 suppose e Ja présence d'un centenier (6 y:Atzayes) qui devait commander l’expédition.
La différence qui existe sur ce point entre les deux récits,
1. Scuwarrz (p. 352) et Sprrra (p. 359) pensent que la mention du verset 3 est secondaire. Elle parait en effet avoir été ajoutée pour faire jouer a Judas un role actif tandis que dans le récit johannique primilif sa présence était simplement mentionnée,
— ee,
est done considérable. D’aprés Mare et Mathieu, Jésus est arrété par des Juifs. D’aprés Jean, il Vest par des Romains et des Juifs. Quand on pense a Lhostilité du quatri¢me évangéliste contre les Juifs, on est obligé d@admettre que, sil atténue le role joué par eux dans la passion, en ne faisant pas d’eux les seuls auteurs de Varrestation de Jésus. c'est qu'une source particuliére Lamenait a présenter les choses comme il l’a fait!,
Il faut peut-étre aller plus loin et se demander si, comme le pense Schwartz?, la source de Jean ne faisait pas des Romains les seuls auteurs de larrestation de Jésus, et si Jean n/a pas introduit les JuifS sous Vinfluence du récit de Mare*. On pour- ‘ail aussi se demander si Luc n’a pas déeji connu la tradition
johannique, et si le terme vague quil emploie (67402) ne trahit
pas Vembarras ott if était de se prononcer entre la tradition
qui faisait arréter Jésus par des Romains, et celle ae le faisait arréler par des Juifs.
Spitta’ reconnait, lui aussi, qu'on ne peut concevoir une collaboration de la cohorte romaine et des agents juifs, mais il pense que cest la cohorte qui représente ici [élément secondaire®. Il remarque qu’au verse/ 3, la mention des armes convient bien pour la foule des servileurs du sanhedrin qui nétaient pas armés (ordinaire, mais qu'elle est un détail inutile pour une troupe réguliére. Il ajoute que si Jésus avail été arrété par des Romains ce serait un soldat et non un serviteur du grand-prétre qui aurait été atteint par lépée de Pierre®, Ces arguments ne sont pas décisifs a nos yeux, car les deux détails sur lesquels ils s’appuient viennent du récit
1. Nous ne pouyons admettre avec Zaun (p. 609) que des soldats romains aienlt élé enyoyeés par Pilate A la demande des Juifs pour réprimer un mouvement possible du peuple. Nous ne pouvons pas non plus souserire a opinion de Lotsy (p. 821 s.) qui pense que les soldats romains ne sont pas lirés d'une tradition, mais ajoutés par lévangéliste pour que Judas-Satan mene contre le Christ le judaisme et la puissance romaine,