WELLHAUSEN, p. St
6. Dans le passage 5, 17 au lieu de “Avasta¢ 62 6 doytepeds, BLASs (Acta apostolorum secundum forman quae videtur romanam, Lipsiae, MDCCCXCVI, p. 15) propose de lire, d’aprés un manuserit de la yulgate, “Awas 6 dpztepeds.
grand-prétre'. L’hypothese de Wellhausen a Vavantage de fournir une explication tres simple d’un fait qui, sans cela, resterail inintelligible : cest le réle tout-a-fait secondaire que le récit johannique fait jouer au grand-prétre dans le proces de Jésus. Il faut done considérer que les versets 136. 14 ne faisaient pas partie de la source primitive.
Nous avons maintenant a comparer le récit johannique de la comparution de Jésus devant les autorités juives, au récit synoptique. Pour cela, nous prendrons dabord le fond premier du récit johannique (78, 72. J3a. 15-18, 25-27); nous rechercherons ensuite ce qui peut avoir détermineé Vaddition de 13b. 14. 19-24, et nous verrons quelle relation il y a entre le réecit johannique ainsi constitué et le récit synoptique.
Mare présente [histoire du proces juif de Jésus de la maniere suivante : Jésus arrété est conduit chez le grand-prétre (14, 53a) chez lequel le sanhédrin s’assemble (1/4, 530.). Pierre suit de loin et entre dans la cour ot il se chauffe (74, D4). Jésus est interrogé par le grand-prétre, de faux témoins rapportent une parole prononcée par lui sur le temple détruil en trois jours, mais ne parviennent pas a se mettre d’accord. Le grand-prétre demande a Jésus sil est le Christ, le Fils de Dieu. Jésus répond par une déclaration messianique. Les membres du sanhédrin déchirent alors leurs véltements en séeriant quil a blasphémé et quil mérite la mort (14, 55-64). Onse met a cracher au visage de Jésus et a le frapper (74, 63); le narrateur rapporte ensuite le triple reniement de Pierre (14, 66-72). Aumatin le sanhédrin s’assemble et apres avoir tenu conseil (75, fa) remet Jésus a Pilate (15, 7b.).
Le récit de Mathieu ne différe de celui de Mare que par quelques variantes secondaires. IL donne Caiphe comme nom du grand-prétre. Le récit de Lue présente quelques particularités importantes. Le reniement de Pierre est raconté
{. Hanne est nommé comme grand-prétre dans Luc 3, 2. Actes Gg, 6; 5, 17 (avec la correction de BLAss). Caiphe nest nommé en dehors du quatriéme évangile que par Mathieu (26, 3. 57); en outre Luc 3, 2 parle de Hanne et de Caiphe comme grands-prétres simultanés ce qui ne peut, en tous cas pas étre historique mais provient d’une combinaison maladroite de deux traditions différentes. Ni Mare ni Luc ne donnent le nom du grand-prétre qui intervient au proces de Jésus.
immediatement apres Varrivée de Jésus chez le grand-prétre (22, 55-62). Les mauvais traitements subis par’ Jésus sont placés au méme endroit, c’est-a-dire avant et non apres Linterrogatoire (29, 63-65). IL my a qu'une seule séance du sanhedrin. elle a lieu le matin. Il n’est pas fait allusion a la parole sur le temple. Il semble bien que ¢’est par suite dune simplification du récit, car Lue maintient cette parole du grand-prétre : « Quavons-nous encore besoin de témoignage? » (29. 7/) alors quil n’a pas été question de témoins dans son récit, Apres la séance du sanhédrin, Jésus est remis a Pilate (23, 7).
Nous avons essayé de montrer ailleurs' que, dans le récit de Marc, la séance nocturne du sanhédrin et linterrogatoire que Jésus y subit (14, 53 6. 55-64) wappartiennent pas a la tradition primitive. Il y a une analogie frappante entre le noyau du récit de Mare et les éléments reconnus primitifs de. celui de Jean. Des deux cédteés, Jésus est conduit chez le grandprétre, mais il n’y a aucun renseignement sur la maniére dont se déroule le proces. On apprend seulement qu’au matin Jésus est remis a Pilate. Le seul épisode relaté en detail est le reniement de Pierre.
Cette analogie permet de supposer quil y a parenté entre les deux récits bien que, pour la forme, ils soient certainement indépendants Pun de Vautre.
En dehors des questions de rédaction, il y a sur plusieurs points de détail des differences importantes a noter :
le Comme dans le récit de Parrestation ce sont, chez Jean, des soldats romains qui conduisent Jésus chez le grandprétre, tandis que chez Mare ce sont des Juifs. Les raisons qui nous ont fait considérer comme provenant d'une source ancienne, la mention des soldats romains dans le récit johannique de Varrestation, nous déterminent a considérer ici aussi la tradition johannique comme primitive®. Le récit de Marc