JESUS DEVANT PILATE
(Jean 18, 28-19, 16. Gf. Mc. 15, 1-20. = Mt. 97, 1. 9. 1-31.= TiC ead 2 ay
Le récit de la comparution de Jésus devant Pilate est beaucoup plus développé chez Jean que chez les premiers évangélistes.
Mare raconte seulement que Jésus interrogé par Pilate lui oppose un silence absolu (7/5, 9-5). Le gouverneur ayant coutume de relacher un prisonnier & chaque féte, propose aux Juifs de mettre Jésus en liberté. Ils refusent et réclament la liberté de Barrabbas. Pilate demande ce qiil faut faire de Jésus; on répond : « Crucifie-le. » Il demande ce que Jésus a fait de mal. Devant Vinsistance des Juifs, il cede. Jésus est livré aux soldats pour étre battu de verges et crucifié (75, GIS
Mathieu donne le méme récil, mais en ajoutant que Pilate recoit un avertissement de sa femme qui a eu un songe et qu'il se lave les mains avant de prononcer la condamnation.
Le récit de Lue est un peu different. Apres la comparution de Jésus, Pilate déclare quil ne trouve rien de coupable en lui (23, 2-5). Gomme le peuple insiste, il envoie Jésus 4 Hérode (23, 4-5), celui-ci n’obtient aucune réponse aux questions quil pose (23, 6-10). Il renvoie alors Jésus a Pilate apres Pavoir par dérision reyétu d’un manteau de pourpre (23, 77- 72). Jésus comparail alors une seconde fois devant Pilate qui proclame & nouveau son innocence et propose au peuple de le remettre en liberté aprés Vavoir fait flageller (25, 13-17), mais le peuple demande la liberté de Barrabbas et la mort de Jésus. Pilate céde (93, 18-95).
Le récit johannique de la comparution de Jésus devant Pilate apparait comme un roman historique a tendance apologétique' qui, sur plusieurs points, utilise les épisodes racontés par les synopliques. Des trois premiers évangélistes, c’est Luc qui se rapproche le plus du récit johannique. IL pa-
{.°Sur ce point voir mon étude sur Les Chrétiens et ’Empire romain a Uépoque du Nouveau Testament, p. 24s. HEITMULLER, p. 304.
rait représenter un stade intermédiaire entre Mare et Jean.
Il faut @abord noter quelques observations qui obligent a contester @ priori le caractére homogeéne du récit du proces. Spitta a nolé que la question de Pilate : « Quelle accusation portez-vous contre cet homme? » (78, 29), suppose la présence de Jésus alors quil semble que Jésus ait déja été conduit & Vintérieur du prétoire', Au chapitre 19, verset 13, Pilate s’assied sur son tribunal. L’auteur de cette notice a évidemment cru raconter le début du proces et cependant, de 18, 28 a 19, 12, s'est déroulée toute une série d’épisodes qui sont présentés comme les différentes péripéties du proces?. La date est donnée par deux fois (78, 28. 79, 14), ce qui est peu naturel’.
Dans Mare le récit du procés devant Pilate n'est pas introduit. Pilate interroge Jésus sans que des accusations alent été portées contre lui*. Chez Lue, il y a des accusations formelles portées par les Juifs (23, 2). Ceci est encore développé chez Jean. Le moment et le lieu sont marqués*. Le procés s’engage par une question posée par Pilate sur laccusation® (78, 28-30). A la question de Pilate les Juifs font une réponse évasive : « Ils nauraient pas livré un innocent. » Aucune autre réponse ne pouvait étre donnée, puisque, dans le récit de Jean, le procés n'est pas molivé comme dans les synoptiques par les prétentions messianiques de Jésus, mais qu il n’a pas dautre cause que la haine des Juifs. Pilate propose aux Juifs de juger cux-mémes Jésus. Ils répondent en faisant remarquer quwils nont pas le droit de faire périr quelquun (78, (30-32).
Ces détails paraissent suggérés, d'une part par la narration synopluique, de l'autre par le souci du rédacteur de mettre, dans la mesure du possible, Pilate hors de cause. Le début