SCHWARTZ, p
3. HOLTZMANN-BAVER, p. 291. Loisy, p. 846 4, SCHWARTZ, p. 357. Spirra, p. 370.
peut-étre ici une réminiscence d'un reécit dans lequel Jésus comparaissait devant Pilate sans que les Juifs fussent ses accusateurs.
Le récit johannique sexplique parfaitement comme une élaboration du récit synoptique. L’évolution inverse serait incompréhensible. Des explications comme celle que le Christ johannique donne a Pilate ne pouvaient pas étre supprimées par un rédacteur ultérieur de histoire évangélique.
Comme dans le récit synoptique Pilate proclame Vinnocence de Jésus. Les termes employés se rapprochent beaucoup de ceux que Lue met dans la bouche du gouverneur’?.
Jean raconte ensuite que Pilate offre aux Juifs de libérer Jésus pour suivre la coutume qu il avait de mettre un prisonnier en liberté a chaque féte*. Mais le peuple réclame de nougeau Barrabbas (8, 39-40). Ce mot « de nouveau » alors
> a , , , , qu’aucune demande des JuifsS n’a encore été rapportée, atteste
Vemprunt de l’épisode aux synopltiques *. Le récit est abrégé dans le quatri¢éme évangile et sa conclusion manque complétement. L’auteur ne prend pas la peine de dire que Pilate relache Barrabbas, il se borne a relater que les Juifs demandent sa liberte.
Il nest pas malaisé de découvrir ce qui a déterminé le quatri¢me évangéliste a mutiler ainsi l’épisode de Barrabbas. Cet épisode était, dans les synoptiques, la conclusion du proces romain : en méme temps quwil ordonnait la mise en liberté de Barrabbas, Pilate pronongait la condamnation de Jésus. Or, pour Jean, le proces ne se termine pas 4 ce moment-la. Pilate tente encore, a plusieurs reprises, d’obtenir que les Juifs renoncent a leur accusation. L’évangéliste ne pouvail done rapporter déja la condamnation de Jésus et comme celle-ci étaitimpliquée dans la conclusion de l’épisode de Barrabbas, il devait réserver cette conclusion pour plus tard. Arrivé au point ot il aurait dt la placer, ila oublié quwil mavait pas terminé le récit de l’épisode de Barrabbas, il s’est borné a parler de la condamnation de Jésus, sans rien dire de la mise en liberté du brigand.
4. Jean 18, 38: éy@ oddeplav edpicxw év adt@ altiayv = Luc. 23,4: odd8y edoicnm altioy év TH avVOouTm TOUTH.
2, Scuwanrtz (p. 356) observe quwil est bien peu vraisemblable que le gou-
verneur romain ait rappelé lui-méme cette coutume. 3. Lotsy, p. 854. Scuwarrz, p. 356. SpirTa, p. 373.
Aprés que sa tentative de libérer Jésus a échoué, Pilate le fait battre de verges par les soldats, revétir d'une couronne d’épines et d'un manteau de pourpre, et le présente ainsi comme étant «Homme » a quoi les Juifs répondent par le cri de : « Crucifie-le » (79, 1-6.a.). Get épisode correspond a celui qui est raconté par les synoptiques apres la condamnation'. Des deux cotées, Jésus est battu et outragé et par dérision traité en roi. La relation entre les deux récits explique la place que Pépisode occupe chez Jean. Chez les synoptiques, la flagellation et les outrages viennent apres la condamnation, ce sontles premiers actes du supplice. Jean a donné la méme place a l’épisode, mais comme il raconte ensuite d'autres tentatives de Pilate pour prononcer Vacquittement de Jésus, l’épisode n’a plus dans son récit une place organique*. Chez lui un accusé est traité en condamneé.
Liauteur du quatriéme évangile parait sétre inspiré, pour transposer comme il l’a fait le récit synoptique, de cette parole que, dans le récit de Lue, Pilate prononce au moment ot il proclame Vinnocence de Jésus ; « Apres lavoir chatié, je le remettrai en liberté » (Luc 93, 16).
Le récit johannique des outrages subis par Jésus a une porlée que n’a pas, ou, au moins, que n’a pas nettement le récil synoptique : pour Jean, le traitement royal que Jésus subit a une valeur prophétique, et c'est pour rendre témoignage a la vérité, en quelque sorte malgré lui, que Pilate déclare : « Voici (Homme. »
Apres que les Juifs ont accueilli par des cris de mort Jésus qui leur est présenté comme « | Homme » Pilate essaye de se défaire de la responsabilité dune condamnation en remettant Vaffaire aux Juifs. On ne voit pas bien pourquoi, apres que les Juifs ont déclaré que, daprés leur loi, Jésus doit mourir, Pilate se méle encore de Vaffaire (7/9, 66-7). IL y a certainement la un ‘doublet maladroit du dialogue déja rapporté par Jean (78, 97-32)* pour faire porter toute la Eo aeabie de la condamnation sur les JuifsS. Pilate interroge de nouveau Jésus. La question qu il lui pose « D’ot es-tu? » peut étre une réminiscence ou une correction de lenvoi devant