‹ Les sources du récit johannique de la passionChapitre 59 sur 62 · SCHWARTZ, p. 359. Spirta, p · texte numérisé non relu

SCHWARTZ, p. 359. Spirta, p

a Pépisode qu'il rapporte ne suflirait pas, & lui seul, pour nous obliger a attribuer Vhistoire du coup de lance a une tradition secondaire. Mais, comme nous le verrons, il y a dans le récit de Vensevelissement de Jésus la trace d’une tradition spécifiquement johannique. Ce seul fait nous oblige 4 conclure quil my avail pas de place dans lévangile primilif pour lépisode du coup de lance.

La MIsE AU SEPULCRE

(Jean 19, 38-49. Cf. Mc. 15, 49-47. = Mt. 97, 57-61. = Le. 93, 50-56.)

Jean raconte que Joseph dArimathée, un disciple secret, obtient la permission de prendre le corps de Jésus. Nicodéme vient avec lui, Ils ensevelissent le corps avee des aromates el, pour gagner du temps a cause de la proximité du sabbat, le déposent dans un sépulere neuf qui se trouvail a Vendroit ott Jésus avait été crucific.

Ce récil se sépare sur quelques points du récit paralléle des synopliques.

Mare fait de Joseph un membre du sanheédrin qui attend le royaume de Dieu. Lue précise quil ne s'était pas associé i la décision des autres. Mathieu fait expressément de lui un disciple. Jean résout la contradiction en disant qu il était disciple, mais en secret.

Jean met Nicodéme a cdté de Joseph, mais pour lensevelissement seulement, non pour la démarche aupres de Pilate. On peut supposer qu'il y a dans le fait que le méme role nest pas assigné aux deux hommes, Vindice que deux traditions sont ici juxtaposées. L’une serait celle des synoptiques, l'autre une tradition daprés laquelle Jésus aurait été enseveli par Nicodéme'.

Mare dit que Pilate s’élonne que Jésus soit déja mort. Comme ce détail ne se trouve ni chez Mathieu ni chez Luc, il nest pas nécessaire de penser quil a été omis par Jean

1. Gest ce qui empéche de voir, comme le youdrait SoLTAu (p. 39 s.), dans le récit de Vensevelissement une interpolation d’origine synoptique.

comme ne s’accordant pas avee l’épisode du coup de lance. Il est plus naturel de penser qu'il provient dans Vévangile de Mare dun rédacteur qui, pour répondre aux objections des Juifs, aura jugé nécessaire de faire ainsi constater officiellement la mort de Jésus.

Jean ne parle pas seulement d’ensevelissement mais aussi d@embaumement. Il anticipe ainsi sur ce que, dans le récit de Mare, les femmes se proposent de faire le dimanche matin. Cette transformation est destinée a affirmer la réalité de la mort de Jésus et & empécher les adversaires d’interpreéter, comme une hésitation sur ce point, le retard apporté a Vembaumement. Il semble, en effet, que Jean ait, lui aussi, connu une tradition d’aprés laquelle Jésus n’aurait été mis au sépulere que dune maniére provisoire. I! dit. en effet, que cesta cause de la proximité de la Paque qu’on dépose Jésus dans le sépulere qui se trouvait la, ot il avait été crucifié.

Ce détail peut dailleurs avoir une autre origine. Loisy! a émis l’hypothése que Jean avait placé le sépulere dans le lieu ot. Jésus avait été crucifié, parce que le rituel pascal ordonnail de préparer et de manger Vagneau dans un méme lieu et quil voyait dans ce détail une préfiguration de la mort et de lensevelissement de Jésus. Sil’on admet cette explication®, Jean peut avoir indiqué que cet ensevelissement n’était que provisoire pour ménager une transition entre le récit des synoptiques et le sien’.

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