‹ Les sources du Roman de RenartChapitre 29 sur 55 · C'est là une allusion évidente à l'aventure delà br. II · texte numérisé non relu

C'est là une allusion évidente à l'aventure delà br. II

2. Dans cette même branche XVII, v. 20-45, il semblerait qu'il y eût une autre réminiscence de l'histoire de Chantecler ; en tout cas, elle ne serait que lointaine.

Wsengrimus, comme la branche XVI, ne laisse pas d'affecter une indépendance bien caractérisée (IV, v. 887-1044). Nulle trace de la conversation du coq avec la poule, ni du songe de Chantecler. Mais ces altérations sont motivées par l'aventure précédente qui est celle du Pèlerinage. Les compagnons de Reinardus, se méfiant de lui, se décident à le quitter. Furieux, il se met à leur poursuite et atteint le coq Sprotinus dans une grange ; il l'amadoue par d'hypocrites paroles et l'amène à chan^/ ter comme son père qui

Orbi quadrifido resonum fundebat, in uno Stans pede, piipillam clausus utramque, melos.

(v. 953 sq.)

Il s'en empare, mais est aussitôt poursuivi par une troupe de paysans qui l'ont aperçu ravissant cette proie et l'appellent voleur. Sprotinus engage Reinardus à se disculper:

Et me deposito die : « Plebs insana, silete ! Si porto, cujus rem nisi porto meam ? »

(v. 1017 sq.)

Reinardus dépose donc son fardeau et s'apprête à haranguer la foule; mais son prisonnier bat des ailes et va se réfugier au haut d'un mûrier.

Voyons maintenant l'origine des développements donnés aux différentes parties du récit dans l'épisode de Chantecler.

De ce que cette histoire de Cfiantecler est, on le sait déjà, le sujet d'un poème latin du XP siècle, Sacerdos et lupus, et a pris place dans le Romulus de Marie de France, il ne s'ensuit pas qu'elle soit à considérer dans le Romande Renart comme étant de provenance savante et cléricale. Le poème latin renferme certains traits spéciaux et un développement assez prolixe qui, malgré sa haute ancienneté, lui donnent l'air d'un remaniement très postérieur. * Du reste, la longue application allégorique qui lui sert d'appendice en fait un de ces morceaux à part qui à priori ne doivent pas entrer ici en ligne de compte et n'ont pas pu servir de modèles à nos trouveurs, ennemis de ce monotone et ennuyeux didactisme. Quant à la

1. Grimm und Schmeller, Lat. Gedichten, p. 345 sq. Voir sur ce poème Wackernagel, Kleinere Schriften, II, Leipzig, 1873, p. 272 sq.

fable du Ronmlus, on peut dire hardiment qu'elle est la mise en latin d'un conte certainement en faveur à cette époque et très connu encore de nos jours dans la littérature populaire ; on en a recueilli de nombreuses variantes dans divers pays de l'Europe, et il suffit de mettre en présence le texte du soidisant apologue latin et celui d'une des variantes orales, de la variante basque, par exemple, pour s'assurer que l'un et l'autre sont congénères.

De Gallo et Vulpe.

Gallus in sterquilinio conversabatur; queni Yulpes intuens accessit, et ante illum résidons in haec verba prorupit: « Numquamvidi volucrem tibi similemin décore, nec cuiplus laudis debetur pro vocis dulcedine, pâtre tuo tantum excepto. Qui, cum altius cantare voluit, oculos claudere consuevit. » Gallus igitur, amator laudis, sicut Yulpes docuit, lumina clausit, et alta voce cantare coepit. Protinus Vulpes, in eum irruens,cantum in tristitiam vertit,^ raptumque cantorem ad nemus deferens properavit. Adorant forte pastores in campo, qui Vulpeni profugam canibus etclamoribus insequebantur. Tune Gallus ait Vulpi : « Dicite quod vester sim et quod nichil ad eos spectet rapina ista. » Vulpe igitur incipiente loqui, Gallus, elapsus ab ore ipsius,auxilio pennarum mox in arbore summa refugilun invenit. Tune Vulpes ait: « Vae sibi qui loquitur, cum melius deberet tacere. » Gui Gallus de sublimi respondit : « Vae sibi qui claudit oculos, cum potins eos deberet aperire^. »

' Les finesses du Renard

Renard se mit en quête d'un souper. Il arriva près d'une ferme et s'arrêta à considérer les poules qui picoraient ça et là pendant que Coq, perché sur un mur, chantait son coquerico. Renard dit à Coq : « Feu ton père, quand il chantait, chantait les yeux fermés, et c'était plaisir de l'entendre. » Coq, désireux d'imiter son père, ferma les yeux et reprit son coquerico. Mais il n'avait pas eu le temps d'achever que Renard sauta sur le mur, happa le sot volatile et s'enfuit. Ce que voyant les femmes se mirent à crier : « Le renard emporte la poule ! Le renard

» Hervieux. IL p. 533: cf. p. 726 et 747.

emporte la poule ! — Dis-leur donc que c'est le coq que tu emportes et non la poule » dit le pauvre Coq. Le renard, enchanté de l'avis, desserre les dents pour mieux parler, et aussitôt Coq s'envola et de plus belle chanta Goquerico. « Dorénavant, ditil à Renard, quoi qu'ait pu faire feu mon père, je ne chanterai f plus les yeux fermés. — Et moi, dit Renard tout penaud, je n'ouvrirai les dents qu'a bon escient. » *

La ressemblance est frappante, on le voit, à neuf siècles de distance ; abstraction faite de quelques différences insigniliantes et d'un parfum plus prononcé d'archaïsme dans le texte latin, on pourrait presque considérer les deux morceaux comme contemporains. L'histoire de Chantecler narrée dans la branche n n'est, à son tour, qu'une autre variante de ce sujet populaire. Retirez-en les préliminaires un peu longs quoique intéressants, lesprécautions que prend Renart pour se cacher, la conversation de Chantecler avec Pinte, le récit du songe, vous obtiendrez un résidu analogue de tout point au contenu de la fable du Romulus et de la version basque.

Les deux motifs qui caractérisent l'histoire de Chantecler et la distinguent nettementde la fable ésopique le Chien et le Coq sont celui du chant aux yeux fermés et celui de la ruse du coq y arrivant à sortir de la gueule du goupil. v

Le premier ne se rencontre pas invariablement dans toutes les variantes orales; il semble particulier à celles de l'Ouest. A l'Est, il a été remplacé par une tartuferie du goupil qui se fait passer pour confesseur: il persuade au coq qu'il n'a ni jeûné ni prié depuis longtemps; il lui donne des remords de pratiquer la polygamie ; bref, le coq veut faire pénitence et descend de l'arbre se livrer à son ennemi 2. Mais ce qui prouve l'ancienneté et surtout la fixité de ce trait des yeux fermés, c'est qu'il figure dans une fable de V Ésope cCAdémar, où ce n'est plus le coq, mais une perdrix qui est l'objet de la convoitise du rusé. Cette fable est une de celles que le premier compilateur phédrien n'a point empruntées au poète latin et qu'il a presque toutes tirées du folk-lore de l'époque. ^ Naturellement il ne s'agit pas ici de chant: les flatteries du renard sont, par suite, différentes : « Quam formosa est faciès tua ! cruratuautrostrum, os tuum sicut corallum. Nam si dormires, pulchrior esses. »

' Gerquand, p. 137.

- Afauassiev, I, no^ 4 aet 't b.

■'' Journal des Savants, l^k, p. 6S3 sq.

La perdrix ferme les yeux et est aussitôt emportée : elle prendra tout à l'iieure sa revanche K D'où ce trait a-t-il pénétré dans ce conte? On n'en peut guère rapproclier qu'un récit de Jean de Gapoue où le renard se venge du moineau, qui a donné des conseils à la colombe, en s'emparantde lui au moyen d'une ruse assez semblable à celle qui nous occupe. Il lui demande comment il fait quand le vent souffle de tous côtés : « Je mets la tête sous mon aile », répond le moineau. Et comme le renard prétend que le fait n'est pas croyable, le moineau veut le lui prouver et est aussitôt pris ^. Le trait des yeux fermés est probablement parent de cette tradition arabe ; celle-ci a dû se modifier insensiblement avant d'être devenue ce qu'elle est dans la littérature orale et dans les différents écrits qui s'en sont servis avant le Roman de Renart.

Il y a quelque chose de plus dans ce dernier et dans les versions qui lui sont congénères : le coq dupé devient à son tour dupeur. A partir de là, ces versions rentrent dans le cadre de la fable grecque, mais toujours en le modifiant et l'élargissant. Le coq s'est laissé prendre aux flatteries du renard, et, au moment où il vapérir, la conscience du danger qu'il court lui suggère une ruse qui doit à la fois le sauver et le venger. Il amène adroitement son ravisseur à prononcer quelques mots pour lui faire lâcher prise et s'échapper de sa gueule ouverte.

On ne peut méconnaître dans ce renouvellement du thème fondamental l'influence d'autres récits très nombreux où un animal pris, ou sur le point d'être saisi, engage une conversation avec son ennemi. Telle est, par exemple, la fable ésopique où le chat reproche au coq, avant de le dévorer, ses délits et ses crimes et reste sourd à sa défense 3. Telle est encore et surtout la fable le Bouc et le Loup, qui présente une grande analogie avec cette partie deTépisode de Chantccler. Un bouc serré de près par un loup se retourne et lui dit : « Je vais devenir ta proie, sonne de la trompette pour que je saute et meure avec moins de regret. » Le loup sonne de la trompette, le bouc saute; mais les chiens accourent au bruit de l'instrument et poursuivent le loup ^. Le Roman de Renart lui-même nous fournit un

' Hervieux, II, p. 132.

2 Benfey, Ptsch., I, p. 609 et Derenboarg. Direct, p. 322.; cf. Bleek, p. 21.

sHalin, 14.

♦ Halm, 134.

témoignage de l'indépendance primitive de ce motif. Dans la branche XIV (v. 141-199), nous voyons Renart tenant dans sa gueule un coq en présence de Tibert. Celui-ci, à qui Renart venait de faire couper la queue, trouve là une bonne occasion de se venger. « Le tiens-tu bien? » lui crie-t-il, Renart de répondre affirmativement et le coq de s'envoler. Je me refuse à voir là une simple imitation de l'épisode de Cliantecler i. L'hypothèse serait admissible, alors même que le coq n'est pas ici l'agent de la ruse, si ce stratagème du chat appartenait en propre au Roman de Renart. Or, la littérature populaire, aussi bien que le recueil des fables ésopiques, nous montre surabondamment que ce motif n'était pas lié exclusivement à l'épisode de Cliantecler et qu'il a vécu à l'état isolé, formant à lui seul un récit indépendant. Le coq dans un conte hottentot-, le moi- y neau dans un conte syrien 3, l'oie dans un conte écossais V conseillent au renard de prier avant de les dévorer, et ils s'envolent au moment où leur ennemi commence ses oraisons. Dans un conte malgache^, la couleuvre qui a attrapé la grenouille par une patte lui demande si elle est contente : « Prononce donc mieux, » lui répond-elle; la couleuvre ouvre la bouche et la grenouille décampe. Dans un conte finnois ^, le renard prisonnier dans la gueule de l'ours lui dit : « Gomment peux-tu me traiter si durement ? Je me suis toujours comporté avec toi d'une façon si courtoise! — Toi ! dit l'ours qui lâche prise, et le renard s'enfuit » Dans tous ces contes, l'auteur de la ruse est l'animal qui court le danger. Voici un autre conte finnois où la scène est analogue à celle de la branche XIV. L'oiseau y est délivré par la ruse d'autrui. L'ours portant triomphalement dans sa gueule une gelinotte rencontre le renard qui veut punir son outrecuidance. Il lui demande d'où souffle le vent. L'ours embarrassé montre avec une pantomime expressive le ciel, les arbres, et murmure entre ses dents « Tuu, tuu. » Mais le renard fait le niais et force ainsi son ennemi à desserrer les dents et à donner la liberté à sa victime ^.

1 Telle est en effet l'opinion de Kolmatschevsky, p. 97 sq. et de Martin, Obs., p. 78.

*BIeek, p. 23.

3 Prym und Socin, p. 313.

* Ganipbell, I, p. 267.

K Cité par Gerquand, p. 138 ; cl.Rev. dss Iracl. pop, IV, p. 103, et Tour du monde, X, p. 214.

6 Schreck, p. 194.

nd. , p. 211.

L'épisode de la branche XIV n'est donc pas nne imitation de l'épisode de Cliantecler conté dans la branche II, bien que le coq, en s'envolant, attire par ses cris le paysan Gonbaut qui se met à sa poursuite avec des chiens. C'est un conte indépendant. Quant à celui de la branche XVI, il a certainement quelques rapports avec la branche II : ici et là, le pieu grâce auquel le renard pénètre est pourri; de part et d'autre, il essaie une première fois, sans succès, d'atteindre un coq qui porte le nom de Ghantecler. Mais ce ne sont là que des affinités extérieures; celles-ci ne portent pas sur l'aventure elle-même qui, dans la branche XVI, ne commence, cela est visible, que lorsque Bertolt a remis Ghantecler à Renart. Alors, étant donné ce qui précède, il faut voir dans ce récit du goupil consentant à chanter une chanson au coq avant sa mort une variante du thème de l'animal laissant échapper la proie qu'il tient dans la gueule et non pas une simple imitation de l'histoire de Cliantecler ào. la branche II. La meilleure preuve, d'ailleurs, en est dans le raccord maladroit qui termine l'épisode. Pour conserver ses droits à la tradition, le trouveur de la branche XVI, comme celui de la branche XIV, a tenu à mettre en scène des chiens dont la présence n'était nullement nécessitée par le sujet, ici surtout, puisque le coq avait été donné et non volé. Pour cela, le poète a dû faire appel au hasard : les lévriers qui font décamper Renart le rencontrent tandis qu'ils poursuivent un porc à travers la plaine. Rien de plus inutile, de plus déplacé.

Si maintenant nous rapprochons ces contes populaires que nous venons d'énumérer et les récits des branches XIV et XVI, d'une des fables d'Alcuin, Gallus et Lupus, nous allons constater encore une fois l'indépendance ancienne du motif en question et,en outre, être mis sur la voie de l'origine de ce motif.Un coq, en train de chercher sa nourriture, est enlevé par un loup. Il flatte alors le loup sur sa belle voix qu'il a si souvent entendu vanter :

Saepe meas tua fama, lupe prefortis, ad aures Venit, et ignoto monuit rumore, quod altum Vox tibi magna sonum Claris concentibus edat, Nec tantum doleo, inviso quod devoror ore. Quantum, quod fraudor, liceat ne dicere de te Gredere quod licuit.

Le loup ouvre la gueule pour chanter, et le coq s'enfuit^. On 1 R. Fachs, p. 320; cf. p. GLXXXIII. On peut en rapprocher la

a l'habitude de rattacher cette fable à hi série des versions latines parentes de l'épisode de Chantecler. Elle n'a pourtant de commun avec cet épisode que la ruse du coq, tout comme le récit de la branche XlVet les contes populaires précités. Elle est donc, comme ceux-ci, une variante du thème de l'animal s'échappant de la gueule de son ravisseur par l'effet de sa propre ruseou de celle d'un autre,thème qui, dès le VHP siècle, constituait dans la littérature écrite un conte indépendant.

Quel est maintenant le mobile qui décide le loup à desserrer sa mâchoire et à lâcher sa proie ? N'est-ce pas un mobile semblable à celui qui décide le corbeau dans la fable ésopique bien connue à laisser tomber le fromage qu'il tient dans son bec ? Le coq, dans Alcuin, n'adresse-t-il pas au loup des flatteries absolument Semblables à celles qui servent au renard pour s'emparer du butin du corbeau ? C'est un rapprochement qui s'impose à la simple réflexion. Cela ne revient pas à dire que la fable d'Alcuin, pas plus que les contes populaires ses congénères, soittiréedirectementde la fable grecque /e Renard et le Corbeau. Ce serait aller trop loin. D'une part cette dernière fable, d'autre part celle du Bouc etduLoup,Q,e\\Q d'Alcuin et toutes les autres versions sont des développements parallèles d'un thème unique, celui d'un animal cherchant et réussissant, soit par des flatteries, soit par un autre moyen , à faire lâcher prise à son ennemi tenant une proie. Si maintenant la fable d'Alcuin se rapproche plus de la fable le Renard et le Co7^beau que les autres variantes, cette ressemblance est due uniquement à une réminiscence, d'ailleurs assez maladroite, du texte grec ou à une conscience de l'analogie de la situation dans l'un et l'autre développement du thème; et, par suite, les deux traditions qui étaient parties d'un point unique et avaient bifurqué sont venues se réunir et se rejoindre dans cette fable du plus grand savant du Ville siècle.

En résumé,cet épisode de Chantecler qui asùrementété transmis à notre trouveurpar la voie populaire, quoique sa rédaction rappelle celle du \)ohmQ Gallus et Vitlpes et de la fable du Ronyulus de Marie de France, est un des plus curieux spécimens d'agglomération et de superstructure de récits. Au vieux

fable Doit loif. cl de Voue de Jean de Boves (Barbazan et Méon, Fabliaux, III, p. 53-55). Voir sur la fable d'Alcuin Wackernagel, Kleinere Schriften, II, p. 257.

fonds que nous offre encore la fable grecque sont venus se superposer, pour le renouveler et en faire un drame des plus ravissants, deux contes indépendants, celui de l'animal qui se laisse persuader de fermer les yeux et celui de l'animal qui fait lâcher prise a son ennemi. Son dénouement lui-même, bien qu'il ressemble au dénouement de beaucoup d'autres contes, en nous représentant le goupil poursuivi par des chiens et des paysans, n'a rien de banal : ici, ce lieu commun est relevé par le dialogue entre Renart et Chantecler, par l'envolée de celui-ci et le désappointement du voleur de poules qui n'a même pas la consolation de pouvoir répondre aux paroles ironiques que lui lance son prisonnier du haut de l'arbre où il s'est perché.

Renart et la Mésange.

Suite de l'aventure du renard et du coq dans VYscngrimus. — Elle a sa source dans les récits français sur RenarL et la Mésange. — Double forme qu'a ce conte dans le Reinharlet dans le Roman de Renart. — Cette dualité se retrouve en dehors du cycle.

L'épisode de Chantecler a, dans YYsengrimus (V,v. 1-317), une suite que j'ai laissée de côté parce que, comme on va le voir, elle a avec lui un rapport seulement indirect. C'est ici le moment d'en parler. Quand Sprotinus s'est réfugié au haut d'un mûrier et que la foule des poursuivants s'est dispersée, Reinardus ne se tient pas pour battu. 11 revient au pied de l'arbre et, par un long discours, il essaie de persuader au coq y que la paix est faite et jurée entre tous les animaux : J

Aspice signatam, si non mihi credis, (et offert Quam tulerat), cartam; nuncia pacis adest.

(v. 157 sq.)

Mais la vue de cette charte signée ne convainc pas Spi'Otinus qui parvient enfin à se débarrasser de son ennemi en lui annonçant l'arrivée de chasseurs et de chiens.

11 faut avouer que ce retour du renard armé d'une nouvelle ruse est une addition d'un goût douteux. Pourquoi prolonger ainsi l'aventure, puisque la poursuite dont notre héros était l'objet et l'imminence du danger devaient naturellement lui faire perdre de vue la proie qui lui avait échappé ?

La seule excuse de Nivard est l'existence dans la tradition du cycle, pour ce conte, de deux formes distinctes qu'il a cru bon de réunir en un seul tout : l'une, où le coq pris d'abord se sauve grâce à la réponse qu'il suggère au goupil ; l'autre, où le coq perché sur un arbre ne se laisse pas prendre aux belles paroles du goupil qui fuit interrompu dans son discours par

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