‹ Les sources du Roman de RenartChapitre 4 sur 55 · P. XXV · texte numérisé non relu

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forme originale d'un conte, les éléments simples dont se composaient primitivement son nœud et son dénouement, qu'estce autre chose que ce résidu sinon une combinaison d'idées si communes, si Jjanales qu'il est difficile de lui assigner comme patrie telle région plutôt que telle autre ? La légende si répandue dans l'ancienne Grèce de Phryxos et de sa sœur Hellé condamnés par les intrigues d'Ino à être sacrifiés et se sauvant sur le dos du bélier à la toison d'or an moment où ils vont être immolés n'apparaît, quand on la compare à de nombreux contes populaires, que comme le développement diin thème des plus vagues et des plus généraux, celui d'enfants qui maltraités chez leurs parents s'enfuient à l'aide d'un animal ou autrement et commencent une série d'aventures '.

On voit donc de quelle réserve il faut user dans cette question de l'origine et de la transmission des contes ; l'on marche presque toujours sur un terrain mouvant qui se dérobe sous les pas. Toutefois il faut faire exception pour une grande partie du folk-lore animal. Lii^ du moins, grâce aux personnages qui sont en scène et aux positions respectives qu'ils occupent, on possède quelques indications permettant de les grouper avec méthode et de déterminer leur influence historique. La lixité de certains animaux comme héros favoris, formant en quelque sorte un centre autour duquel les autres se meuvent, et aussi la fixité des rapports entre ces héros et leurs satellites, voilà deux faits généraux qui étant reconnus comme })ropres à telle ou telle nation semblent nous donner le droit de lui attribuer le mérite sinon d'une création indépendante, du moins d'une possession immémoriale.

Il a été établi en effet, d'une part, que, dans le Nord de l'Europe, il existe uii ensemble de récits où l'ours est le personnage principal et trouve en face de lui presque invariablement le renard, le premier éternel dupé, le second éternel dupeur. Ils vivent côte à côte, sur un pied d'égalité parfaite ; mais l'un abuse de la stupidité de son compagnon pour lui vider sur la tête tout un sac de malices. Ces contes, on les retrouve sans doute ailleurs, au centre et au sud de l'Europe, et jusqu'au fond de l'Afrique et de l'Asie, jusque sur le Nouveau Continent. Mais leurs variantes ont remplacé en général l'ours par le loup ou un autre animal. En outre, plus on s'éloigne du

1. Voii- là-dessus A. Lan.iJ-, Mi/lhologic, trad. l*anneiitier, Paris, 1886, p. 213 sq.

Nord de l'Europe, plus les traits fondamentaux et caractéristiques des sujets vont se dégradant et s'altérant. Seules ou presque seules les variantes septentrionales ont gardé le personnage original et lidèlenient respecté la forme native. On a donc de fortes présomptions pour admettre que cette tradition des rapports entre le renard et Tours a pris racine et s'est développée dans l'Europe du Nord avant de projeter et d'étendre ses rameaux sur le reste du globe ^.

Nous retrouvons le renard ou plutôt un animal dont il a pris la place, le chacal, compagnon assidu non plus de Tours mais du lion dans un grand nombre de contes orientaux. Toutefois ici les rapports qui unissent ces deux bêtes ne sont nullement analogues aux relations (]ue la tradition de l'Europe septentrionale établit entre le renard et Tours. Le lion, on le sait, est représenté dans les récits indiens comme le roi des animaux ; ceux-ci forment autour de lui une cour humble et servile ; son despotisme n'exclut pas, il est vrai, un certain aveuglement d'esprit et souvent même une grande naïveté; mais on sent toujours le monarque dans ses moindres actes et dans toutes ses paroles. A ses côtés marchent la plupart du temps deux ministres, deux serviteurs attentifs à tous ses désirs, à tous ses besoins ; ce sont le chacal et l'hyène, rivaux l'un de l'autre, sans cesse en querelle, et caractérisés le premier par une ruse aux expédients sans nombre, l'autre par une insatiable gloutonnerie et une basse férocité. Or ces contes si différents de ceux du cycle dont je viens de parler se retrouvent, comme eux, répandus ailleurs, particulièrement en Europe, et, comme eux aussi, ils ont vu, sur un autre sol que le sol natal, leurs données primitives s'altérer et leurs personnages échangés contre de nouveaux représentants. Le lion a presque complètement, pour ne pas dire tout à fait disparu ; multiples sont ses substituts qui ne rappellent ni son^ prestige ni sa majesté. Quant aux épisodes de la lutte incessante de Thyène et du chacal se disputant les miettes du festin de leur seigneur ou s'accusant mutuellement en sa présence, ils sont devenus, à mesure qu'ils pénétraient dans les pays où non seulement le lion mais le chacal et Thyène étaient inconnus, des histoires île démêlés entre le renard et le loup. Qu'est-il arrivé de leur importation dans le centre de TEu-

1 Telle osl, la tlirsc (ir'vclopjM'c par K. Krnliu dans le livre cité plus haut iï^n- inul Fuchs.

l'ope? Comme ces histoires d'origine et de couleur asiatiques du renard et du loup étaient supéi-ieures par le nombre aux histoires septentrionales du renard et de l'ours et (ju'elles étaient sans doute étal)lies sur notre sol avant l'immigration de celles-ci, elles leur ont naturellement imposé leur forme. Les deux cycles une fois en présence, le besoin d'assimilation se fit sentir : le renard jouant dans l'un et dans l'autre le même rôle, ici en face du loup, là en face de l'ours, et celui-ci étant représenté avec des instincts et une stupidité approchant de celles du loup, le loup resta seul comme antagoniste du renard, et ainsi deux familles de contes fondées sur des conceptions différentes et venues de deux points opposés se mélangèrent dans une harmonieuse unité.

Cela revient à dire que le folk-lore animal de rF]urope centrale, tel que nous le possédons, est en grande partie composite et n'a rien de visiblement autochtone. Ses éléments sont doubles : une partie nous a été fournie par le Nord; l'autre, la plus considéral)le, nous vient du fond de l'Asie. La question de l'origine préhistorique des contes est-elle pour cela supprimée ? Point du tout. Il serait en effet difficile d'admettre que nos ancêtres eussent attendu cette doul)le immigration pour s'intéresser à des histoires d'animaux; sans doute ils en avaient possédé auparavant qu'ils ont délaissées peu à peu. D'ailleurs les contes du renard et du loup, bien que très nombreux, ne composent pas tout le trésor des contes d'animaux ; on en possède beaucoup d'autres d'une origine moins déterminable et pour lesquels la question est facile à soulever. Mais on comprendra que, pour notre part, nous n'ayons à discuter ce problème que d'une façon exceptionnelle et avec prudence. Les contes oraux de divers pays que nous aurons à comparer avec ceux du Roman de Renart sont-ils indigènes ou exotiques? Sont-ce des arbustes de la région même où ils se trouvent aujourd'hui mais dontlasève a été renouvelée par la greffe de rejetons étrangers, ou simplement des plantes acclimatées sous un nouveau ciel et dans un nouveau sol ? Nous n'avons à nous en préoccuper que fort peu ou incidemment. L'essentiel pour nous était de constater l'existence de ces contes, les rapports révélateurs de leurs différentes formes et l'intérêt et l'utilité que peut offrir leur étude.

Cette utilité et cet intérêt ressortent encore bien plus lorsque, ne considérant pas seulement les contes en eux-mêmes, on envisage aussi l'immense contribution qu'ils ont apportée

à la littérature écrite de tous les temps et de tous les pays. Les examiner sous cet aspect, c'est constater à la fois et leur haute antiquité et le rôle considérable qu'ils ont joué dans l'histoire du développement intellectuel de riiumanité. Voyons rapidement ce que la littérature écrite doit en particulier aux contes d'animaux.

Parmi les conseils que Quintilien donne à ceux qui se destinent à l'éloquence, il recommande de s'exercer à reproduire en un langage clair et simple les fables d'P]sope et il s'exprime ainsi : « J^sopi fabellas quaî fabulis nutricularum proxime succedunt narrare sermone puro etnihil se sui)ra moduni extollente... condiscant. ))'^ Si Quintilien avait vécu de notre temps, peut-être aurait-il complété ce rapprochement entre les histoires de nourrices et les apologues ésopiques : il ne se serait pas contenté de dii'e qu'ils se succèdent dans l'éducation; il aurait ajouté qu'ilsne sont au fond qu'une seule et même chose. Ce n'est pas en etîet un des moindres résultats de la science inaugurée par Jes frères Grimm (jue la découverte des rapports étroits qui unissent ces leçons de morale que nous avons héritées des Grecs et des Latins à ces histoires sans prétention didactique qui font encore la joie des veillées au fond de quelques-unes nos provinces. Oue de sujets traités par Phèdre et par Babrius se retrouvent dans les recueils de contes populaires ! Personnages, situations, incidents, tous les principaux détails sont quelquefois semblables de part et d'autre, avec cette ditïérence que chez les premiers le développement de l'action est plus ramassé, plus sobre, combiné qu'il est en vue d'une impression esthétique à produire ou d'une leçon morale qui doit en découler : chez les autres, au contraire, le drame s'appartient à lui-même, se déroule librement et n'a de limites que celles qui lui sont assignées par la peinture des caractères et la vraisemblance des événements.

D'où provient cette communauté de biens ? La première réponse qui se présente est naturellement celle-ci : les contes d'animaux seraient sortis des fables; celles-ci, créées par des esprits ingénieux, auraient peu à peu dépassé le cercle des lettrés, pénétré dans la foule et en s'y insinuant auraient perdu leur caractère allégorique pour ne conserver que le pi({uant de la narration et l'agrément de l'iuiecdote. Cette solution paraît d'autant plus acceptable qu'on peut l'appuyer sur certains

» Deinst. ovat. I, 9.

faits. Pour n'en citer qu'un et qui est d'assez fraîche date, la littérature orale de la Finlande s'est incontestalilement approprié certaines fables ésopiques dont nue traduction avait paru dans ce pays en 1784 K Rien de plus naturel : entre les lettrés et la masse des ignorants sont les demi-savants ; ceuxci servent d'intermédiaires et c'est en passant par leur bouche que la fable se dépouille de son austérité et devient une simple histoire pour rire, un conte.

Mais ce ne sont là que des faits isc-lés, et la preuve ]-esterait à faire pour tout l'ensemble des contes populaires qui laissent bien loin derrière eux pour la richesse et la variété la collection des fables antiques. « Lît. fable et la morale, a-t-on dit à propos des apologues d'Ésope et de Phèdi-e, semblent n'être qu'un raisonnement dont l'une forme les prémisses et l'autre la conclusion. Le sujet n'a pas été trouvé avant la morale ; le moraliste a commencé, la fable a suivi -. » Ce jugement, malgré son apparente rigueur d'axiome géométrique, est inacceptable ; il est en contradiction ab solue avec ce que nous savons sur le développement de la fable chez les Grecs. En effet les apologues de Babrius n'avaient pas primitivement d'atïabulations ; celles dont on les a pourvus plus tard ne méritent guère le titre de « prémisses » du récit : leur forme est des plus in^ correctes et leur valeur littéraire est nulle ^. De même la plupart de celles qui accompagnent les quarante-deux apologues d'Avianus, pour ne pas dire toutes, sont l'œuvre d'interpolateurs^. On n'a pas à mettre ici en ligne de compte, vu que la rédaction en est moderne dans sapins grande partie, la compilation de Plnnude. D'ailleurs si l'on admet avec certains savants qu'elle n'est que la mise en prose du recueil en vers scazons de Babrius -', il est à croire que ses épimythies ne sont pas plus authentiques que celles de l'original lui-même. Non moins apocryphes sont celles de Phèdre. «La morale, a-t-on écrit à leur propos, est souvent assez gauchement accolée au récit pour forcer à ne pas la croire de la même venue. Toutes les fables n'en ont même pas: au lieu d'un précepte, ce

1 Mann und Ficchs, p. 63, sq.

2 D. Nisard, Hist. de la litl. française, III, p. 138.

3 Voy. Rutlierford, Babrius, London, 1883, p. LXXXVI sq.

4 Voy. Yi'OihnewAviani fabulœ. Lipsiœ, 1802, p. 50sq. et l'édition d'ElUs, Oxford, 1887, p. XXXII sq.

s Jacobs, Hist. of the uEsop.. fahlc p. 17 sq.

DES (;ONTES ET DES EABLES [■)

n'est parfois qu'un résumé ou un argument littéraire, et cette variété de forme prouve que leur composition n'était dominée par aucune idée systématique '. » Les Grecs donc, loin d'avoir créé la morale avant le récit, ne la considéraient jms comme inhérente à lui, comme indispensable.

Mais en supposant même que tous les apologues antiques, ceux de Babrius et d'Avianus aussi bien que ceux de Phèdre, eussent été à l'origine précédés ou suivis d'épimythies, celles-ci n'en auraient pas moins un caractère adventice et artificiel. A quelle époque en effet remonte l'habitude de faire des collections de fables ? A l'époque de la décadence littéraire delà Grèce, à l'époque où, la parole étant chassée de la tribune, commencent à fleurir les écoles de rhétorique. L'éloquence s'apprend désormais comme un métier : on collectionne les règles, on collectionne les tournures, on fait des recueils d'exemples des écrivains classiques. Bien vite les fables viennent figurer parmi ces recettes propres à faire un élégant discours. Jusqu'à ce moment — et alors même qu'ils étaient attribués à Ésope et mis sous son nom — les apologues avaient été pour ainsi dire un accident dans la littérature grecque ; ils a})paraissentçà et là chez Hésiode, chez les lyriques, chez Platon, chez Aristophane ; ils y servent à toutes lins, tantôt à un but politique, tantôt à un but moral, tantôt même à un but comique. Tout à coup, ces éléments épars se réunissent et prennent corps ; une première compilation parait et quel en est l'auteur? Un rhéteur, Démétrius de Phalère. - L'a-t-il faite en archéologue plutôt qu'en maître d'éloquence ? 11 serait difficile de le dire. Mais on est moins embarrassé de décider le cas pour Nicostrate auquel on attribue un second recueil. C'était en effet un contemporain d"Hermogène, ce fameux rhéteur qui éclipsa si longtemps dans les écoles Platon, Aristote et Gicéron. Dans les Progymnusmata d'Hermogène, on voit l'usage constant des fables comme exercices oratoires. Composer une fable d'après une morale donnée, tirer la morale d'une fable donnée, construire un récit où soient mis bien en relief les caractères d'animaux donnés, tels étaient les sujets qui

1 Ed. Du Méril, Poésies inédites, p. 7-2. Une faut pas oublier non plus que les trente-deux fables nouvelles de Perotti n'oliVcnt point de morales.

2 II s'agit des Xôytov Alacozzuov c-uvaywyaî dont la composition lui est attribuée par Diogène de Laérce.

servaient à assouplir le style et à produire la science du développement. Les Acxa[i.ueîa de Nicostrate ont certainement servi de textes tout préparés pour ce genre d'exercices*. Il serait peut-être téméraire d"aftirmer, comme on l'a fait, que le recueil de Babrius n'est autre que celui de Nicostrate mis en scazons grecs et le recueil de Phèdre celui de Démétrius mis en ïambiques latins 2; mais on ne peut se refusera croire qu'il soient sortis de la môme source, de ces écoles d'éloquence où des cahiers d'apologues se transmettaient de génération en génération. Ils sontl'unetrautre des transcriptions de manuels d'apprentis orateurs, transcriptions fines et agréables sans doute, mais qui ne peuvent guère, en raison de cette origine, être pompeusement traitées d'interprètes de la sagesse antique.

Ainsi rien ne nous prouve que chez les Grecs la fable soit sortie de la morale : cela peut être vrai de quelques apologues nés dans les écoles des rhéteurs : tous les autres furent progressivement de simples récits dont chacun put tirer l'application qu'il voulait. D'ailleurs, ne s'impose-t-il pas à la réflexion que ce qui a frappé tout d'abord les hommes dans le spectacle que leur ofirait chaque jour la vie animale, ce ne furent pas les conséquences pratiques, les préceptes à leur usage qu'ils pouvaient en déduire, mais plutôt les analogies qu'ils remarquaient entre les mœurs des bêtes et les leurs? Cette observation fut objective avant d'être subjective. Ce fut plus tard que le moraliste sévère remplaça le contemplateur fin et malicieux et tira parti pour la sagesse humaine de ces inventions naïves où la libre lantaisie du travestissement se mêlait à l'observation exacte de la réalité. La chose semble d'ailleurs pleinement confirmée par un antique recueil indien, celui des Jàtahas. Ce recueil qui date de plus de 400 ans avant Jésus- Christ se compose, en grande partie, comme les recueils ésopiques et phédriens, de récits d'animaux ^ ; mais leur application n'est pas la même; ici, ils ont pour but, non pas de donner des règles de conduite, mais de raconter les difierentes et premières incarnations du Bouddha. Or rien n'est bouddhique au

1 Rutherford, p. XL.

2 Jacobs, p. 123 sq.

» Ces récits sont épars en grand nombre dans les livres canoniques. On en possède un recueil spécial composé de 500 morceaux dont une partie seulement a été traduite.

fond des contes de ces Jàtahas que Tappropriation de ces histoires de bêtes à une lin religieuse. Il est facile de les dégager de ces éléments adventices au milieu desquels ils sont enchâssés 1, et, quand on l'a fait, on se trouve en présence de récits de la plus grande naïveté et qu'on peut rapprocher, pour la fraîcheur, des meilleurs des contes populaires.

Qu'est-ce à dire, sinon qu'il existait dans l'Inde un fonds immémorial et préhistorique de contes où chacun a puisé tour à tour pour revêtir certains d'entre eux tantôt d'une forme religieuse, comme l'ont fait les auteurs desJàtaJ^ffs, tantôt d'une forme didactique et morale, comme l'a fait plus tard l'auteur du Pcmtchatantra ? Une pareille couche n'existait-elle pas aussi ancienne et aussi riche dans la Grèce même, et n'est-ce pas d'elle que se sont successivement détachées ces fables cypriaques, libyennes, cariennes, phrygiennes, sybaritiques et autres que nous savons avoir été si célèbres au YI'' siècle -, ces apologues épars dans les écrits d'Hésiode, d'Archiloque, d'Hérodote, d'Eschyle et de tant d'écrivains ^ qui, en les contant, n'en ont point attribué l'invention à Esope et par cet anonymat nous ont en quelque sorte avertis qu'ils étaient la propriété de tous et des parcelles de ce trésor populaire dont chacun était le dépositaire et l'héritier? Et les fables mises par Démétrius de Phalère sur le compte d'iilsope, celles qui nous ont été transmises par Bal.)rius, Avianus etPhèdre,nc sont-elles pas elles aussi pour la plupart originaires de cette source mystérieuse? La question des emprunts des fables grecques aux febles indiennes et de celles-ci aux fables grecques est loin d'être résolue^. Si dans certains cas on x>eut établir entre elles

1 Un jàlalxa se coiiipose en effet d'une ou de plusieurs stances très anciennes qui contiennent une allusion au ré?it, du récit luimême et enfin d'un commentaire qui fait l'application du récit à l'une des existences du Bouddha. Voir Barth, Mélusine, IV, p. 559.

2 Burnouf, Hlst. de la liit. r/recqiie, I, p. 69, note.

•J Voir dans Jacobs, p. '26-^21), une liste complète de ces fables anciennes de la Grèce.

''■ Cette question déliattue jadis par Wagener, Mémoire sur les rapports des apologues de l'Inde et de la Grèce, Bruxelles, 1854, par A. Weber, Indische Siudlen, III, o'27-72, par Benfey dans son Introduction du Pantchaianlra et par(j. Keller, Jahrh. /'. classische Philolofiie IV. SupplementJDand o07-4IS a été reprise récemment par Rutherford dans Tintroduction desouBabrius et par Rhys-Davids clans l'introduction de sa traduction de quarante des Jâtakas, Buddhisl Birih Stories, I, ïriU^ner 1880.

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