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plus dune fois cité : « Ce qui demeure, après toute aboliiio] volonté.est sans doute, pour ceux qui sont encore pleins de volon
l'infinité du vouloir 305
C'esl ainsi que les Hindous appellent Dieu néant, pour signifier qu'il n'est rien de ce que nous, chétifs, nous appelons l'être. Mais ce n'est là qu'un symbolisme. Le pessimiste ne s'élève pas jusqu'à ce symbolisme profond. 11 ne voit pas que sa négation de la vie contient l'affirmation d'il ;; id ;aï de vie, et que tous ses blasphèmes à l'adresse les divinil >s mensongères ne sont au fond qu'un hymne au Dieu inconnu.
Denys l'Aréopagite prétendait que la nuit exprime Dieu mieux que la lumière : l'attitude des pessimistes me rappelle ce mot. Leur néant, c'est la nuit sacrée, la nuit divine chassantles fausses lueurs qui remplissent nos yeux de chair; mais cette négation, ils devraient voir qu'elle contient une affirmation souveraine: l'affirmation d'un nnu nécessaire, d'un inconnu caché, mais sans lequel ni le monde, ni eux-mêmes, ni leur négation ne serait.
Quoi qu'il en soit, et sans vouloir conclure encore à la lé du souverain Bien, je constate qu'à l'état idéal tout an moins les pessimistes le posent comme les autres. Ils ne le posent pas seulement, ils l'aiment. Réelle bu aifectée, la profondeur de leur désespoir ne prouve jpfiine chose : l'immensité de leurs aspirations. Derrière ;rand désabusé, cherchez le grand ambitieux, vous le trouverez à coup sûr, et toutes ses négations ne lui feront pas un masque assez large.
Trompé dans une attente passionnée, l'homme du
liéanl se retourne pour jcler l'anathème à ce monde, qui
sa déception cruelle. Voyant que la vie est éphémère,
lise prend à envier l'éternité de la tombe. Sentant que
•action est vaine, il aspire à l'immense repos. Sachant
lie i; n'est qu'un cliquetis de termes vides,
vent rentrer dans le grand silence. Ayant expérimenté
h, souffrance et la vanité plus décourageante du plaisir,
In rien; a ip roque ment, pour ceux chez qui la volonté est
Irrivé - elle-même, pour ceux-là, c'esl notre prétendu
lionde, avec I m:- Lis e1 ses voies ! [ui est lui-même
In rien. » [Du Monde, connue volonté et comme représentation.
fine.)
il a soif de coucher ses membres et de goûter la paix.
Requiescam in pace ! c'est l'imagination lugubre el douce dont il repaît son cœur; c'est l'hallucination qui l'enchante. Et il ne s'aperçoit pas qu'il n'aime co grand rêve triste que pour faire trêve à l'obscure souffrance de ses désenchantements.
Le repos, n'est-ce donc pas une forme de la vie? Le silence n'est-il donc pas une forme de la science, colle qui consiste à savoir qu'on ne sait rien, et le silence de Socrate n'est-il pas un hommage à la vérité?
La haine delà souffrance n'est-elle pas faite de l'amour des joies, et la haine de la joie elle-même, considérée comme vide, n'est-elle pas un hommage aux joies pleines auxquelles on rêve sans les espérer?
Les pessimistes ne font donc que courir de tout l'élan de leur âme vers le Bien éternel et insaisissable. Ils étreignent, dans la personne de ce néant aimé, la seule forme] de bonheur qu'ils soupçonnent et la seule forme d'éternité à laquelle puisse croire leur aveuglement; mais c'est toujours le bonheur et c'est toujours l'éternité qui les attirent. Ils ne reviennent de tout, découragés et vides, que parce qu'ils étaient partis en guerre, comme les autres, à la recherche de l'infini et que cet infini se refuse à Tembrassement ineffable.
C'est un chagrin d'amour, qui les amène à ce cloître éternel.
« Oh ! n'avoir pas été! » s'écrie un de nos savants <•( temporains! Et, se ravisant tristement : « Vœu inutil ajoute-t-il ; mais ne plus être ! ce vœu-là, du moins, n'esl pas vain. Il sera exaucé. »
Je ne me moque pas; je sais la sincérité profonde d( ces paroles, dont l'auteur, malgré le monde d'idées qi nous sépare, veut bien m'appeler son ami. Mais je h dis : Vous vous trompez ! Vous dites que vous aimez lf mort ? Non, mon cher grand savant, ce que vous aimez ce n'est pas la mort, c'est la vie ; ce n'est pas le néant c'est Têtre. Seulement, vous êtes difficile ! et l'être qu se voit ne vous satisfait pas. Vous avez bien raison ! Moi j'ai l'autre, et sans le connaître, vous-même vous avan