‹ Les Sources et la croyance en DieuChapitre 27 sur 50 · L'INFINITÉ DU AT)ULOIR · texte numérisé non relu

L'INFINITÉ DU AT)ULOIR

i termes poncifs ou gouailleurs, la pensée que Pascal [primait, lui, en sa langue éternellement humaine : Quelle chimère est-ce donc que l'homme! Quelle nouante, quel chaos, quel sujet de contradiction!... S'il se mte, je l'abaisse; s'il s'abaisse, je le vante et le contrctoujours, jusqu'à ce qu'il comprenne qu'il est un ;'C incompréhensible. »

| faudra pourtant bien que nous l'analysions, ce mons-

Un objet de nature ne peut être une énigme éternelle.

oit y avoir une solution. Le désir infini doit avoir un

ci : la nature ne lance pas ses produits vers le vide.

'aut que l'idéal soit réel, ou bien nous-mêmes, nous

le serions pas; car l'appétit de l'idéal, c'est nous-

êmes en tant que pensants et voulants, et dire que cet )étit est sans objet, c'est dire que nous sommes définis r le rien, ce qui nous réduit à n'être rien, quand nous

mmcs !

Où donc est-il, cet inaccessible nécessaire? Api notre puissance de désir s'est montrée, qui

qc va subvenir à notre impuissance d'action, au vide nos objets? Nousavons soif; mais d'une soif de source, ;i (''une soif de ruisseau, et c'est pourquoi le Christ, :idant donner satisfaction aux soifs de l'homme, jail : Celui quiboirade l'eau que je lui donnerai, celuin'aura jamaissoif; car l'eau que jelui donnerai deviena en lui comme une source d'eau vive jaillissant éter- Uement.

C'est lui, c'est Dieu, qui doit faire irruption dans tre àme pour y être la source d'où jaillira pour elle vie pleine.

Le faire entrevoir comme notre objet dernier, c'est le

Dblème final vers lequel nos éludes s'acheminent ; mais

ne m'en voudra pas de l'avoir difïeré quelque peu.

ut ce ([ne nous disons y concourt. Sans ce (pie nous

ons, on ne goûterait pas autant qu'il le faudrait la

iclusion dernière. Il faut sentir le vide, pour bien juger

la terre ferme ; il faut nier la vie, pour rebondir jusqu'à la véritable vie.

L'homme qui est revenu de tout est préparé pour une attente religieuse. Ayant tout derrière soi, aucun écran ne lui voile plus l'infini. lia traversé la région des nu et des mirages ; il a délivré son cœur des faims factices que rassasient l'un après F autre les vains objets, et ressentant en soi dans toute sa profondeur impérieuse le vide incommensurable et certain qui est le fond de notre être, il est tout prêt à reconnaître et à adorer à genoux l'objet idéal et réel, ineffable et vivant qui pourra le combler.

« Seigneur, disait saint Augustin, vous nous avez faits pour vous, et notre cœur sera dans l'inquiétude jusqu'à ce qu'il se repose en vous. »

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