‹ Les Sources et la croyance en DieuChapitre 35 sur 50 · Politique, L. 111, c. m, g î (l)idut · texte numérisé non relu

Politique, L. 111, c. m, g î (l)idut

o'est pas Dieu qui commande directement; m s! en

son nom que la raison commande '. »

Platon avait dit avant lui que nul homme ne fait à proprement parler des lois; mais que c'est Dieu qui esl ! vrai dominateur de tous les êtres raisonnables. Après avoir, dans son traité des Lois, cité les fables antiques relatives au gouvernement des dieux, il concluait : « Nous devons par tous les moyens nous rapprocher de ce régime, c'esH à-dire que, nous confiant à ce qu'il y a d'immortel dans l'homme, nous devons fonder les familles et les étal consacrant comme des lois les volontés de l'Intelligence créatrice. »

Plus tard, résumant toutes les autorités classiques et» ajoutant le poids de la sienne, Cicéron écrira : « La loi véritable, c'est la raison conforme à la nature des choses qui nous porte à faire le bien et à éviter le mal. Elle ne commence pas à être loi au moment où on récrit ; mais elle est loi dès sa naissance, et elle est née avec la raison divine. C'est pourquoi la loi véritable et souveraine à laquelle il appartient d'ordonner et de défendre, c'est la droite raison du Dieu suprême 2. »

Ce langage est grand. Reste à savoir s'il est justifié, el si nous pouvons maintenir aujourd'hui un point de vue quêtant de noscontemporainsvoudraientappelersuranné. L'un d'eux a écrit — et ce n'est pas un des moindres — « Le droit fondé sur Dieu aboutit à la suppression du droit humain 3. » S'il en était ainsi, je ne voudrais à aucun prix insister sur une thèse caduque, et risquer par là de compromettre, en la solidarisant avec elle, l'idée que nous défendons. Mais j'en appelle de cette sentence, et j'invite lelecteurà peser mûrement les quatre aflirmalions suivantes :

Ce qui commande, c'est la loi

La loi, c'est la raison, ou rien.

La raison, c'est Dieu, ou rien;

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