I. Le texte porte : rjui fait qnU nouvelle
a. L'auteur oubliant le flébiitilesa plirase 3. Ils partirent \('. i^ juillet. V. p. aSS.
la laisse inachevée et en commence une 4- Une légentlecpii avait coursau Maroc,
et que celuy quia ravyce tiesor au roy, mon père, avoit commission du roy de France*, neanmoingz j'oublie le tout, sur la grande réputation du gi'and roy Louis le Juste, monarque des François ; je désire son amityé et rendray tous les François. Je suis bien taché de ceux qui sont mortz, car je les aurois tous renvovez à Sa Majesté Très-Chrestienne, encor qu il ne m'eust envoyé aucun présent. »
Ledit Frère Rodolphe luy porta aussy la lettre du s'' chevalier de Razilly, dont la teneur ensuit :
Lettke de Razilly a Moulay Abd el-Malek.
Evénements (jiii l'ont empêché de retourner plus tôt au Maroc. — Il a pour mission de renouveler les anciennes alliances entre le Marne et la France. — Il s'excuse de ne pouvoir aller rendre ses hommatjes au Chérif. — Il a eu la douleur d'apprendre la mort des capucins et des (jentilshommes cjui étaient venus avec lui, en 1O24, au Maroc. — // rappelle le rôle joué par lui, lors du siège de Safi par Yahia ben Abdallah. — // envoie deux vaisseaux et une pinasse à Saji, pour faire remettre au Chérif les lettres de Louis XIII. — // prie le Chérif de contraindre les Salétins à rendre les Français cju'ils détiennent captifs, faute de quoi il devra recourir contre eux à la force. — // demande la relaxation de tous les autres captifs dans le royaume du Chérif, ainsi que l'octroi d'un sauf-conduit au F. Rodolphe et l'autorisation, pour ce capucin, de se servir d'un interprète français. — // met le Chérif en garde contre la malveillance de diverses personnes. — // ouvrira les négociations en vue du traité aussitôt après la mise en liberté des captifs de Salé.
En rade de Salé, 28 juillet 1629.
Sire, Sy j'eusse esté libre de mes vollontées, il y a quatre ans que je
surtout parmi les Chrétiens, assimilait légende, saint Augustin serait enterré dans saint Augustin à Sidi Bel Abbès es-Sebti, cette dernière ville et sa tombe v serait vêle patron de Merrakech. Elle semble avoir nérée. Dappek, Traduction, p. i36, elinfra, pour origine la ressemblance entre le nom p. 788. Sidi Bel Abbès est enterré à Merrade Tagaste, ville où naquit saint Augustin, kecli dans la mosquée qui porte son nom. et celui de Tagaost (Sous). D'après cette i. .\Uusion à l'affaire Caslelano.
feusse retourné en vostre empire : mais il a pieu à mon roy me faire l'honneur de me donner employ en ses victoires acoustumez, où il a vaincu non seullemcnt ses subjctz rebelles, mais tous les princes estrangcrs qui l'ont voullu troubler. Et maintenant que toutte l'Europe tremble dessoubz sa puissance et que Sa Majesté a un sy grandnombrede navires qu'il n'a des ennemys assez puissans pour les employer. Sa Majesté m'a commandé de venir avecq dix de ses vaisseaux vers la cosle de Vostre Majesté pour negotier et renouveler les antiennes alliances qu'il y a eu entre les roys vos prédécesseurs. Sans la particulliere delTence que j'ay de mon roy de dessendre à terre, m'ayant commis à la conservation de ses vaisseaux, je naurois manqué d'aller baiser les piedz de V. I. M. et luv rendre mille grâces des fabvcurs que j'ay receubz d'elle prez l'empereur Mole Sidan, père de V. M., pour ma liberté, qu'elle me fit l'honneur de respondre de ma fidellité, que j'auray toute ma vie cngravé dans mon cœur ceste obligation: bien qu'arryvant en ceste rade de Salle, j'ay receu les plus tristes et déplorables nouvelles que je pouvois jamais recevoir, ayant sceu la mort des bons Pères capuchins, de mon nepveu et de tous les gentilhommes et principaux François qui sont mort/, et les autres renoncé la foy, ne restant à présent que des misérables serviteurs et gens qui n'ont aucune commodité ny autre recommandation que celle de la simple charité. Ce qui m'afflige le plus, c'est ([uon ma dit en ces quartiers qu'il/ sont mortz par le mauvais traitement qu'ilz ont souffert de la part de \ . M., qui est tout le contraire de ce que j'avois asseuié à mon roy que V. M. leur feroit tout bon traitement ; de sorte que je suis comme au desespoir des justes et inévitables reproches que me fera Sa Majesté de trouver un sy contraire changement à ce que je luv avois promis. Sans doubte que Dieu sera irrité que ces pauvres François soient sv malheureusement mortz, veu qu ilz estoicnt venus avecq toute franchise et bonne vollonté pour servir l'empereur Mole Sidan, père de V. M. ', — ainsy que je l'ay servy au siège de Saffy contre Aya " — au lieu que mes ennemys luy avoientfaitentcn-
I. On aplacôentrc tiretslesmotssuivaiits porte à la mission de 162^. qui sont unf paronlliise rétrospective. Le 2. .\lhision au siège de Safi par Yaliia
reste de la jilirase ainsi que le début se rap- ben Abdnilali en lOi(). ^. Doc. IX, p. 20.
2 1 6 1 fi •>. 9
dre que j'estois venu pour me saisir de la place ; ce qui ne feust jamais en ma pensée, qui tendoil, de mesme qu'à présent, à la paix, que V. M. considérera, s'il luy plaist, qu'elle luy aportera cent fois plus de profFit, en un an, par la liberté du traiïîcq et commerce, pour les droitz de V. jNI. ', que la renson qu elle pourroit espérer des pauvres esclaves ne pourroit l'aire.
Sur quoy j'envoye deux des plus légers vaisseaux et une pinasse de ceste flotte en la rade de SafTy pour, de là, faire tenir la despesche de mon roy à V. M., etattendray en cesle rade de Salle l'honneur des commandemens de V. M., que je suplye très-humblement me départir au plus tost et commander à vos subjetz de Salle d'assembler tous les François qu'ilz détiennent esclaves, soit dans la ville que dans le pays, pour mêles faire rendre, premier que je parte de ceste rade, ayant commandement très-exprez de mon roy, par l'ordre que m'en a donné monseigneur le cardinal de Richelieu qui commande les armes de Sa Majesté en France, s'ilz n'effectuent ceux de V. M. en ceste occasion, de les y forcer par toutes les veoyes que je pourray, et espe^ranl de la générosité de \. M. qu'elle donnera ce contentement à mon roy et la liberté de ceux qui restent en vie à Marocq et autres lieux du pouvoir de V. M., dont je la suplye très-humblement de faire envoyer le mémoire des noms et un passeport bien ample pour le Frère Rodolphe, capuchin, qui va porter la despesche de mon roy à V. M. : et me fera ceste grâce de se voulloir servir de Paul Imbert, pauvre esclave, ou de quelque autre François qui sache la langue du pays, pour expliquer à V. M. fidellement ma lettre et ensuite celle de mon roy, et luy donner permission qu'il aille à SalTy pour servir de conduite et truchement au Frère Rodolphe qui va trouver V. M., d'autant que j'ay esté advei'ty ([ue Fransceq Rocq " est près de V. M. pour m'y faire de
I. Pour les droilz de V. il). L'auteur corresponden commigo y lo liiço con mi
veut diro que la prospérité du commerce padre muchos afios siempre con aprovacion
accroîtra, par la perception des taxes, les y confianza de su procéder, porque es un
revenus du Cliérif. Espafiol cassado en Cadiz, correspondiente v
y.. Francisco Roque était un dos agents confidente de mercaderes de aquella ciudad,
de l'Espagne aupri-s de Moulay Zidàn. Le en particular de Aloiiso de Herrera Torres,
duc de Medina-Sidonia donne à son sujet hombre de muchos negocios y de satisfa-
à Philippe IV les renseignements suivants. cion. «(/'''.Série, Espagne, Lettre de J/erfino-
« Francisco Roque, que es uno de los que se Sidonia à l'hiUppe IV, ig avril 1627.)
PROCES-VERli.VL n ANDRE CHEMIN SI"
mauvais ofïices, outre que je say de bonne part qu'il y en a beaucoup d'autres mal affectionnez pour empescher le bon succez de ma negotiation.
Et, incontinent aprcz que j'auray les esclaves de Salle, j'yray à SafTy ou autres lieux que V. M. me commandera daproclier, pour traiter de la paix et dellivrer le présent que mon Roy envoyé à V. M. et renvoyer par mesme moyen les esclaves françois qui resteront, supliant V. M. de croire que ceux qu'elle aura agréable qui aillent dans les vaisseaux y seront les bien receubz et y auront toutlo liberté.
Cependant je prie Dieu pour la prospérité et heureux règne de V. 1. M. de laquelle je seray à jamais,
Sire.
Vostre très-humble, très-obeissant et très-fidelle serviteui-.
Le chevallier de Razilly.
De la rade de Salle, ce 23'' juillet i(i2().
Et la subscription de ladite lettre est :
A très-liault. très-puissant et très-victoiieux MoUey Abd cl- Melecq, roy de Fez, Marocq, Suze et Gago, grand chérit' de Mahnmmrt cl empeicur d'An"ri(]uc.
Les deux navires et la pinasse estans donc partis pour aller à Saffy, ledit s' chevalier de Razilly fît encor entendre au gouverneur de Salle et Andallous que, s'ilz ne lendoient les esclaves françois prontement, qu'il leur feroit la guerre, dont alors ilz en firent des risez par la ville, et furent sy irnpudens de dire que le roy d'Angleterre, qui esloit le maistre de la mer, leur avoit envoyé embassadeurs et plusieurs pièces de canon de fouie pour leur deaiaiKlcr la paix' et que, sy le ion de France la \oiill(ill avecq eux, en rendant
I. Allusion à la mission de John Ilarrison urK^ ville: dr pirnins. V. i''^ Série^ Anglc-
cnvoyé en iCi->.- pour traiter avec les Salé- terre, Lcllre di' II. Marlcn, 5 décembre
lins, malgré l'avis de Sir Henry Marten 1G26 et Helalions de John Ihurison, année
qui était opposé a toute négociation avec iGî'J.
les esclaves, qu'il leur falloit donner cent pièces de canon et un million de livres.
Doncq alors, ledit sieur ch" de Razilly fit mettre en ordre les cinq navires du Roy qui luy restoient et les deux patachcs de soixante à quatre-vingtz tlionneaux, bonnes voillieres, qu'il avoit fait armer, ayant prévu que les vaisseaux du l\oy estoient trop grandz et pesans pour ranger proche de la terre affin d'atraper les vaisseaux de Salle ' ; et feust disposé ([ue deux navires garderoicnt la rade de La ,Mamora, à cinq lieux du nord-est de Salle, un autre entre Fadalle et Salle, les deux pataches terre à terre, et le vaisseau admirai et vis-admiral au millieu, au norouest de Salle. Ce qui a esté fait, tellement que. depuis l'ordre donné, il n'a peu entrer ny sortir au port de Salle, en trois mois de temps, aucuns navires qu'un vaisseau d'Alger, un de Salle et deux petites setyes^, qui neantmoingz rengerent la terre de sy prez qu'il esloil du tout impossible de les aborder sans s'eschouer; neantmoingz feurent battus à coups de canon et coups de mousquet par la patache d'OUonne depuis La Mamorc jusqucs à la rade de Salle ; et avons depuis apris qu'il feust tué vingt hommes dans ledit vaisseau de Salle, qui se deffendit assez bien, y ayant force monde dedans, et tuèrent le sieur de Penneshir, qui coinmandoit aux soldatz du renfort que y avoit mis ledit s'' chevallier de Razilly, et feust blessé deux gentilhommes apellez La Ferre et Jaquetyere, lesquelz ont esté guéris de très-grandes blesseures qu'on ne croyoit pas qu ilz en peussent eschaper, mais ilz ont esté grandement bien asistez. Et le vaisseau advangarde, commandé par le sieur de Trellebois, feust jusques soubz le chasteau de Salle les poursuivre, en les battant à coups de canon, auquel feust tiré plus de quatre-vingtz coups de canon dudit chasteau, et crevèrent deux couUuevrynes de fonte de celle quavoient aporté lesdifz Anglois.
Le dimanche cinq'' jour d'aoust arryva à la pointe du jourparmy
I. Le chevalier de Jalesncs questionne manque d'embarcations légères gêna beau-
à Cadix sur la mission RaziUv recon- coup W . Rainsborough, lorsque cet amiral
naissait que l'on avait commis une erreur anglais vint en iCS" mettre le blocus
en envoirant pour opérer contre Salé des devant Salé. Cf. /''' Série, Angleterre, 1687.
navires d'un tonnage aussi considérable a. Setyes, saities, na>'ires sans rames,
(/'« Série, Espagne, i4 octobre 162g). Le portant trois ou quatre voiles.
PROCES-vïï.uRVL n \M)ui: ciiTMiN a 19
nous une chaloupe de Portugal, dans laquelle estolent trois Turcz qui se sauvoieiil d'esclavitude de Vienne ', qui avoicnt enlevé deux jeunes enfans de dix ans qu'ilz croyoyent mener à Salle vendre et les rendre renegatz, et, croyans que nos vaisseaux foussent d'Alger. ilz s'y vindrent rendre et feurentau bort du \is-adiniral, qui esloit le plus proche deux; il y avoit cinq jours qu'ilz n avoient ny Ijcu ny mengé.
Le six" dudit mois, l'admirai de Salle, du port de trois cens thonneaux, armé de vingt pièces de canon et esquipé de cent quatrevingtz hommes, avecq son vis-admiral presque aussy grand, se trouvèrent le malin, à soUeil levant, entre La Mamore et Salle, où, tout aussytost. les navires de la flotte leur coupèrent chemin ; le plus proche f'eust le vis-admiral, contre-admiral et le flibot. qui l'entreprindrent en telle fasson qu'ilz le contraignirent d'aller mouiller l'encre à portée d'arquehusade de terre, et fdla son cable jusques à ce qu'il feust tout proche des rochers, oîi il se résolut de combattre. « la Renommée », qui acompaignoit l'admirai, poursuvvoient à force de veille le vis-admiral de Salle" ; mais d'autant qu il estoit fort bon voillier, il gaigna à la mer, qui feust cause qu'on ne les peut atraper; et l'admirai, jugeant ne pouvoir joindre ledit vaisseau, entendant tirer nombre de coups de canon, revyra de l'autre boit pour venir aider au vis-admiral et contre-admiral, et lorsque le vaisseau ennemy aperceust notre admirai à portée de canon de \n\ , perdit courage. <jui le fit s eschouer à terre, et se jett(>rent tous à la nage pour se sauver, abandonnant leur navire, où tous nos vaisseaux recommencèrent à tirer force canonnades qui en tuèrent grand nombre, et force autres qui furent noyez, et, dès le soir, on mist le feu dedans et feust du tout bruslé, sans qu'il en feust rien sauvé.
Ce vaisseau s'eschoua à une petite lieue de La Mamore, où les Espaignolz, des rcmpars de leur forteresse, voyoient le plaisir du combat.
I. FiV^nne. Vianna <lo Castcllo. [lotit port nmiral), « la Catlierine « (contre-amiral)
de la province de Minho (Portugal), à 70 et .( le Saint-Jean )i (llibot) atta([ucnt
kilomètres au nord de Porto. l'amiral de Salé pendant que « la Licorne »
a. Le sens de ce passage un peu obscur (amiral) et c< la lii^nommée « tienni'nt tète
est celui-ci ; « le Saint-Louis » (vice- an vice-amiral de Salé.
Ensuite le vis-admiral et « la Renommée » firent eschouer un autre vaisseau de guerre toutproche où feustbruslé celuy cy-devant, que le mauvais temps empescha que ne peusmes le Ijrusler.
En mesme temps que les Espagnolz de La Mamore nous voyoienl maltraiter les vaisseaux de Salle, ne nous cognoissant point, firent sortir une caravelle de leur poit, laquelle vintjusques à portée de canon des vaisseaux de nostre Hotte et, ne nous pouvant cognoistre, eust peur, qui la fît rentrer dans ledit port, ce que voyant, le dit sieur chevalier de Razilly se deslibera de faire escrire une lettre au gouverneur dicelle, dont la teneur ensuit :
Lettre de Razilly a Toriisio de IlKr.uERA'.
Il proteste de ses bonnes dispositions à l'égard des Espagnols; il doit, aux termes de sa mission, prêter assistance aux vaisseaux du Roi Catholique . — Son action se bornera à obtenir des Salétins la relaxation des captifs français. — Les bons procédés de Ilerrera à l'égard de ces captifs l'obligent ù faire de même vis-à-vis des Espagnols. — // renvoie au gouverneur deux captifs qu'il a trouvés sur une chaloupe i — // est bon que la flotte française, pour agir contre les Salétins, se tienne en vue de El- Mamora.
A boni do la Licorne, 0 aoùl lOag.
Monsieur,
Voyant, ces jours passez, une de vos pinasses qui sortoit de vostre port et venoit vers ceste ilotte, j'amenay mes voilles pour l'attendre, et quelqu'un de nos vaisseaux ayant fait porter à la rencontre, vostre dite pinasse tesmoigna avoir quelque defliance de nous, d'autant qu'elle s'en retourna sans nous jjarler, bien qu elle pouvoit veoirlestendart du Roy Très-Chrcstien, mon maistre, dont j'ay commandement de Sa Majesté d'assister tous les vaisseaux que je pourrois rencontrer au Roy Catholique. C'est pourquoy je vous oscris la présente, aifin que n'entriez en ombrage qu'eussions intention de faire tort à aucun vaisseau des vostres qui pourroient sortir
1. Il avait siucéilc comme gouvorneur de El-Mamora à U. Juan Jara Quemada.
PROCES-VERBAL D ANnUK CHEMIN 22 1
OU entrer, car, tout au contraire, je Icui- donneray toute protection ; monseigneur le cardinal de Hicliclicii, qui commande les armes de Sa Majesté par la mer et par la terre en France, me la commandé très-particulierement.
Vous avez veu, par expérience, (jue ceste flotte n'en veult qu'aux pirates et voUeurs de mer, et mon but principal est de faire la guerre aux vaisseaux de Salle jusques à ce qu'ilz ayent rendu tous les esclaves Irançois qu'ilz détiennent injustement. La preuve de mon dire est que depuis deux jours, comme à une lieue' de vostre forteresse, qu'à coups de canon avons fait eschouer et brusler un de leurs vaisseaux, d'environ trois cens thonneaux, armé de vingt pièces de canon, où il y avoit quelque deux cens hommes; il en a passé quelques petitz au hazard de nos canons, mais ilz rcngeoient sy foit la terre qu'il estoit du tout impossible de les aborder, veu la grandeur de nos vaisseaux: pour les grandz navires, doresnavant je ne croy pas qu'ilz nous eschapent. Sy j'en prens quelqu'un où il y ait des Espaignolz esclaves, je vous les envoyeray, sans autre prétention, sinon de faire œuvre agréable à Dieu.
L'on m'a dit que plusieurs François cy-devant esclaves à Salle s'estoient sauvez en vostre gouvernement et que leur avez rendu force courtoisies et donné passage pour Espaigne. Ceste généreuse action m'oblige duserde recyproque. sy telle occasion s'en présente, et, en atcndant, je prie Dieu pour vostre prospérité et santé et suis à jamais,
Monsieur, \ostrc très-humble serviteur.
Le chevallier de Kazilly.
De nostre bort, ce (i aoust i (]•>.<).
Et est adjoulé à ladite lettre ces motz :
Depuis ma lettre escrlpte, nous avons pris une chaloupe venant de Vienne, dans laquelle y avoit trois Turcz et deux petitz Espaignolz qu'ilz esperoicnt mener à Salle jiour les vendre, que je vous