I. Comme à Ufw licuc, c'est-à-dire: environ il une li(mo
renvoyé. J eusse fail le semblable des Tuiez, nesloit qu ilz ont correspondanse à Salle et pourray avoir des esclaves François pour eux ; sy j'en rencontre dautres, je vous les renvoyeray. Jay recogneu que la meilleure garde que je pourroys faire pour prendre les ennemys seroit d'estre à la veue de vostre forteresse, et présentement nous avons fait eschouer à la cosle un autre vaisseau proche de celuy qui a esté bruslé.
Le gouverneur de ladite Mamore, ayant receula lettre cy-dessus, feust très-content d'aprendre que c'estoient vaisseaux du roy de France, et. pour response à icelle, envoya celle-cy. avecq un capitaine de la forteresse, offrir tout ce qui estoit de son pouvoir à la terre, dont la teneur ensuit:
Lettre de Toribio de Herrera a Razilly.
Il est Iwnrcux de eonnaiire la mission de Hazilly et les bonnes dispositions de ce/ui-ei à l'éi/ard îles Espagnols : il explique la défiance iju'il lui a d'abord témoignée. — // promet à Ra:llly l'appui de la garnison espagnole de El-Mamora. — Echange des captifs espagnols et français. — Tactique conseillée par Torribio de Herrera à Razilly pour faire écliouer à la côte les navires ennemis.
El-Mamora, 8 août 163g.
Muclia merced he recivido con la agradal)le carta de 8 deste que me troyo M', de Santa Crux y sus camarada, y ostoy muy contente de aber sabido y certillicado me de lener tam buen besino como son las armas del Rey Christianissimo ; y, si V. S. me ubiera abisado el primer dies con esta lancha, ubieremos hecho buena conserva, que suzgaba los baselles de V. S. cran ollandeses, de quien tango orden de recarlame ; y por csso no entendimos quando V. S. amayna las vêlas, porque suelen ser ardides de guerra, y mas em piratas, para cojer gente, y no se puedo, aunque se hiso mucha dilligenzia, conocer el estandarte christianissimo; y quando V. S.
enbarranco el basel de las 3oo tonnelades y 20 piezas, yo saque my gente a campana y tome les puetos que me parecyeron a proposito relrcme, por la duda que digo arriba y aber sallido muclia cavaleria de SalIé emparai- su bajel, y asi, no conociendo, fue l'ueiça no abanturaime ; y si el nabio ubiera enbarrancado cerca desta plaza, no se escapara niguno de los que benien en el, y se tubieria con V. S., guardando los ordenes de Su Magestad. todalabuena correspondanzia que permile la conservazion de las armas de entranbas coronas en occasiones semejantes ; y esto mismo se hara, estando \ . S. con esta adbertancya, en los nabios que, temerosos de los de V. S. , sy deren en esten costa, cerca desta buena, en la parle donde yo me pueda alargar, con my génie y los prisonneros podren servir para los inlentos de V. S. y los que tienne esta plaza, que todo biene a ser a una considerazion.
Y baiso a V. S. las manos por la merced que offreze hazer a los caplivos espaignoles que hallera en los nabios de piratos que coxiere, y lie estimado mucbo el rcmirlime ^ . S. los dos mucbacbos. Otrus dos hombres frenseses con que me hallo imbio a V. S., que se benieron de la esclavidad de Zalle, y eslaban aguardando pasaje para rcmitirlos a Espana, comjjliendo la orden que tiengo de Su Magestad de hazerles buena pasage y darles de corner el tempo que lubieron aqui y [o]cho dias mas para su embarcazion, para que se bayan a sus tierras ; y holgara mucbo tener aqui todos los capfivosfranseses para remittirlosa V. S. ; y laassistanzia de V. S. en esta obra, pareciendo a V. S. , a de ser de junto la milad de los nabios a la niar para tener siempre abarlobenle, y los otros que esten sobre Cale, conparlicuUarcuydado de tener siempre marineros alto pe, para reconocer la mar y, biendo que bienen algunos nabios a esta parte, hazcrse a la bêla y sallirles allenquenlro, para que bengan a embarrcncai- a esta costa, porque de olia manera qucdaran muy largos (Iclla : \ los Moros que V. S. coijo cl la lanclia con los mucliachos eran esclavos en gonte del mar de INulugal, camarada de oslros mlos (pie tube, y no tiencn correspoiidenzia con Zalé ; y siempre que en esta parla hubiere ocasion del servizio de Monsenor el Caïd"' de Hiclielyeu y de V. S., adcmas que la considerazion de las armas de ainbas coronas, esta con mucbo volontad sujclo a la ubidicnzia dcio (juc dil me quisieron mandar.
j (i'"' Dios a V. S. como puedo y dcsea ! Mamora, 8 d'Agosto 1629.
Muy seividor de V. S. que sus manos besa muclias bczes.
Toribio de llerrera y Monlero.
Sg. Caval" de Razilly.
I']ii suite de cesle-cy, ledit gouverueur cscrivil audil sicur de Uazilly quantité d'autres lettres elle fit visiter par ses capitaines, qui, estaiis à boid, recevoient dudit sieur clle^ allier de Razill^ tout bon traitement et leur fit mille coul•l(lis^cs ; et ledit gouverneur luv envoya quelques ralVaiebissemens que icelluy sieur de Uazilly rescompensa au triple par presens qui luy envoya. Lesditz gouverneui- et sieur chevalier de Razilly s'escryvirent plusieurs lettres les ungs [aux] autres quiserolenl trop longues à desidei- '. cl fui envoyé audit gouverneur par ledit sieur de Razilly les deux pelilz Espagnolz et les Turcz qui avoient esté pris dans ladite chaloupé, avecq trois autres Mores, pour présent, et une orloge vallant plus de cent escus.
Le dixiesme dudit mois d'aoust. nous descouvry mes trois vaisseaux de Salle et d Alger à l'ouest de La Mamore, qui prenoient la route dudit Salle, ausquelz tout aussytost l'on donna chasse, mais il y avoit sy peu de vent que les grandz vaisseaux du Roy ne les peurent jamais joindre pour ce jour"-. Deux desditz vaisseaux tirèrent vers Fadalle, et l'autre, pensant gaignei' en plaine mer, feust atrapé par nostre palache oUonnoise, dans laquelle y avoit cinquante hommes choisis, qui aussytost feurent à l'abordage ; mais ilz l'eurent furieusement repoussez, d'autant que c'estoit un vaisseau de deuxcens thonneaux , armé de vingt pièces de canon et plus de quatre-vingtz hommes de guerre dedans ; il n'y avoit dans nostre patache que six pièces de canon ; pourtant le combat feust opiniâtre, et feurent longtemps à portée depistoUetlun de l'autre, à coups de canon et mousquetades, dont le capitaine. Turc de Salle, fut tué et les plus vaillans.
Ensuite, s'estant passé trois heures de combat de la fasson. nostre
1. Trop longacs ù (/«■si'i/i.T, probabicmpiil j. Sur l'infiTioritc des navires français,
pour : Irop loni;iirs à deviser, c'est-à-dire \ . 11. de Castrif.s, Le Maroc d'autrefois, à exposer tout au long. t^evue des deux mondes. igoS, p, SS^.
ditepatacheollonnoise, commandée par un capitaine brellon nommé M'' Nicolas, se résolut de laborder pour la deuxième fois, dont il l'enleva aprez avoir longtemps résisté au\ mains.
Le premier qui sauta à bord feust un soldat poitevin nommé La
Vergue, le secondfeust' qui estoitde lavan-garde, avecq
quelques autres soldat/. <[ui firent fort bien, et ledit La Vergne, pour s'ostre batu courageusement dans ledit combat, a eu cent escus, elle second cinquante, promis par les ordonnances, aiïin de convier les autres cy-aprez à bien faire, car verital^lement le combat feust fort beau, d'autant cpic les ennemys estoient deux fois plus fors que les nostres. Il feust mis en libeité douze Chresliens qui estoient esclaves, tant François que Espaignolz. Cela fait veoir qu'aucune nation ne se peut esgaller à la force de nostre nation fransoise.
Les deux autres vaisseaux qui estoientde conserve avecq cestuy-cy feurent poursuivis par nostre admirai et contr-admiral et le tlibot, où ilz pressèrent ces vaisseaux ennemys de sy prez, deux jours durant, que le vaisseau d'Alger, du port de deux cens cin(juanto tonneaux, avecq dix pièces de canon et quatre-vingtz bommes d'eslite, feust contraint de se venii- rendre sanscombatre", se pensant servir de la paix acordée entre les François et ceux d'Alger, ce qui l'eust libéré, sans la déposition de vingt François et Espaignolz qui estoient dans son bort esclaves, lesquelz interrogez les ungz aprez les autres déposèrent que le capitaine dudit vaisseau, apellé Hamet Oja, s'estoit assossyé avecq les vaisseaux de Salle pour faire la guerre aux François, et mesmes que, depuis son départ, unmoiscy-devant, il avoit poursuivy deux vaisseaux françois en deux diverses fois, bien qu'il eust certaine cognoissance delà bendiere de France', et. estant fort ])rocbe, leur avoit tiré force coups de canon jusques à tant {|u'il les conti-aignit d'cscbouerà la costed'Espaigne, et mesmes qu'il s'estoit vanté plusieurs fois parmy son esquipage que, s'iltrouvoit des vaissc;ui\ françois chargez de toilles et ballos, qu'il les prendioit sans diiïîculté, que ce n'estoit à faire qu'à demeurer un