Som laissa en Waiic par li' copislr. Jf. 2.'i4 V-^.yS
2. Sur la prise de ce navire, V. Gbwi- .S. Bien qu'il cusl certaine C(](jnoissuncc de la MO.NT, llisl. d'Alger, pp. i68, 169, 172, Oendiere de France, enlcnduz: bien qu'il cùl et Bibl.Nat., Nouv. Acquisitions, Ms. 70/if/, manifestement reconnu le pavillon français.
1)k Casthies. III. — i5
22fi 1629
an hors d'Alger, et qu'ayant vendu les François à Salle, au bout de lan, qu'il s'en retourneroit audit Alger.
Et, d'autant que les susditz Chrestiens peuvent astre reprochables, l'on a l'ait interroger le lieutenant dudit vaisseau turc et quatre des principaux de son esquipage, qui ont advoué le toult, blasmant fort leur capitaine, disant que M'' de la Douane ' d'Alger le desadvoueroient, d'autant qu'il estoit partv d'Alger sans congé contre leur gré.
Il est à remarquer que, depuis que la paix est l'aile entre la France et ceux d'Alger, qu'il s'est commis plusieurs grandz abus, d'autant que les vaisseaux d'Alger, ne pouvant plus mener en leur ville les vaisseaux François qu'ilz prennent, ilz les vont vendre à Salle et, pourveu qu'ilz soient un an absent//", ilz peuvent s'en retourner audit Alger comme auparavant. Partant, cela est inutille d'avoir paix avecq eux, et, sy on ne donne ordre de faire la paix avecq ceux de Salle ou les exterminer, l'on considérera que. sans passer le Destroit, leurs vaisseaux peuvent estre en huit jours aux costes de France à pirater, car il se trouvera que, depuis dix ans qu'ilz ont commencé à faire la guerre aux François, ilz ont fait tort au commerce déplus de quatre millions et quatre mil esclaves^.
La vérité est que, sansceste flotte qui lésa empesché ceste année de pouvoir sortir pour venir vers les costes de France, ilz eussent fait de grandz maux aux pauvres marchans. car ilz avoient force vaisseaux prestz ceste année. L'un des camarades dudit capitaine
1. M" de la Douane, M'* du Divan. conséquent do l'interest du public en cette
2. La paix entre la Franci: et Alger fut échelle, afin de prévoir tels inconvenienset signée le i g septembre 1628. Voici l'article se rendre assuré, sera cstabli un très-bon du traité auquel semble faire allusion Andrc' ordre par lequel tous ceux qui partiront Chemin : « Et d'autant que ceux de la d'Alger se pourront promettre d'y retourmilice d'Alger qui seront raix et capitaines ner, défendant aussi qu'aucun étranger de galènes et navires de guerre ne contre- ne soit fait raïx de galère et de navire. » viendront jamais à ce traité de paix, ains (Dumont, t. V., p. ôSg.) Il faudrait savoir pourroit bien estre qu'aucuns de mauvaise quel est « le très-bon ordre » qui fut établi, vie, comme Mores et Tagarins qui, voulans Si l'on s'en rapporte à André Chemin, il armer, pourroient rencontrer quelques fut stipulé qu'aucun navire ne pourrait navires ou barques françoises et les con- aborder à Alger, qui aurait commis quelduire à Salles ou autres lieux des ennemis que acte d'hostilité contre les Français des François, ce qui seroit au grand pre- pendant l'année précédant son retour à judicc de l'intégrité de cette paix et feroit Alger.
donner le blâme à ceux d'Alger, et par 3. V. supra, pp. ii.")-iili.
PHOCES-VEHBAL D ANDllE CHEMIN 237
Uja. apellé iNegrille, d'Alger, a l'ait plusieurs prises sur les François qu il a menez vendre à Salle. Le frerc de cedit capitaine JXegrille, nous le tenons prisonnier.
L'autre vaisseau de Salle, se voyant pressé et jugeant ne pouvoir gaigner à la mer, feust contraint de s'eschouer à Fadalle, où les gens se sauvèrent à terre, qui emmenèrent avecq eux nombre d'esclaves François et un seigneur d'Espaigne. Hz sauvèrent ce qu'il y avoit de bon dans leurdit vaisseau, puis mirent les poudres cnti'e deux pontz avecq de pelis boutz de mèche allumez pour faire brus- 1er le vaisseau, alïin de perdre ceux qui voudroient 1 aller aborder. Les vaisseaux du Roy ne le pouvoient aprocher qu'à portée de leur canon ; mais nostre flibot avecq deux chaloupes s'acosta à son bort, à la mercy de leur mousquelerye qu ilz avoient à terre, et, comme il estoit prest de monter dans ledit navire, le feu prist dans un baril de poudre qui loinpit une partie du pont ; ce que voyant, le s' de Cazcnas. lieutenant dans le vis-admiral, sautaà bort etiitestaindre touttes les mèches qu'il lenconlra et. avecq dilligence. fit porter une ancre pour remettre ledit navire à flot, et nous l'amena devant La Mamora, soubz la conduite du vis-admiral. où nous estions mouillez.
La grandeur dudit vaisseau estoit de cent quarante thonneaux et huit pièces de canon et six pierriers. Il n'y eust personne dudit vaisseau pris que deux renegas l'rançois, quy se vindrent rendre de bonne vollonté à bort.
En suite de ce, il feust trouvé à propos par le Conseil de guerre d'envoyer à la rade de Salle un navire, affîn de faire entendre aux Andallous que, s'ilz avoient tant soit peu de natturel pour leurs compatriotes que nous avyons prisonniers, qu'ilz eussent à eschanger autant de François esclaves pour autant de leurs parans andallous ; et, à cest efl'ait, il feust ordonné à monsieur Du Challard d'y aller avecq son vaisseau « la Renommée », où estant, il envoya son lieutenant dans un petit esquif avecq bandiere blanche proche la terre pour parlementer, et feust escript par ledit sieur Du Challard au gouverneur dudil Salle la letic qui s'ensuit.
Lettre de P. Du Chai.ahd a Mohammed iien Abd el-Kader Ceron.
// lui iinijnise d'échaïKjer les captifs franr<ùs ilctenus à Salé contre les A nda-
Ions pris par lu flotle française à bord d'un navire salétin. — // attend un enroyé du Gouverneur pour traiter celle affaire avec lui.
En rade de Salé, i5 août 162g.
Monsieur.
Une des petites pataclies de ceste flotte ayant pris, il y a trois jours, un de vos navires dans lequel il a resté du combat soixantequatre hommes, dont plusieurs sont Andallous (mesmes il y en a deux qui se disent de vos parens), monsieui- le commandeur de Hazilly, admirai de ceste Hotte, m'a commandé de venir en ceste rade pour sçavoir sy vostre intention est, et de messieurs de Salle ', de rendre les esclaves François qui y sont sy injustement détenus, au lieu de ses prisonniers que j ay. Sur quoy je vous escris ceste lettre, affîn que vous envoyez quelqu'un de vostre part dans ce vaisseau pour traiter cest affaire avecq moy ; ce que, je vous engaige ma foy, aous jjourrez faire en toute seureté et liberté. A cest elTait, j'atendray vostie responce par le refour de ce porteur more, que je vous envoyé exprez, jusques aprez demain midy. Cependant je
demeureray, Monsieur,
Votre très-humble serviteur.
Du Challard.
Escrite du vaisseau du Roy nommé « la llenommée », à la rade de Salle, le 10 aoust 162g.
Le Gouverneur, ayant receu ceste lettre, prist resolution de surprendrai esquif dudit sieur Du Chalard, etfitesquiperpourcest elTait deux chaloupes, tandis que les Andallous amusoient les gens de l'esquif de belles paroUes, en les asseurant qu'ilz rendroient autant de François comme ilz avoicnt pris d Andallous et qu ilz preparoient des rafraichissemens pour envoyer à l'admirai de nostre flotte, pensant les surprendre tandis que les chaloupes sortoient la barre, qui furent descouvertes par ledit vaisseau « la Renommée », qui, les voyant sortir, fit tirer un coup de canon pour advertir son esquif de ceste embûche, qui ne les pouvoit descouvrir au lieu où il estoit, et ayant