Généalogie : pour. a lu : le plus felix object
sur les autres, consonnant à ce grand Nestor ' du monde, nostre sire débonnaire, comblé de la divine bénédiction souverayne. Et par Geste fréquentation d'asscurance et communication d'otaige se pourront facilliter toute sorte de difficultez, Monseigneur, à lopposite de l'honneur de vos mérites.
Et en attendant ce bonheur, prions très-saintement^ l'Eternel vous donner ceste bonne issue qui se prétend, pour nous dire à tout jamais, Monseigneur, vos très-humbles et aiTectionnez serviteurs'.
Sl[/né: llené Passevent. — Du Tillac. — Pierre Joubert. - — Jean de La Segne. — Joachin Sanner*.
Aprez que monsieur le commandeur de Razilly eusl reccu la lettre de ses pauvres esclaves François fjui luy faisoient pityé, prit resolution de renvoyer derechef monsieur Du Cliallard à la rade dudit Salle avecq trois lettres qui s'ensuivent, l'une adressante au gouverneur dudit Salle, l'autre au capitaine Negrille d'Arger*" et la troisième ausdits esclaves.
Lettre audit Gouverneur:
Lettre de Razilly a Mohammed be\ Abd el-Kader Cero\.
Il envoie Du Chalnrd ncr/ocier avec le divan de Salé la relaxalinn des captif s français et les conventions relatives A la liberté du commerce.
A bord de la Licorne, i5 septembre 1629.
Monsieur, J'ay apris par les lettres que m'ont escriptes les pauvres esclaves
1. Généalogie : nectar. transcrire dans un ordre difTérent. L'absence
2. Généaloijie : instamment. de plusieurs signatures dans le procès-verbal
3. On lit ensuite dans l'original ; « De d'André Chemin provient de ce que ce Salle, ce dixiesme aoust 1629. »\.Généa- dernier a négligé celles qu'il n'a pu logie, p. 378. déchiffrer. Voici, d'apris la Généaloijie. les
!l. Les signatures dans la Généalogie noms des pétitionnaires : Jehan Delasei-
(p. 374) ne sont pas rangées dans le même gne. — François Uebillard. — Tristan
ordre et sont plus nombreuses. Cette diver- Colbert. — Jehan Lombard. — Piere
gence s'explique aisément : les signatures Bert. — La Fortune. — Dutillac. —
placées au bas d'un document ne sont Fonvial. — ■ Roirlé.
pas en général écrites sur des lignes horizon- 6. Mohammed Raïs surnommé Negrille.
talcs et il est loisible à deux copistes de les Cf. Dan, Hist. de Barbarie, éd. lÔ^Q.p. i45.
PROCÙS-VEHBAL d'aMIRÉ CHEMIN 2.S()
françois qui sont à Salle, que sy j'envoyoys encor une fois un vaisseau en vostre rade, avecq bandiere de paix, vous traiteriez pour leur liberté. La pityé que me ibnt ses pauvres gens et le cominandennent que j'ay du Roy mon maistre moblige d'envoyer encore monsieur Du Challard pour faire accommodement avecq vous. Je vous prie que ce soit en toute liberté et franchise et de n'user de surprise, ainsy que l'on a fait cy-devant, car ce mauvais procédé nous oteroit tout moyen de nous plus fier à vous et vous rendroit odieux à toutes les nations du monde. Vous le trouverez sy plain de raison que vous n'aurez aucune difficulté avecq luy ; et ce qu'il vous aura promis vous est du tout asseuré et vous sera aussylost envoyé. Et les choses qu'il arrestera aA ecq vous pour la liberté de vostre commerce ou autres choses, je le signeray au nom du Hoy. mon maistre. suivant ma commission ; et sy, en vostie particulier, il s Offre ocasion de vous faire service, je le feray de tout mon pouvoir.
Sur ce, je dcmeureray. Monsieur, vostre très-humble serviteur,
Le chevalher de Razilly.
i5 septembre 162g.
Lettre audit Aegrille.
jETTRE de
Il (i[]'re à Negrilic de lui renvoyer son frère iju'il a pris dans le narire du capitaine Oja. — Baisons qui justifient la capture de ce navire. — Bonnes dispositions du roi de France à re(/ard du divan d'Ali/er. — Le capitaine Oja n'a été ni spolié, ni maltraité, mais liazilly est dans l'obliiptlinn de le conduire en France. — Pui.'isance maritime du roi de France; inconvénients i/ui résulteraient pour les Ixirl/aresijues d Ali/er d'une alliance avec les Salétins.
X boni (le la I^icomn, iô septembre l(J2().
Monsieur Negrillc,
La présente sera pour vous faire entendre (juc s> desirez avoir vostre frère (pie j ay pris dans le navire du ca[)itaMie Oja. envoyez un bateau en cesle rade de Salle, et je vous le renvoyeray avecq ceux iludit cap'" Oja qui s'en voudront aller à terre.
2/ÎO 1629
Messieurs d'Alger ne peuvent trouver estrange sy j'ay arresté ledit capitaine Oja, car il a contrevenu à la pai\ faite avecq la France, ayant fait eschouer deux vaisseaux françois, voyant les bandiereï- de France, estant fort proche, à coups de canon les a fait perdre, ainsy que le tesmoigne des Turcqz de son mesme esquipage. De plus, il s'est vanté et parlé plusieurs fois qu'il cherchoit quelques navires françois chargé de toille pour la prendre, et, à cest elfait. s'esloit assosyé avecq deux vaisseaux de Salle. Outre, le capitaine Oja n'a point de commission de M'* d'Alger, qui fait paroistre qu'il sera desadvoué d'avoir fait tort aux François; car la voUonté du roy de France, mon maistre, est d'enl retenir la paix avecq toute franchise avecq Messieurs d'Alger, et vous avez veu que leurs vaisseaux sont bienvenus en France; et maintenant, sy j'en trouvois cpielqu'un qui n'eust fait la guerre aux François, depuis la paix ', je luy donnerois toutte sorte d'assistance.
L'on ne sauioit dire que j ave pris le navire dudit cap"" Oja pour 1 ai'genl n^ marchandise qu'il y eust dedans, encor moingz de vuituailles ; car, dans ledit vaisseau, il n'y avoit chose qui vaille, et puis asseurer n'en avoir eu aucune chose ny n'en pretens. Les matelos et renegas ont peu desroher quelques robes " des particulières, qui n'est venu à ma cognoissance. J'ay fait tout mon possible pour faire rendre à un chacun ce qui luy apartenoit ; c'est chose de peu d'importance, dont, en France, l'on leur donnera le double. Ft. pour la personne dudit cap"" Oja, il a retrouvé toutes ses hardes, et je le traite à ma table et fais nourrir son esquipage, composé de quatre-vingtz hommes, aux despens du Roy, mon maistre, avecq toute sorte de liberté dans ce vaisseau, ainsy qu'il pourroit désirer. Mais je ne puis, par raison, faire autre chose, sinon de le mener en France au Roy, mon maistre, affin que la justice en soit faite, et faire des plaintes à M"' d'Alger à ce qu'ib; n'envoyent point de leurs capitaines faire la guerre aux François. Je croy qu'ilz remédieront par leur sage conduite pour éviter le couroux du roy de France, mon maistre, remply de victoires et invincible comme est celuy d'à présent.
I . La paix signée avec le divan d'Alger le négociateur, le ir| septembre 1638 (\ . supra p. 326, 2. Robes, c'cst-à-diru bardes, comme il
note 2) et dont Sanson Napollon avait été est dit plus loin.
PROCÈS-VERBAL DAMJHÉ CIIKMIN 2^1
De vostre costé, je vous donne pour advis de ne vous assosier avecq les vaisseaux de Salle pour faire la guerre aux François, car se n'est plus le temps que les François se laissoient prendre ; se sont eux maintenant qui prennent les autres. Nous avons cent cinquante vaisseaux de guerre en France, où le Roy n'a d'ennemys assez puissans pour les pouvoir employer. Je vous donne ma parolle que vous pouvez venir à bort de tous les vaisseaux de ceste flotte avecq toute sorte de seureté, et vous en pourrez retourner à terre, lorsque vous voudrez, et, en vostre particulier, en tout ce qui me sera possible, je vous rendray service et amityé, estant vostre serviteur très-humble,
Le chevallier de llazilly.
A bort, le 20 septembre 1629.
Ledit Negrille ne fit aucune rcsponce à ladite lettre ; au contraire, sortit de Salle avecq son navire, de nuit obscure, et alla à la coste d'Espaigne, où il fit une prise dun vaisseau dOllonne dans lequel y avoit quinze François qu'il a menez vendre à Salle, quelques jours auparavant que les articles de trefves feussent signez, et depuis on a retenu son frère prisonnier.
Lettre ausdits esclaves :
Lettre de Razilly aux esclaves français.
Les démarches auprès du divan de Sale pour obtenir la mise en liberté des captifs étant demeurées infructueuses, il se voit dans l' oblicjation de retourner en France. — // assure les captifs qu'on ne les abandonnera pas et il les invile à qarder bon espoir. — Les maux de cette vie ne .Vint rien en comparaison des félicités qui leur sont réservées au Ciel, s'ils observent les commandements de Dieu. — Il rendra compte au roi de France des bons services de Mazet.
A boni dr la Licorne, 2/1 septembre iG3g.
Mes chers amys,
Vous avez veu que j'ay esté et envoyé plusieurs fois à la rade de L)e Castkies. 111. — iG
Salle et ayant escrit à ces M'" les Andallous grand nombres de lettres pour procurer vostre liberté, laquelle je souhaite comme sy c'estoit pour moy-mesme ; mais je recognois très-bien que lesdits sieurs Andallous ne veuUent rien faire pour se subjet, sinon que de nous faire retarder, croyant qu'il pourroit venir un mauvais temps pour que quelqu'un de nos navires se perdisent en leur rade, qui ne vault du tout rien. Nous y avons ja pei"du force ancres et cables, et j'ay fait au-delà de mes commissions, car j'avois ordre, du premier refus de vos libertez, de leur faire la guerre sans aucune autre conférence.
Je vous puis asseurer sur mon honneur que l'argent qui a été destiné pour le rachapt des captifz françois ne sera diverty, et, par une fasson ou d'autre, on ne vous laissera pas à la misère là où vous estes, car nostre invincible roy saura bien avoir raison de ceux qui 1 offensent. Vousdebvez vous confier en sa bonté, qui fera qu il y aura tousjours un nombre de navires de guerre de France en ces costes, qui seront choisis bons voilliers ; ovi je m'asseure que, dans un an, ceux de Salle se repentiront de n'avoir entendu à mes propositions, qui ne tendent qu'à vostre liberté et à leur repos : et, si je vous pouvois rachater de mon sang, je le feroys de cœur et d'âme, sçachant très-bien les misères que vous souffrez en ce pais de Barbarye. Mais ayez ferme fiance en Dieu, qui nous donnera des moyens pour vous ravoir. En ce qui despend de mon pouvoir, je ne vous abandonneray jamais.
Ayez tousjours l'amour et crainte de Dieu dans vos cœurs, et considérez que c'est peu de chose que de ceste vie et qu il fault que les empereurs, les roys et les princes meurent. Partant, nous autres, pauvres misérables, ne debvons avoir regret à perdre la vie pour soustenir l'honneur de Nostre Seigneur Jesus-Christ. Puisqu'il est mort pour nous, nous pouvons bien mourir pour Luy ; et, vivans en ceste resolution, nous sommes asseurez d'avoir la vie bienheureuse et éternelle. Mais ses lâches de cœur, qui sont sy misérables de se faire renagatz, ne peuvent atendre que des paines éternelles dans les enfers, car N. S. a dit que quiquonque le renieroit d'entre les hommes, qu'il le renieroit devant Dieu, son Père. Donc, mes chers camarades, pour estre bienheureux, observez les commandemens de nostre bon Dieu et prenez vos peines en
patience pour l'amour de Luy, et Sa divine Majesté ne vous délaissera point. Ayez la charité les ungz envers les autres et vous aymez tous comme ireres, et priez Dieu sans cesse pour la prospérité de noslrc bon roy. qui a tant de soing de vous, et aussv pour monseigneur le cardinal de Richelieu, qui a la chai'ité entière pour vos libériez. Et vous prie de m'aymer autant comme je vous souhaite de bien, et j "espère en Dieu vous faire paroistre aux efFais que je suis,
Mes chers amys. vostre affectionné amy et serviteur,
Le chevallier de Razilly.
Ce 2 4 septembre.
Faites mes affectionnez recommandations à M. Mazet'. Je feray entendre au Roy le soing qu'il a de vous tous et, à mon particullier, en toute sortes d'ocasions, je le serviray de très-bon cœur. Je ne luy escris point, d'autant que je luy désire tesmoigner ma bonne vollonté plustost par effait que par lettre.
Monsieur Du Challard fit tenir les lettres dudit gouverneur, ^egrille et esclaves, et, tandis que ledit gouverneur prenoit resollution avecq les principaux du chasteau et Andallous à ce qu'il avoit affaire, ou de rendre les esclaves, faire la paix, ou de continuer la guerre contre les François, tout le commun peuple de la ville se mirent en révolte contre ledit gouverneur, qui estoit insité par de ses amys estrangers à continuer la guerre et ne désirer point la paix, tout au contraire de la vollonté de tout le peuple en gênerai, qui desiroient unanymement la paix et la voulloient à toute force, d'autant qu'ilz pâtissoient grandement, car, durant tout le temps que nous avons esté devant leur ville, il n'y a entré aucunes vuiluailles de dehors, qui a esté trois ou quatre mois qu'il a manqué de commerce avecq tous leurs alliez. Cela les a réduis à toute sorte de misère, qui contraignit le peuple de la ville de s'eslever et prandrc les armes contre ledit chasteau, et avoient ja gaigné une porte où ilz se battirent rudement, où il en eust plusieurs de part et d'autre tuez et blessez. Neantmoingz, ceux dudit chasteau repoussèrent ceux de la ville, doncq quatre jours durant, le chasteau leur tira force canonades.