I. Sur Pierre Mazet, V. Introduction, notice biographique
Les plus sages, recognoissans qu'ilz ostoient sur le point de se perdre les ungz les autres, suyvirenl les vollontez du commun peuple et envoyèrent une chaloupe à bort dudit s' Du Challard pour demander la paix, offrant de rendre les esclaves françois qu'ilz detenoieut, pourveu qu'on leur payast le pris qu'ilz avoient cousté en la place publique, et, à cest effait, envoyèrent des otages.
Le révérend Père Datias', de Tordre de la Mercy, poussé de zelle, demanda au s' Du Challard permission d'aller à terre, affin de faire acomplir leur paroUe pour rendre les esclaves au plus tost. Neanlmoingz. ledit s'' Du Challard, n'ayant ordre dudit sieur chevallier de Razilly de faire la paix, mais bien une trefve, s'y comporla très-prudamment et sagement, le tout à l'advantaige du service du Roy : sy bien que le gouverneur de Salle, par l'advis de tous les Andallous, envoya les articles signez à bort dudit s' Du Chalard, dont la teneur ensuit :
Trêve entke Louis XIII et la ville de Salé.
Salé, 2 octobre ifiag.
Entre monsieur le commandeur de Razilly, premier capitaine de l'admirauté de France, chef desquadre des vaisseaux du Roy en sa province de Bretaigne, et admirai de la flotte de Sa Majesté es costes de Barbarye, soubz la charge de monseigneur le cardinal de Richelieu, grand maistre, chef et surintendant gênerai de la navigation et commerce de France, au nomde Sadite Majesté, et en vertu du pouvoir et commission qu'il a. dune part ; et le sieur Mahumadban Abdulcader Ceron, gouverneur et capitaine gênerai de la forteresse et ville de sa juridiction, tant en son nom qu'au nom de tous les habitans de ladite ville et forteresse de Salle, d'autre :
A esté accordé que, veu que ledit seigneur de Razilly est venu en ceste rade avecq ladite flotte et armée pour retirer les François
I. Dallas (avec les variantes Dalla, d'A- Mercy Je Paris. Sur ce religieus, V. iiifra, thia, d'.Vthis). Le Père François d'Atliia, pp. 387, 33g, ^78, note 4 et Introduction commandeur du couvent de N. D. de la critique, pp. 557-558.
PROGÈS-VERBAL d'aNDRÉ CHEMIN 2^5
esclaves, et, au rcffus d'estre rendus, faire la guerre à ceux qui les détiennent en ces costes, sur quoy sont survenus certains domniaires qui ont acoustumé de s'ensuivre de la guerre, aprezlesquelz. desireurs d'establir la paix, quelques dilllcultez se sont rencontrez qui n'ont peu permettre que la resolution se prist sy tost ; afTin que lesdits dommaiges cessent auportdudil Salle et ceux qui pourroient arryAcr aux marchans françois, atcndant que lesdites difïîcultez se puissent plus amplement résoudre et que les partyes adviseront en la forme qu'ilz le \oudront tenir, ilz ont trouvé bon de faire trefves pour le temps et espace de cin(| mois, commenceant du jour de la dabte de la présente capitulation, avecq les conditions qui s'ensuivent :
Premièrement, que tous les François esclaves qui sont à Salle seront dès àpresent randus, moyennant ce qui a esté acordé, et que, durant le temps desditz cinq mois, aucuns vaisseaux de Sa Maj" ou autres de ses subjets ne feront aucuns actes dhostillifez contre ladite forteresse et ville de Salle, ny aussy à leurs navyres ny embarquemens, dans lesquelz ne sera pris aucune chose dont ilz seroientchargez et ce qui se treuvera sur iceux, soient Chrestiens ou reniez, sur painc, à celuv ou ceux qui contreviendroient, d'estre griefvement punis avecq restitution de toutes pertes et dommages :
Que. pendant ledit temps de trefves, aucun navire du port de Salle ne pourra prendre aucun vaisseau ny autre chose quelconque apai tenant au Roy Très-Chrestien où à ses subjets en mer ou en terre : comme aussy il ne sera permis audit port de Salle qu'aucun vaisseau françois ou subjetz de Sa Majesté ny marchandises leur apartenans, pris par autres personnes que ceux de Salle, de quehjue nation que ce soit, directement ou indirectement, soient vendus audit port de Sallé nv menez ailleurs, ains seront rendus et remis en toulte liberté/, sur paine aux contrevenans d'estre rigoureusement chastiez avecq entière restitution des pertes et dommaiges qui s'ensuivront ;
Que, durant le temps de ladite suspension d'armes, lesditz François auront toute liberté et franchise dans le port et ville de Sallé, où ilz pourront achapter et vendre de la marchandise, comme entre marchans et amys ; mesmes ceux de ladite armée de Sa Majesté pourront dessendre à terre pour y liaitcr tout ce que bon leur
2^6 iSag
semblera, sans que personne les puyssenl empescher ny offenser en leurs personnes ou biens, et niesmes les vaisseaux marchans et embarquemens dudit port de Salle pourront librement aller au royaume de France, et ausdils vaisseaux de l'armée.
Et ledit sieur admirai de Razilly, de sa part, et le s' gouverneur de Salle, d'autre, s'obligent d'acomplir et faire garder inviollablenient lesdites trefves et articles cy-dessus contenus, lesquelz ils signeront de leurs mains.
Fait le deuxième octobre 1629.
Et, d'autant que ledit s' commandeur de Razilly n'est à présent en ladite rade, le s' Du Cballard, gouverneur de la Tour de Cordouan, cap"" garde-coste de l'adinirauté de Guienne et cap"° d'un des vaisseaux du Roy de ladite llolle, ayant cbarge de Sa Majesté et dudit sieur de Razilly à l'efTait que dessus, les signera, atendant que ledit sieur de Razilly les signe.
Fait le deuxième octobre 1629.
Maliumad ban Abdulcader Ceron.
Du Cballard'.
Le sieur cbevallier de Razilly avoit donné ordre au sieur Du Cballard qu'il tira trois coups de canon pour signal, lorsqu'il seroit temps qu'il y alla avecq son navire pour terminer l'aflaire et ravoir lesdits esclaves.
Il feust donc tiré trois coups de canon du bort dudit sieur Du Cballard, lesquelz estans entendus par M' de Razilly, fit aussytost lever l'encre de devant La Mamore, où il estoit mouillé, lequel estant à portée du canon de la rade de Salle, le calme le prist, avecq une grosse mer et les marées courantes, qui l'emportèrent par force advant le vent, puis, le lendemain, le vent venant fort, il fit force de voilles pour essayer à rellovoyer et gaigner à ladite rade de Salle. Mais ce feust en vain, car, en douze jours de temps, il se trouva à quatorze lieux a'van le vent, entre la ville
I. 11 existe une copie de la trêve de aux Archives des Affaires Etrangères, iGag entre Louis XIII et la ville de Salé Maroc, Correspondance consulaire, t. I,
PROCÈS-VERBAL DANnuÉ CHEMIN 2^7
d'Anafe' et la Ville aux Lions", et peult estre de deux mois il n'eust peu atraper qu'à palne ladite rade de Salle, ce qui le contraignit daller rellacher à la rade de SafTy, où il avoit affaire.
Le sieur Du Challard, ayant jugé que le vaisseau « la Licorne » n'avoit sceu relovoyer pour le venir trouver et qu'il avoit les marchandises propres pour Salle, se résolut de l'aller joindre avecq le vis-admiral, contre-admiral et avan-garde, à la rade de Saffy, là où il estoit, et, comme ils partoient', il s'esleva un coup de vent sy impétueux qui dura quelques six heures, de telle fasson que le contre-admiral pensa couUer bas et se perdre, et feust contraint de faire vent arrière pour aller rellacher en Espaigne *, d'autant qu'il estoit presque plain d'eau.
Le vis-admiral, pour le secourir, ordonna à la prise d'Alger de le suivre de prez, et puis ledit vis-admiral, avecq l'avan-garde et « la Renommée », suy virent leur route droit à Saffy pour trouver leur admirai, où déjà yl estoit arryvé il y avoit quelque jours. Lequel y avoit trouvé le vaisseau ' des sieurs chevalUers Des Roches et Guitault avecq la pinasse, qu 11 avoit envoyée devant avecq le II. F. Rodolphe, qui estoit de retour de l'armée du Roy, il y avoit trois scpmaines, qui présenta à M. de Razilly la responce du roy de Marocq, translatée d'arabe en espaignol, dont la teneur ensuit :
Lettre de Moulay Ald el-^L\lek a Razilly.
// Irailera avec le F. Rodolphe la question des Français captifs dans l'empire chérifien et dans la ville de Salé.
Ta.srout. ilj Don cl-Ilidilja luUS-f) aoiM 1629.
Traslado de la carta que va con esta en arabijo del emperador de Berberia Muley Abd el-Meleque j que Dio soalce !, y dise lo sg'^
1. Anafe, .Viifa, aujourd'hui : Casa- 4- Ce fut à Cadix que relâcha le chcvablanca. lier de Jalcsncs (contre-amiral) ; il eut un
2. La l'i7(e aux Lions, en arabe: Medincl long entrelien avec le gouverneur de laville. cs-Sebà. Cette ville doit être identifiée avec V. /« Série. Espagne, iti octobre 1629. Tit. V, p. 'iCt-j, note i. 5. Le vaisseau. Entendez : les vaisseaux.
3. Du Chalard quitta Salé le 7 octobre. Celaient la S"-' Anne et le Hambourg. V. V. p. 2O0. supni. p. 207.
Lo contenido de esta cartala alla, el Adelantado', el libéral, el Rey, el Generoso, el Haxmy, el Fatmy, el Hasny, por el mandadoprofetico, el Xarife el sublime ^, el que se sujetô a su sujecion la libéral los potenlados de los Moros, y abedecio a su mandad(j la xarifa los polos del Poniente, y se humillo a su mandatos los altos los rebeldes reyes de Guinea y sus polos los lexanos y los cercanos'.
Al prudente y bomrrado, cl que mira con los ojos del entendmimiento, el jeneral, el cavallero de Uazilly.
Y despues, loque qiere désir esta en que llege a nostro estado el alto vuestra carta y la leymos todos sus capilullos y entendimos su contenido el particullar y el jeneral, y lo lenemos bien conprehendido ; y para lo que pedis de nuestro estado el alto de la carta de siguro para vuestroamigo. el padre Rodolfe. para que se rencuentre con nos, ya nos lescryvinios nuestra jjalente la alla, en que contiene lo que pedistes ; y lo que disis tocante los esclaves franseses que tenemos en nuestro rci^no el alto, en viniendo vuestro amia-o, el padre diclio Rodolfo, a nuestro estado el alto, trataremos con el en los que ay aqui de los esclaves dichos, y en aviendo con concluido en ellos los que es la volontad confavor, y despues trataremos con el en los demas que ay en el puerto de Salle, con el favor de Dios todo poderoso, y lo demas de los capitules de vuestra carta, de que vuestro amigo os rcspondcre acada particular, con el favor de Dios.
Escrita en nuestro felisse campe en Tasrot ', 16 dcDullieja io38, que de Agosto 5" de 1629 aâos.
Or, durant les trois sepmaines que les vaisseaux des sieurs Des
I. El Adelantado, traductiun espagnole fiennes, plus ou moins exactement traduit
. par l'interprète espagnol, V. i" Série,
de rëpitlKte protocolaire ^L.\l cl-Imàmi p^^^^^^^ j jj^ p^^ CCXWs p. 600.
(l'Iraamien). L'Imàm est celui qui, dans la !i. Tasroi(Tesrast, Taxirout,Tazarot),pe-
récltation de la prière en commun, se place titevillesurrAssifel-Ma],rivièrequi descend
devant les fidèles et il est par extension le du Haut Atlas (Djebel Ogdimt) et se jette
successeur de Mahomet. dans l'oued Tensift. Cf. MAssiGNON,p. 197.
3. El sublime. L'interprète a rendu par 5. Arjoslo 5 ; il faut rétablir: Agosto 6.
ce qualificatif le mot arabe « alaoui n dont Le traducteur a commis une erreur d'un
le sens est ici : descendant d'Ali. jour dans la conversion de la date de l'hé-
3. Sur ce préambule des lettres chéri- girc en date chrétienne.
PROCÈS-VERBAL d" ANDRÉ CHEMIN 2/|q
Roches et de Guitault avoient essayé de lovoyer au vent, pensant gaigner la rade de Salle pour trouver leur admirai, mais ilz ne peurcnt jamais advancer et furent contrains de retourner en la rade de SalTy. où Dieu sait quel contentement ilz eurent de se reveoir joiniz avecq leur admirai, auquel il firent leur raport <( comme il estoit venu un mois devant à SalTy deu\ vaisseaux anglois et deux hollandois. deux de trois cens thonneaux et deux de deux cens ciiKjuante thonneaux. qui portoient le pavillon au grand mas. et lesdits sieurs Des Hoches et Guitault ayant envoyé leurs chaloupes au boit leur faire commandement de la part du Roy de mettre bas leurs pavillons, ilz sen moquèrent, ce que Aoyant lesditz sieurs se mirent en ordre de combat pour les aller aborder, ce que voyant les quatre vaisseaux mirent incontinent bas leurs pavillons et envoyèrent à leur borf faire de grandes escuses quilz ne croyoient pas que ce feussent vaisseaux du Roy. Hz leur pardonnèrent, à la cliarge quilz ne manqueroient plus au debvoir qu'ilz doibvent aux estandars de Sa Majesté. »
A la venue du vis-admiial et dudit sieur Du Challard à SaQy, monsieur de Razilly redouble ses lettres au roy de Marocq pour presser l'afiaire, luy faisant sçavoir qu'il ne pouvoil demeurer en ces costes que peu de jours, selon son ordre.
Il escryvit quatre lettres consecutyves sur ce subjet et force autres lettres au gouverneur de SafTy et aux alcaïdes de sa cognoissance pour presser laffaire, leur faisant sçavoir que, s'il venoit du vent d'aval', comme la saison en estoit desja, qu il seroit coulrainl de s'en retourner en France, ne pouvant rader à cause des tourmentes ordinaires.
Le roy de Marocq, ayant esté adverty de; la venue de M', de Razilly devant SafPy, l'envoya visiter par les sieurs Checq Israël et Pallaciie ', Juifs, lesquclz luy oITrirent de la part de leur roy toultc sorte de franchise et liberté dans le royaulme.
Le vingt-cincj' octobre ensuivant, les susdits sieurs .luifs revindrentà bort pour veoir le présent que noslrc roy envoyoil au roy de Marnrq. nirin d'en faire leur raport, lequel présent ilz estimèrent
I. VfiU d'aval, c'csl-à-ilirc : vent du /" Série. l'ays-Iias, t. I, p. xvji ot p. 278 laryc. noie 1 ; t. Ht, Journal de Ruyl, 1622-1624
a. Moïse Pallachc. Sur crtte famille, V. et ci-dessous possi'm.
et prisèrent fort, et partlcuUierement d'autant qu'il venoit d'un sy grand roy.
Tous les habitans de SafTy, Mores et Juifs, et mesme ceux de la campaigne, esloient très aises et joyeux de l'arryvée dudit sieur de Razilly, espérant par iccUe avoir la paix asseurée avecq les François, qui rendoit leur commerce libre.
Pendant nostre séjour à la rade, nos chaloupes alloient journellement à terre, lorsque la mer le permettoit, en loutte liberté, pour aller chercher des rafraichissemens.
Le sieur Dûment, gentilhomme natif de Nantes, esclave il y a cinq ans ' , escry vit à M' le chevallier de Razilly la lettre qui s'ensuit :
Lettre de Dumont a Razilly.
Abd el-Malek se félicile de l'ari-ivée de Razilly : il a fait harnacher six chevaux pour les offrir en présent au roi de France. — - Le P. Rodolphe transmettra les nouvelles ù Razilly.
[MerrakechJ -, aoùl(?) 1629.
Monsieur,
Nous sommes très-obligez à prier Dieu journellement pour la prospérité de Sa Ma'" et de monseigneur le cardinal de Richelieu, pour le soing qu'ilz ont de nous. Le roy de Marocq est très-joyeux de vostre arryvéeet désire fort la paix et amityé de Sadite Ma". Il a fait préparer six beaux chevaux et estaprez à faire faire les harnois en brodcrye d'or pour en faire présent au Roy. Il nous a fait faire à tous deshabillemens, et espérons en Dieu qu il vous donnera tout le contentement que desirez de luy, car il vous estime fort de ce qu'avez tenu vostre parolle. Tout ce que j'aprehende, c'est la longueur, que les harnois ne soient assez tost prés, parce qu'il n'y a que deux brodeurs en ce pays. Nous vous prions d'avoir patience.
I. On peut déduire de ce détail que 2. Les nouvelles que Dumont donne de
Dumont avait accompagné le chevalier de la cour du Chérit' montrent que cette lettre
Razilly lors de son voyage de 1624. Cf. a été écrite à Merrakech où se trouvait alors
sur ce minie personnage p. 342 et p. 38o. Moulay Abd el-Malek,
PROCÈS-VEUB.VL n'A>DUÉ CHEMIN 25 1
Le Père Rodolphe vous dira toute nouvelles. Aous suppliant me faire l'honneur de me tenir, Monsieur,
Vostre très-humble et très-obeissant serviteur,
Du Mont.
Lorsque quelques-ungz des nostres estoient à terre, tout le peuple rendoit tesmoignage par aparence que le roy de Marocq souhaitoit avecq passion la paix avecq nostre roy et qu'il disoit souvent dans son armée : « J'onhore le roy Louis de France, d'autant qu il est généreux et vaillant. Nous sommes tous deux de mesme aage. J'ayme les vaillans. car je le suis : s'il a dompté ses subjetz et autres ses ennemys, et moy j'acheveroy bicntost de vaincre les miens. »
Le vingt-sixième dudit mois', le roy de Marocq envoya ceste seconde lettre au sieur chevalier de Razilly, laquelle, translatée d'arrabe en espaignol, contient ces mots :
Lettre de Moulay Abd el-Malek a Razilly.
Il a reçu la lettre de Louis Xfllet celle de Razilly ; ces missives lui ont fait connaître le désir du roi de France touchant l'entretien de la paix et la mise en liberté des captifs. — // s'enc/aije à relaxer ces captifs et attend le (jcntilhomme porteur du présent offert par le Roi.
S. I., 3 Rbia I''' ioSq-îi ocfobro 1639.
Traslado de la que va consta en arabijo del emperador Mulley Abd el-Melecq, rey de Barberia, al jcneral del rey de Fransia, el cavalero de Razilly. Es lo sig".
Lo que conticne este mando el Alto", el Adelantado, el LiberaP, el Rey, el Soalsado*, el llasny, el que se sujeto a su sujétion la
I. Celte date est celle de l'arrivfo do la /|. El Sonisiido iluil trailnire approxima-
ettre à Safi.
FI m l II tivement l'épillH-te protocolaire ^^,aJi»JI.
le Triompliaiil, 3. El Libéral ^SCj\.
libéral los reynos de los Moros y se humillo a su bcndition la xaiife los polos del Poniente y obedecio a sus mandatos los altos los rebeldes potentados de la Guinea y sus polos sercanos y lexanos*.
Al honrrado, el prudente, el valoroso. el discreto. el jeneral. cl cavallero de Razilly.
Y despues, esta nuestracarta vos [enviamosjdenuesfraalmhallala prospéra, la vicloriosa, y gracias a Dios que esta en bien y con prosperidad perl'eta y continuacion des bienes des Dios. Aly sirve dicha carta a vos para vos desii" ([uc nos lleparon a nuestro estado alto la carta del rey de Francia poderoso entre los reyes cliristianos y perfecto en la profecion del Mesias, junto con vuestra cartas las quales se leyeron delante de nuestro estado el alto sus contenidos y sus particularidades y la comprehendimos bien lo que contenia dicba carta del Rcy : y colegimos de ella lo muclio que estima allegar nuestra amistad la perfeta y con nuestro estado el alto : y lo que deses que sea continua y per duo afios y inviolable y para descanço pcrpetuo y consentimento igual. y quita toda suerte de danos : y que tambien imbio consto a nuestro estado el alto un présente que muestra coniirinar la buena voUontad y inlento para perfecion del casso : y nos pide tambien por la libertad de los que tenemos de los Franceses captivos ; y entendimos toda su volontad en este particullar to coni bien recebimentoy buena voluntad y perfeta fidellitad y amor y quercr de nuestro estado el alto, y se assento a nuestro pareceryseconfirmo ; y, por los esclavos que pidio de nuestro estado el alto que se den libertad, sy uvierais vos solo pedido dicbos esclavos de vuestra parte, los uvieramos dado libertad por ser criado del rey de Francia, quanto y mas darlos libertad por el respecto de diclio rey de Francia, sin ningun jenero del présente, por todo la buena voluntad que tienne de nuestra amistad y la piadad que tiene con ellos y caridad, como pareceo por su carta : y hasta agora, sobre lo que aveisdeliazercon elfavordeDios, es que venga el cavallero "que dixo y dixisteis que tiene el présente y con el présente, y venga a nuestro estado el alto ; y lo que tenemos aqui a nuestro felixse armada de Cliristianos que pedis vosiran primero : y los que ay en nuestra real ciudad de Maruecos ; que Dios prospère ! sy nos fueremos alla,
l. ^ . supra, p. 2^8, noie 3. 2. El cavallero, le sirur Du Clialard.
con breudad vos los mandaremos. y si nos detuvieremos aqui para alguna cossa que sea denuestra volonlad, vos los mandarc trasy los imbarie a vos de presto, con el favor de Dios.
Eserila a los très del mes de Rabeli el profelico' 1039, que de Octubre 21 de 1629.
L'original en langue arabe est cacheté d'un seau imprimé, parsemé de poudre dor par le dessus.
Geste lettre du Roy ayant esté aportée à borl par les susditz s" Checq Israël et Pallaclie, promirent d'envoyer la responce dudit s' chevallier de Razilly audit roy de Marocq qui s'ensuit :
Lettre de Razilly a Moulay Abd el-Malek.
// remercie le Clierif de ses bonnes dispositions à l égard du roi de France. — // le prie de hâter les négociations en vue de la mise en liberté des captifs. — Les envoyés de Moulay Abd el-Malek rjui amèneront ces captifs à Salé pourront recevoir le présent envoyé par Louis XIII au Chèrif et engarjer les pourparlers en vue de la paix. — Ni Du Chalard. ni les autres membres de la mission ne peuvent débarquer .mns enfreindre leurs mxtructions.
|Kn rade (1r SafiJ, :(6 oclohro 163g.
Sire,
J'ay rcceu la dernière lettre de V. ^L avecq unejoye indicible, par laquelle je demeure tant obligea voslre impériale et magnifique libéralité (jue je n'ay jjointdeparollespourcxpiimcr les vifz ressentimens que j'en ay conceubz, combien (jue ce ne soit daujourd'huy que j'ay fait expérience en mon particuUier de vossinguUieres fabveurs. Et, puis qu'il plaist à V. M. de correspondre aux sincères intencions du Roy, mon maislre, pour donner lieu à la ncgotiation dont il luy a pieu me charger, il plaira à V. M. parla mesme i)onté d'entendre
1. Hnbrli et profelico. le Kebia (lu l'roplute, c'est-à-dire ; lUjia 1"''.
aux moyens requis et nécessaires pour l'iieureux acomplissement de ceste aflaire. qui requiert de nostre part une briefVe expédition, en sorte que, s\ elle ne se termine tout à fait dans six ou huit jours au plus, il me faudra nécessairement retourner en France, sans rien faire. Surquoy, je suplye V. M. en toute humillité me pardonner, sy je suis contraint me prescrire ces bornes et presser de dilligence un sy grand roy que je desirerois servir toute ma vie, considérant aussy le long temps que j'ay atendu aux environs de vostre ville de Salle vos commandementz pour me rendre en ceste rade, et que cependant quatre mois se sont escoullez que javois résolu d'employer au loisir de V. M.
Ce que je requiers doncq très-liumblemcnt de V. R. M., c'est qu'elle envoyé pronlemcnt ùSalfy nos pauvres esclaves, avecq telles personnes qui luy plaira commander pour recevoir le présent et traiter ensuilte des articles de la paix tant désirée, suivant les particulières instructions que j'en ay par ma commission. Pour ce que V. M. demande M' Du Challard. il luy est défendu et à tous les autres cap""' de quiter leurs vaisseaux', et. sy quelqu'un y pouvoit aller, je voudrois estre celuy-là pour avoir l'honneur de baiser les piedz de V. I. M., laquelle je prie Dieu tenir en sa sainte et digne garde et faire régner longuement et heureusement en ces victoires acoustumez. Et demeure,
Sire.
Vostre très-humble, très-obeissant et très-fidelle serviteur.
Le chevallier de Razilly.
Ce 26 octobre 162g.
Ceste lettre feust envoyée à SaCfy au s' Pallache pour la faire tenir au Roy, comme il avoit promis ; etdebvoit. à son retour, venir à bort de l'admirai pour admener les esclaves et les chevaux que le roy deMarocq fait présent au roy de France ; mais une tourmente de sur-ouest nous a contrains de lever l'encre^ et gaigner à la mer, de
I. Cette interdiction de descendre à Chalard et La Touche quittent Safi pour
terre était justifiée après le guet-apens de rentrer en France. Treillebois, Guitaut et
162V ^- supra, p. 107. Des Roches partirent le même jour pour
3. C'est le 27 octobre que Razilly, Du ÎMogador. V. Doc. XXXII, p. 261.
PROCÈS-VERBAL d'a>DRÉ CHEMIN 255
telle fasson que nous avons reccu les plus grandes tourmentes qui se peuvent imaginer. Neantmoings nous tachions tousjours àrellovover, pensans regaigner en ladite rade, mais c'estoit en vain, car, tant plus nous atcndions, tant plus le vent s'eiTorsoit ; et, craignans les costes, d'autant que c'est la saison des ventz d'avaux, nous avons esté contrains, pour éviter de nous perdre, de mettre le cap vers la France, on', quin/c jours aprez, qui feut le dix-huit" novembre, il parut à midy le soUeil, et ledit s' de Razilly ne perdit locasion de prendre hauteur avecq ses pillotes, et il se trouva par les ^- degrez, et nostre estime de 1 est estolt proche de terre, tellement que ledit s' de Razilly fit porter à lest-nord-est, où le lendemain il se rencontra à deux lieues de lisle de Groys. La tourmente continuant tousjours, le vaisseau faisant grand eau et la poullayne toute rompue, par l'advis de ses pillotes. il entra le vingt' novembre dans le Port-Louis, alTm de sauver le navire du Roy, estant bien l'àché de ce que le vent ne permetoit daller à La Rochelle, où il croit que ses compaignons auront rellaché, voyant journellement arryverdes miracles pour les armes du Roy, comme Dieu les benist et conserve par les conseilz de monseig'' le Cardinal.
Archives des Affaires Étrangères. — Maroc. — Mémoires cl Documents. Vol. 2, ff. U-!i7 v". — Original.
I. Tout ce qui suit se retrouve presque Riclielieu du 2D novembre 1639. V. supra, mot pour mot dans la lettre de liazillv à Doc. \XX, p. 2o3.