‹ Les sources inédites de l'histoire du Maroc de 1530 à 1845Chapitre 149 sur 362 · REPONSE DE FERNANDO MASCARENHAS A SIDI EL-AYACHI · texte numérisé non relu

REPONSE DE FERNANDO MASCARENHAS A SIDI EL-AYACHI

Taneer, ii ianvier i63o.

Eli tele: Réponse du général de Tanger.

La lettre de Votre Seigneurie ne comportait pas de réponse, et, si je vous l'avais renvoyée, je pense que cela aurait été y répondre; mais je la garde, afin que tous la voient et jugent si elle est bien conforme à ce que Votre Seigneurie et le caïd El-Mansour m'avaient écrit. Cette campagne de Tanger est à moi, et pour y sortir, je n'ai besoin de la permission de personne : celui qui y entrera sans mon consentement aura à s'en repentir.

Sitôt cette lettre terminée, je ferai une sortie dans la campagne, non comme Votre Seigneurie m'y invite, mais comme il me paraîtra bon. Quant à ceux qui sont morts, en allant sans ma permission clierclier du fourrage dans la campagne, je ne les envoie pas chercber, parce que des hommes lâches et désobéissants, qui transgressent l'ordre de leur général, ne méritent pas de sépulture, et, si je les avais pris vivants, ainsi que les autres, je leur aurais fait donner une mort infâme. Votre Seigneurie aura eu beaucoup de travail pour donner la sépulture à ses morts qui sont si nombreux.

En Espagne, on parle avec vérité, l'on n'approuve pas les choses mal faites, et l'on rend justice à tout genre de personnes. J'ai fait connaître à l'alfaquèque Reta la réponse que j'ai reçue aux lettres de \ otre Seigneurie.

Tanger, 1 1 janvier i63o.

On infère de la lettre du Marabout que . quand il envoya sa première lettre, il ignorait toutes les pertes c[u"il avait subies, et que toute sa joie provenait de ce qu'il avait jjris les quatorze fourrageurs, comme si la négligence de ceux-ci avait pu détruire la gloire de notre victoire ; mais, lorsque le malheureux Maure eut su combien

RELATION d'une SORTIE DES TROUPES DE TANCÎER 28 1

il avait perdu de gens et reconnu qu'il ne pouvait pas faire la pompeuse démonstration que son arrogance aurait voulu étaler, contraint par le petit nombre de ses soldats, il manqua à sa parole et feignit des occupations qu'il n'avait pas. Notre général avec les autres soldats les poursuivit jusqu à ce quenfin ils s'enfuirent comme des lâches. Les soldats portugais firent en tous ces jours mille héroïques actions', dont, pour être bref, on ne parle pas.

Àrcliives cxpaynoles du Gouvernement fjénéral de rÀl'/e'rie. — .\° 512 (anciennement : Registre 1680, ff 35i-35'2). — Imprime'-.

I. Ce style emphatique est celui de près- gloriosa Victoria ». Cf. Galinuo y de Vera,

(pie toutes les relations portugaises; les p. 248.

moindres sorties faites par les « fron- 2. Cette pièce imprimée a été rapportée

leiros » sont racontées comme d'impor- par M. Tiran. On lit en bas de la dernière

tanls engagements, et la razzia de quelques page: Avec pcriiùssinn. à Madrid, dans la

létes de bétail devient une « famosa e mnisnn de Bernardin de Guzman. L'an jOSo.

282 a/j AOUT i63o

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