‹ Les sources inédites de l'histoire du Maroc de 1530 à 1845Chapitre 163 sur 362 · Peu après, le 2^ août, date des >( arli- pp · texte numérisé non relu

Peu après, le 2^ août, date des >( arli- pp

longs à rapporter, outre qu'ils seroient inutils ; c'est assés que la trêve y étoit pour deux ans. A quoy monsieur l'Admirai i^ son Conseil Ireuvaà redire qu'au lieu où il y uvoit : « Qu'aucun vaisseau de Salé ne pourra prendre vaisseaux ennemis qui soient dans les ports ou rades de France », au lieu de ces paroles dernières on voulut les changer & mettre : « A dix lieues de terre de France. » Ceux de Salé refusèrent ce changement. Sur ce refus, le traite fut rompu iSc les otages renvoyés. Ces messieurs disoient que cétoit une loy de ce royaume & qu'ils ne pouvoient & ne dévoient la transgresser.

Dieu, qui favorise toujours les bons desseins de ses lumières, fit rencontrer un adoucissement à cet obstacle, afin de renouer ce traité. Ce fut de signer les articles en la forme que ceux de Salé les proposoient, mais pour un an seulement, & sous le bon plaisir du roy de France; que, si Sa Majesté agreoit ce traité, la trêve seroit continuée pour six ans. comme ils demandoient, sinon, l'an achevé, les choses demeureroient aux termes qu'elles étoienl avant. Ce cpii fut receu des deux parties & signé.

Par cet accord, messieurs de Salé consentoient que deux des Percs capucins demeurassent en cette forteresse pendant la trêve, pour assister les Chrestiens avec toute liberté, qui étoit le dessein du U. P. Joseph, ik pretendoit y établir une mission. Il y avoil espérance d'y profiter auprès des habilans, la pluspart desquels étoient encor chrestiens en leur âme', au rapport des marchands qui y avoient commerce & des esclaves qui de long temps y demeuroient. Néanmoins, cela ne se pouvant conclure que par lavis commun, tant de l'Admirai, de son Conseil, que des quatre Pères capucins, à qui il touchoit principalement, en ayant l'ordre, selon les occurences raisonnables, il s'y treuva de la dificulté, tous les avis ayant été ramassés. Ainsi tous ensemble résolurent de n'y pas demeurer, quoy que le sieur Pierre Mazet, que l'on y laissoit consul, en fist de grandes instances, dont ils passèrent un acte à la rade de Saphy, avant partir pour retourner, comme nous dirons, à ce qu'il leur servît d'une décharge de cecpi'ils n'étoient demeurés ". La fiole leva 1 anchre de cette rade pour la mouiller à celle de Saphy.

I. V. siiprti, p. 97 et note i. après le di'part de « la Renommée » qui

3. Voir cet acte, pp. ^(i2-3'i't. l\ (xd ri- avait mis à la voile le I2 octobre. V. digé le i6 octobre, c'est-à-diru quatre jours siifira. p. 32g.

3!l2 JUIN-NOVEMBRE 1 63o

Arivés à ce port, il envoyèrent la lettre du roy de France à celuy de Maroque par un exprès. De laquelle on ne récent de réponse, non plus que de celles que monsieur le Commandeur luy avoit écrites ; de sorte que, tout étonne, il ne sçavoit quel jugement faire de ce silence. Il est vray que le sieur Du Monts' & les autres esclaves écrivoient assés souvent, donnant espérance de leur venue prochaine à Sapliy, & les dernières asseurerent qu'ils étoient sur leur parlement, que les commissaires du Roy avoient entre mains toutes les dcpesclies »Si la lettre que Sa Majesté écrivoit pour réponse au roy de France, qu il n'avoit plus de manque, sinon la boette qui s'achevoit pour la mettre. En cette attente, on receut lettres d un certain Polinbert " & d'autres esclaves, portant que le roi de Maroque vouloit retenir vingt & trois esclaves que Sa Majesté asseuroit luy estre nécessaires, & que. faisant la paix avec luy, on ne le pouvoit refuser, en les laissant libres avec leur paye.

Le 8. octobre \ il fut areslé un vaisseau flaman chargé de marchandises pour des Juifs, entre lesquelles il en fut Ireuvé de contrebande, quantité d'acier, armes, mors de bride & autres, ik fut amené en France pour le faire ajuger ; la valeur en étoit de cent mil francs.

Tant de longueurs & de remises mirent la patience de monsieur l'Admirai à l'épreuve & luy lirent perdre l'espérance de pouvoir conclure aucun traité, ny même de rien faire avec ce prince, veu qu'il n'en recevoit de nouvelles. & la saison commençoit d'estre mauvaise à ces côtes ; il résolut de partir pour son retour. Les Pères capucins, ayant sceu cette resolution, s'assemblèrent au bord du vice-admiral monsieur Du Clialard, pour faire l'acte suivant:

Procès-verbal de la délibération des pp. capucins.

Raisons rjui s'opposent à ce fju'i/s restent au Maroc: il est contraire à leur conscience de restreindre auxseuls Français l'exercice de leur ministère: d'ailleurs il n'y a plus au Maroc, comme Français, cjue le consul et son

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