V. infra, p. 453. Inine Cabiron, p. 44g
4. V. infra. Doc. LXllI, p. 437. 7. V. infru, pp. 443, 449 ^-^ •^'■■
Ti. ^■. infra. pp. 'i43 el 45i, note, a, et 8. V. /n/ra.Doc. LXVIll, Relation J'An-
Dcpôts divers, lUissio, Instructions pour toine Cabiron, {^p. 447-4Go.
HFLATIONS m-: LA Ftl\>fF FT Dt MADOr nE lfi3l A lfi35 .>f)n
iiiiposleur, s'élant fait passer pour ambassadeur du roi du Maroc? Entre la duplicité du Juif et celle du (Shérif il fut impossible de faire la pleine lumière sur celte question.
Le plus grave des reproches faits par Moulav el-Oualid à David Pallache est d'avoir remis à Louis XUl une dépêche falsifiée, une sorte de lettre de créance dans laquelle le Juif aurait été qualifié « son fidelle ministre et serviteur » ou bien « son fidelle député », Or, si la phrase incriminée se trouve bien dans la traduction de la icllrc du Chérif à Louis XIII du lo Rbia I"'' lO^i (0 octobre i63i), il est facile de constater que cette lettre n'a en aucune façon le caractère d'une lettre de créance; elle est d'une rare insignifiance comme tous les messages chériliens. cl il n'v est question de David l'allache que tout-à-fait incidemment. « La cause de ses lettres.. , écrit Moulav el-Oualid à Louis XIII, est pour vous confirmer comme voz nobles agents et minislresle chevallier de Razilly, Du Chalard et de Molleres, avecq nostre fidel et honornhle tlciaiié David Pallache. sont arrivez en nostre glorieuze cour... »
Ceci posé, Moulav el-Oualid, avant à parler du Juif Pallache, a-t-il jiu le qualilier ainsi ? Certainement non. La form\ile de style, que tout Chéril, et l'on peut dire tout musulman, aurait appliquée à David Pallache est celle de dimmi «3 tributaire. Cette épitliète est d'un usage si constant qu'elle est devenue presque svnonvme de .luif, et elle est cmplovée, quelle que soit l'importance des fonctions confiées à un personnage de celte race. C'est ainsi que Moulay-Zidàn, dans sa correspondance avec les États-Générau.x des Provinces-Unies, qualifie toujours de «dimmi» Samuel Pallache', bien que ce dernier soit l'un des plénipotentiaires marocains de la paix de ifiio et que sa signature se \he au bas de l'acte du ai décembre-. Cette épithète, si usitée dans la langue arabe, n'en a pas moins un sens péjoratif très marquée qui la rend malsonnante à des oreilles juives, et c'est pourquoi Moïse Pallache, ayant à l'accoler au nom de son frère David, lui aura substitué la formule « nostre iidel et honorable député ». C'est très vraisemblablement le seul passage de la lettre chcrifienne qui ait été altéré par Mo'ise Pallache. Il est d'ailleurs très probable qu'une fois rendu à la cour de France, David Pallache, « à la langue serpentine » aura par ses paroles et par son attitude donné à entendre que Moulav el-Oualid l'avait choisi comme ambassadeur.
Quand, au retour de Cabiron (juillet i63/i), la cour de France eut été mieux