‹ Les sources inédites de l'histoire du Maroc de 1530 à 1845Chapitre 204 sur 362 · C'est-à-dire que, d'après cet o.\pé- parchemins · texte numérisé non relu

C'est-à-dire que, d'après cet o.\pé- parchemins

'(32 Tf) NOVEMBHr l()3l

GAZETTE DE FRANCE

Razilly est de retour de son voyaçje au Maroc. — Le sieur de Molères, qui était chargé des négociations , est arriré à Château-Thierry le 16 novembre. — Mouna offerte en rade de Saji à l'escadre de Razilly. — Le sieur de Molères est allé i'i terre et on lui a remis les 180 esclaves français restant au Maroc. — Le Chéri fa reçu en échange nn présent de cent mille livres d'étoffes. — Un traité de paix a été signé à la date du 17 septembre 1631.

Chètean-Tliierrv, iç) novembre i63i.

En marge : De Château-Tlilorrv, le iq diidit mois de novembre, audit an iG3i .

Le 1 G. at ri\ a icy [à Cliàteau-ThierryJ du voyage de Maroc le sieur de Molères. que Sa Majesté y avoit envoyé le i4- juin dernier, afin de traicter de la liberté des esclaves françois & de la paix avec ce roy, qui prend la qualité d'empereur de ces pays-là', paix nécessaire pour le commerce que le cardinal duc de Richelieu y veut establir. & successivement es autres havres et ports de la mer, dont Sa Majesté luy a commis la surintendance, pour rendre le nom des François autant connu dessus la mer comme il l'est sur la terre.

Le commandeur de Razilly, chef d'escadre i^ admirai, & le sieur Du Chalart, vice-admiral de la flotte que Sa Majesté y avoit envoyée, il y a six mois, avec commission à ceste mesme fin, composée de trois navires & deux pataches, sont venus à Morbien ' dès

I. Sur la mission diplomatique du sieur pp. Sgi-Syi^. de Molères, V. supra, Introduction critique, i. .Morbien, la baie du Morbihan.

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le 7. du jDrcsent, démentir en personne la ereance que chacun a\oil de leur perte. Ils nous diseni rpic la lloUc estant ani\cc à la rade de Safv, & avant fait une salve, à lacjneile des Maroquins respondirent, elle reccut un ralVaiscliisscnient à la mode du pays' de plus de chair que de pain, car avec six cens pains on leur donna douze bœufs, cent moutons, six cens poules, trente douzaines de perdrix, qui n'v valent <pie cinq sols la douzaine, force raisins, dattes & grenades. LAdmiral obtint aussi de ce roy passeport pour le sieur de Molcres. qui fut receu au débarquer par deux alcaydes & deux compagnies, l une de pupiiers >k lautre de mousquetaires. Il eut, le lendemain de son arrivée, célèbre & favorable audiance. Car on luy amena les i8o. esclaves françois qui restoient dans tout le pays, & qui, avec les deux cens quarante que le inesmc commandeur de Razilly avoit délivrez l'année passée par l'ordre de Sa Majesté & ardente sollicitation du Révérend Père Joseph, capucin, font ensemble le nombre de ^|oo. La misère avoit desja tellement abruty l'un de ces pauvres esclaves qu'il ne vouloit bouger de captivité.

Ce roy eut eneschangepour cent mille livres d'eslofTes de la part de Sa Majesté Trcs-Chrestienne. l('s(|uellcs son proveydour ne receut. synon à la cbaige que Sa Majesté ne refuseroit pas les chevaux (jue le roy de Maroc luy \eut envoyer pour cimenter la paix, qui fut lors conclue enlr'enx par un li'aicté contenant seize articles, dalté du i8. du mois Saplia. l'an lo'ii, (pii se rapporte au 17. de septembre dernier'.

Signé: lecommandeuide lîazilly. DuCbalard, Mouley el-(îualyd.

Par le troisiesme desquels articles ', tant les sujets de Sa Majesté (pie tous autres ayants son passeport ne pourront phis estie faits captifs: ni. par le qualriesme ', anlic droil miposé en ses ports (pie le taiialy" ou dixiesme. qui se paye de l<iut temps.

Par le i3". se doivent envoyer ambassadeurs de part \ daulie.

I. Ce « rafraiscliissemcnl à la mode du ». \ . siiprn. |i. 'ni, noie i.

pays ». appelé « motina » et assiz analogue 3. \ . sii/jra, pp. 4o7-4o8.

au droit de gîte, est une cliarge, parfois /|. \ . supra, p. 4o8.

tri'S lourde, imposée aux populations par 5. Tuilaly. Sur ce mot qui est pris iil

le Cliérif au profit de ceu.\ ipii voyageiit pour .synonyme de dime. \. p. 'lof^, note 1.

par son ordre ou qu'il veut particulièrement (!. V. supra, p. 4'o. honorer.

De Castkies. 111. - 28

48 'l 19 NOVEMBHE l63l

Tous religieux y peuvent demeurer, mais ils ne doivent officier, sinon aux François seulement. Selon le pouvoii- réservé aussi aux François par ce mesme traicté, ils ont desjà estably pour leurs consuls : à Maroc', le sieur Mazet; à Salé, le sieur Du Prat". tous deux Provençaux; à Safy, le sieur de Bourgaronne^ Car pour Saincte-Croix, Mazet y a mis un correspondant. Il ne se peut croire combien ce traitté a donné d autliorité à ce roy vers ses sujets, & de crédit vers ses voisins.

Bibliothl'gue Nationale. — Imprimés Lc° 1. Gazelle de France, 21 novembre 1(131 '.

Bibliothèque Nationale. — Fonds J'rançais. — Ms. 20977 , J. 51^. — Copie du XVII'' siècle'\

1. .4 Maroc, c'est-à-dire: à Merrakerli. En l'ait Pierre Mazet resta à Safi,

2. Du Prat, André l'rat. Il l'ut pourvu (lu consulat de Salé et de Télouan le 3o novembre 1O29. \. supra. Doc. XXXIV, p. 278. Il résigna ses fonctions en i6/i8 en laveur de son fils. V. infru. Doc. CXXI, p. 643, Provisions de consul à Henry Pral et 2' Série, France, t. I, année 1669. — Sur le conflit qui se produisit entre Pierre Mazet et André Prat au sujet du consulat de Salé, V. supra, p. 3i8, note 3.

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