‹ Les sources inédites de l'histoire du Maroc de 1530 à 1845Chapitre 213 sur 362 · I. Au:ar, pour: avizar · texte numérisé non relu

I. Au:ar, pour: avizar

RELATION d'aNTOINE CABIRON ^Bg

rendre les François nv les biens quiestoienl en sonpouAoir, et partant que, envoyant lesdits Mores, sans faute il rendroit lesdits François et leurs biens ; et cependant quilenvoyeroil à ceux de Salle de fere cesser leurs armes pour six mois, et que l'alcaïde Heya me bailleroit le lendemain la rcsponce ipiil feioit au l'oy, mon seigneur. Ainsi me feust rciïeré par la boucbe de l'alcaïde Morat François, qui servoit d'interprelte. — Je luy dis que ferois toulte la dilligence requise pour donner advis à mondit seigneur de tout, et cependant le supliois d'entretenir ccstc bonne volonté. El, après avoir rendu le debvoir acoustumé, soi-lis.

Ledit jour vij° avril, environ Iroisbeures après midy, ledit alcaïde Heya mapcla à la porte du Grand Micliouard et dit que le roy de Marroq luy avoit baillé une lettre, laquelle me bailla, pliée en un sac de satin vermissau, cachetée, et au-dessus du caciiet un demy rond d'or et un ruban bleu couvrant ledit cachet '.

Le xiiij' dudit. en companie de l'alcaïde Morat, feuz voir les alcaïdes pour savoir s'ils avoienl ordre de me laisser embarquer quand le navire seroit venu de Mougodor. où il estoit. Lesquels dirent qu'ils n avoient point d ordre. Et, ayant monstre la lettre que le Roy m'avoit envoyé à bord, l'auroienl leue et dirent qu'elle portoit de dessendie et demeurer à terre, mais nom pas de m'embarquer. Je leur dis (]uc Jean Daniel, marchant anglois, l'avoit interprettée de sa main, et asseuré qu'elle portoit pouvoir de m'cmbar(|uer, (juand bon me sembleroit, avec mon serviteur. Ils dirent quil m'avoit donc abbuzé. Et, ayans apellc ledit Daniel, dit que ladite lettre avoit [cstéj ainsi envoyée, et que celuy qui la luy avoit expliquée l'avoll trompé, toutesfois qu'il cnvoyeroit à son compagnon à Marroques, pour en avoir une autre pour me fere embarquer". Aussi tost je despechis un courrier audit Marroq et, dans cinq jours, l'alcaïde Heya Agena envoya une lettre du Roy aux alcaïdes pour pormeltre de m'embarquer avec mon serviteur. Pendant ledit tenqis, je ne feuz pas sans de grandes aprchcntions. d'aulaut que sieur (iuerin, marchant françois, dit qu'il

I. V. /" Série, Angleterre, la trailuclion 2. Toutes Ici dillicullés suscitées à Cabi-

Origlnalc de cette lettre en français datée ron pour son embarquement n'avaient du 3 Cboual io43 (i""" avril i63i). d'autre but c[ue de lui extonpier de l'argent.

46o 9 JUILLET iG3/l

avoit esté présent lorsqu'il arriva ladite première carte ', que ledit Daniel avoit lait lire à un tallje et ne pouvoit ygnorer le contenu en icelle, mais qu'il avoit fait cela pour quelque meschant dessein pour l'intelligence qu'il a avec ledit Pallaclie, mais qu'ils n'estoient peuz venir à leur but.

Le dernier avril, je m'embarquis sur les trois heures après midy, ne l'ayant peu par avant pour lèvent d'aval, et le xxvj' jour de juin vinsmes à La Roclielle, comme plus à plain est contenu au journal tenu dudit voyage, qu'il remettra, s'il luy est comandé'.

Faict à Paris le ix'jour de juillet i63^.

Signe: Antboine Cabiron.

Archives des Araires Etrangères. — Maroc. Mémoires et documents. Vol. 2, jff. 59-(lû. — - Original autographe .

I. Carie, hispanisme, pour lettre. 2. Ce « journal » est le Doc. qui suit.

COMPTE d'aNTOINE CABIKON ^fil

COMPTE D'ANTOINE CABIRON-

[Juill<-t i63i]2.

En tête, alla manu : Dépense du s' Gabiron pour son voyage de Maroc — i633-iC3i4.

Estât de la dcspcnce qui a esté faite par le capitaine Antlioine Cabiron en son voyage de Marroques, envoyé par le Roy.

Premièrement, pour la course dudit Cabiron, de son homme et du courrier de Exeter à Londres, compris sa despence, deux cens vingt-cinq livres,

cy ij'^xxv Ltz

De Londres à Douvre paie pour les courses.. . xlv Ltz Le passaige de Douvres à Calais exprès, xxx Ltz. xxx Ltz De Calais à Paris quatre-vingts-cinq livres. . iHj^^^v Ltz Séjour de trois jours à Paris, neuf livres, cy. . . ix Ltz

Le ^ jour de septembre, party de Paris pour

aller truver le Roy à Nancy", despendu. ... c xxx Ltz Pour le séjour dudit Cabiron et de son homme à

Nancy, iiij'"'j Ltz i''j''j f-'^^

Pour postes de Nancy à Paris, cent trente

livres cxxx Ltz

Pour postes de Paris à La Rochelle, cent quatrevingts-dix livres c iiij'^^x Ltz

Pouracheptdedrap noiri't fournitures d'un habit

I. Cf. p. i't7, note I. 3. Le qiiantic'mn a été laisse' on blanc.

3. La dernière dépense inscrite sur ce 4. Louis XIII était arrivé à Nancy le 3i

compte est du 6 juillet 163/4. août i633.

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