‹ Les sources inédites de l'histoire du Maroc de 1530 à 1845Chapitre 232 sur 362 · LETTRE DE P. DL" CHALARD A LOUIS XIII · texte numérisé non relu

LETTRE DE P. DL" CHALARD A LOUIS XIII

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vingl-six pièces de canons, pour n'avoir pas vouUeu randre l'honneur et debvoir qu'il estoit teneu à vostre estandar et à ma commission'. Ce qui m'empeschera d'importuner V'^"' Ma"' de ce faict, ccste lettre aiant à estre trop longue pour luy rendre compte seullement des principaux poinctz de mon voiage, duquel je remetz touttes les particidariltés lorsque Dieu me taira la grâce de me trouver à baiser les piedz de Vostre Ma'"', qui verra, s'il luy plaist, le bon succez que j'é heu par les articles de la confirmation de la paix qu'a signé le roy de Marocque". A quoy je servy le mieux qu'il m'a esté possible à 1 honneur de vos commcndemens. Et j'ay retiré trois cens trois liommes mathelos. encores que V'"Ma'^ne m'ayt pas faict bailler que vingt mille livres ^ pour le présent du roy de Marocque et les autres despanccs nécessaires et inévitables de faire en la negotiation des Maures, qui ne font et n'entendent jamés à rien que premièrement on ne leur ayt donné.

Ceux de Calé ont aussy accepté la paix ' avec bien de la penne, qui voulloient faire ung traitté à part et m'ont faict payer le rachapt desdits captifz au prix qu'ilz les avoient achaptés et quarante pour cent de profFict, qui ce montent à la somme de cent six mil deux cens livres ' : autrement il/, n'en ussent rendeu aucun, disansque leur roy ne peut pas donner leur biens. Et j'ay pancé, sur les advis que je receu en cesie rade, que, sy la guerre estoit contre Espagne, que ce seroit un grand secours à \ ostre Ma' d'avoir de sy bons hommes de

1. Sur cet épisode, V. infra. Doc. infra. Doc. CWIV, p. 066, et Bibl. Nat., LXWVir, pp. Dl6-522. Impr., l'actmn UuCkalard, FH, lyâSn.

2. V. ci-dessus le traité signé le i8 4- \. cette acceptation Doc. L\\\l, juillet i635 (p. 492), et conGrmant la paix p. ligij.

conclue les 17 et 24 septembre i63i. 5. Cette somme d(^ 106300'* est celle

3. Le roi avait ordonnancé une .somme qui est portée sur la quittance donnée par de dix mille livres pour le rachat des es- les Salétins le i'-'"' octobre i635 (V. infra, claves (V. infra, p. .îog) et une autre égale Doc. CXXIV, p. 66,ï) et elle doit par conpour les présents à offrir au Chérif (V. scquent être admise comme exacte. Ceinfra, p. 5o8). En dehors de ces sommes, pendant P. Du Chalard, dans son mémoire les États de Hrelagne s'étaient engagés à justilicalif (V. Doc. LXWIV, p. 5ot)), verser dix mille livres pour le rachat des parle d'une somme de i3i SOi** 16 s., captifs bretons, mais comme ils n'avaient soit aS SOi" de plus. Cette dernière somme pu faire l'avance de celte somme. Du Clia- représentait peut-être des frais acces-

anl se l'était procurée par emprunt. V. soires.

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marine particulicremenl obliges à einploier leurs vye? en caste occasion, la charillé et pieltc de V'" Ma'" les ayans dellivrés des tourmens, des chaisnes, des coupz. du Iravall de bettes et de lesclavitude plus cruelle et insuportahlc qu'il ne ce peut reprcsanter. Plusieurs y sont mors soubz le balon, comme ilz en ont faict tous serement. lorsque je les ay lieus à bord de ce vaisseau. Et c'esloit une chose hideuse de les voir, la plus grand part desfigurés et descharnés, tousneus, mourans de faim, dont il en reste encores à Calé trois cens trente-trois, par faute de fons, bien que j ayt emprunté de tous ceux qui ont eu de quoy me prester. ausquelz sera de la bonté et justice de \ostre Ma"' de faire pourvoir.

Lesd. de Calé firent sortir à ma veue, le premier et deuxiesme du mois de septembre, vingt et deux de leurs navires en deux flottes qui saluèrent vostrc pavillon, ausquelz je baillé des certifiîcatz de la paix. Une est allée infester la coste d'Espaigne et l'autre au cours des illes Canaries et à la hauteur pour rencontrer la flotte des Indes', qui ne sera pas ung petit li'ouble et divertissement aux Espagnolz ; et despuis leur départ il est venu cinq prinses : quatre chargées de sucre et drogueries et une de bled, dont il \ a "rande dissettc en ces

pays-

A ccst bure je va retourner à Safy pour satisfaire à la prière du roy de Marocque ([ui m'a escrit et faict dire avec grande instance par de ses alcaïdes venus exprès me porter de ses leltres qu'il a resoleu d'envoyer ung ambassadeur et des presens à A oslre Ma" , ce que je n'é peu refuser pour des considérations importantes au bien de vostre service que je ne puis escrire' ; qui me foict très-humblement la supplier que je trouve à Brest et à La Uochelle. par dupUcatta, l'honneur de vos commendemens de ce que j'auré à faire, soit de retenir ou hssentier ces grands équipages qui font ensemble près de six cens hommes, entre lesquelz il y a quatre viugtz-cinq soldatz des plus aguerris et bien exercittés qui ce pourroient choisir, comme aussy vostre intention jiour faire recevoir,

I. Sur les entreprises des pirates de la 3. Du Clialard devait aller prendre cet

côte du iMaroc contre la flotte des Indes, la ambassadeur à Safi, mais il en fut empêché

(lotte d'argent. \ . i''' Série. Pays-Bas, t. I, par le mauvais temps. V. infra. p. Do6 et

Introduction, p. viii. note 2.

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