‹ Les sources inédites de l'histoire du Maroc de 1530 à 1845Chapitre 24 sur 362 · V. /'■'■ Série, Espagne, Lettre fie Juan de xxxv et note · texte numérisé non relu

V. /'■'■ Série, Espagne, Lettre fie Juan de xxxv et note

Lara à Medina-Sidonla. Ji la date du i3 'i. V. i''' Série. Espagne, à In date du

juillet 1612. |8 novembre i6ia.

1. « Todos los farilos y cofres de ha- 5. V. /" Série. France, t. II, p. 5<)7, zienda qui^ se hallaron ser de Muley Cidan Lettre de Moulay Zidàn à Louis XIH, i!x y mcterlo on uno de los navios de guerra mars 1616; Ibidem. Pays-Bas, t. II, p. io8, que es « San Lorenzo », exepto... una Lettre de Moulay /Àdàn aux Etals-Généraux . gran llbreria del Rey ». Ibidem 37 juin 1613; p. 787, Lettre de Moulay

2. V. i" Série. Espagne, à la date du Zidàn à Samuel Pallachc. i3 décembre 18 novembre 1612. 1612; p. 6o3, Lettre de Moulay Zidàn aux

3. On a vu que Castelane, de concert Etats-Généraux, 3l octobre i6l5.

WXVIII INTKOnUCTION

loix, si nous avions peu le tiicr du lieu où il a pris lefuge en son crime d '.

Ainsi le roi de France, outre qu il imputait à un dessein malhonnête le brusque départ de Castelane, déniait à cet agent son caractère officiel. Que Castelane ail cherché à jouci- de l'ambassadeur pour faire accepter au Chérif un projet d'alliance, la chose est assez vraisemblable, mais elle n'aurait pas tiré à grande conséquence, si les événements avaient pris une autre tournure. Il n'en est pas moins certain que Louis XIII faisait, pour les besoins de la cause, bon marché du titre officiel dont jouissait Castelane, aux termes très précis de sa provision de consul. Aussi bien le loi de France, malgré cette indignation de circonstance, recommandait à l'ambassadeur de France à Madrid, M. de Vaucelas, de réitérer ses instances auprès de Philippe III pour obtenir l'élargissement de Castelane et de ses compagnons, toujours retenus dans les prisons de Cadix, en attendant la décision du tribunal d'appel".

La question s'était posée de savoir si le procès devait être jugé par le Conseil d'Etat, en l'envisageant comme une afiaire diplomatique, ou évoqué au Conseil de guerre, en le considérant comme une affaire de prise. Les deux Conseils rendirent en août i6t3 un arrêt en commun, arrêt assez incohérent: le navire était déclaré de bonne prise et d'autre part on ordonnait la mise en liberté des inculpés '. Il ne semble jias que cet arrêt ait été suivi d'exécution, car, en juin i6i5, iafTaire. sur les instances de Vaucelas, ambassadeur de France à Madrid, fut examinée à nouveau et tranchée dans un sens encore plus défavorable, puisque Castelane et ses compagnons étaient condamnés aux galères '.

Castelane ne paraît pas être rentré en France. Il mourut au plus tard en 1619 '.

1. V. /'■'' Série. Pays-Bas, t. II, p. .Ï73, Vaucelas à Puisieux, 20 août il5i3, j). 556 Lettre de Louis XIII aux États-Généraux, 5 cl note 1.

juin i6i5. 4- ^ ■ Ibidem, Lettre de Vaucelas à Pui-

2. V. i" Série, Franco, I. Il, Lettre de sicux. 2G juin i6i5, p. 584.

Vaucelas à Marie de Médicis. i5 octobre 5. Un état des consuls français dans le

i6i3, p. 559; Lettre de Vaucelas à Pui- Levant en date d'août 1619 porte que le

sieiLX, 26 juin i6i5, p. 583 ; Lettre de Vau- consulat du Maroc est « vacant par la mort

celas à Louis XIII, 9 juillet i6i5, p. 590. do Castclarme [Jean Philippe Castelane] ».

3. V. /'■'' Série, France, t. II, Lettre de V. infrn. Doc. XII, p. 53.

INTKODUCTION XXXIX

Antoine de Sallf.ttes. siriK oe Saint-Mandiuer. — Ce .gentilhomme provençal, dont le nom défiguré par les Espagnols se rencontre sous les formes : Salvaleta, Samandris, San Manrique, Suma Andréa, etc. avait dû naître à Toulon dans le dernier quart du xvf siècle'. Les détails manquenl sur ses débuts: on sait seulement quil était « extrêmement addroit en toute sorte d'exercice militaire et très-sçavant aux sciences mathématiques'^ », ainsi que fort expert dans 1 art de l'ingénieur'. Saint-Mandrier servit probablement avec ardeur en l'rovence la cause de Henri 1\ « auquel, écrit-il à Louis XIII, je m'estoys norry »*. En i6o/i, il a des démêlés avec les consuls et les habitants de Toulon au sujet de l'établissement de salines '. Son existence paraît avoir été déjà celle d'un aventurier, car en i6ii, à la tête de dix partisans, il commet un meurtre « en personne de l'enseigne et sergent de la compagnie (jue avoyt le syeur de Saint-Pierre en la guarnison à paye mort de la ville de Tollon en Provence »". Obligé de sortir de France avec ses complices à la suite de cette afl'aire, il alla olTrir ses services à Charles Emmanuel I", duc de Savoie, qui intriguait alors avec les mécontents de Provence. Devenu bientôt capitaine d'une compagnie de loo à I au hommes « presque tous retirez du royaume [de France] pour mesfaits' » comme lui-même, il servit ce prince dans la guerre de Alontferral (i6i2-i6i3). Vers la fin de i6i3 il revint clandestinement à Toulon. Les consuls sont avisés le 3o novembre « que le duc de Savoye a intelligences sur ceste ville par le moyen du s' de Sainct-Mandrier et de ses complices... et que ledict s' de Sainct-Mandrier et Cliahert sont estes souvent en

I. Il fit SOS picmitros armes après iSgil, 2. Cf. Honoré Boiche, Hisl. chron. de

date où la Provence revint à Henri IV. — Provence, l. II, p. 869.

Sa naissance à Toulon est établie par un 3. Cf. Ckspedks, Primera parte de la

grand nombre de documents. Citons entre Ilhinria de D. Felipe IV, p. 'MiS.

autres l'état des gentilshommes et soldats !t. V. infra, p. i5.

français se trouvant à Turin en juin 161. '5. 5. Cf. .Vrcli. Nat. Arrêts du Conseil d'Etat

Dans cet étal on lit : « Le S'' de S' Mandri, K 0'', f. 120 ; E 8\ f. 28 ; E 8^, f. 2^6 ;

provençal de la ville de Tolon... ». \. E 10^, f. 77; Bibl. ÎVat., Ms. fr. 18168,

Bibl. Nat., Ms. fr. jGgii. f. .tzi v>. Cette ff. 11 et 228; 18170. f. 37.

liste avec renseignements biographiques 6. V. 7" Série. Dépôts divers, Flcinncc,

avait été dressée par M. Gueffier, agent de Lettre de J.-B. de lirémoy à Orso d'l£lci. 28

France à Turin, et jointe à une dépêche décembre 1617.

cpj'il adressait il Puisieux, le 29 juin iGi3. 7. V. liibl. i\at. Ms.fr. i(}iij.j.f. ,''12.') 0".

INTRODUCTION

ceste ville' ». L'assemblée, après en avoir délibéi'é, décide « que les gardes de la ville seront renforcées, et sera faicle patrouille par les capitaines des quartiers de ladicle vdle ; ... que lesdicls s" viguier, conseil et assaniblée se transporteront aux maisons desdicts sieurs de Sainct-Mandrier, Chabert et aultrcs. sy besoing est, pour fere telles visites et perquisitions que seront requises et naissessaires...^ »

L'entreprise du duc de Savoie sur Toulon ne fut pas sans doute poussée plus avant. Aussi bien Sainl-Mandrier n'était pas homme à se prêter à des machinations contre sa patrie. Tout son désir était d'y rentrer et il répondait à M'" Gueffîer, agent de Louis XIII en Savoie « que s'il pouvoit retourner en France, il ne manqueroil tout aussy tosl de le l'aire et d'y ramener ses compagnons pour obéir aux volontés de Leurs Majestez', que la seule nécessité lavoit luy et eux porté icy pour ne scavoir on se retirer ; que s'ilz pouvoient avoir abolition de ce qu'ilz ont fait, ils aymeroient beaucoup mieux estre emploiez au service du Roy qu'à nul autre prince ». S' Mandrier ajoutait que présentement en Savoie « il se faisoit un apprest sur mer auquel Son x41lesse [Charles-Emmanuel I"] le vouloit employer* ».

Une des idées politiques des durs de Savoie à la fin du xvi' siècle avait été de donner une marine à leur pays, afin de lui faire jouer un rôle parmi les étals maritimes de l'Italie. C'est pour cette raison que le duc Emmanuel-Philibert entretenait des

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