h'anouii. ij«lj (du grec /.avwv). druil coutumicr
.'i. \. K. lÎENAN, La Sneiclé berbère.
Revue lies fleur mondes. lei" septembre 1873.
ij. il SI- poiirrail que le soidt"'\cmcnl de Sidi El-.\yachi Wt, comme celui de Dila, un mouvement de réaction berbtre. Le célèbre ic Moudjaliid », bien qu'originaire de la tribu des Heni Malek (Ei.-Oitk.»ni, p. i3i), devait avoir des ascendants beriières, comme l'indiquent les deux etliniques accolés à son nom: liz-Zaïani et El-;V)'aclii. Celte origine berbère ne le dist|ualitiail nullement pour le rôle de chef de la Guerre Sainte, car le « djiliad », la razzia contre le non-musulman, l'ut, de toutes les prescriptions de l'islam, celle cfue les Berbères pratiquèrent toujours avec le plus de zèle. .\ l'appui de l'Iivpollièse qui fait d'El- Avaclii un dl'■tVn^.l'ur de la cause berbère et
un précurseur des Dilaïtes, on peut citer ce passage d'une lettre de Moulav Mobammed ecli-Cboikb el-Asefjltir aux marabouts de Dila : « Vous étiez, leur dit le Gbérif, pareils à des botes de somme, n'ayant dans les forteresses de vos montagnes d'autre frein que la sottise et la terreur... quand l'imposteur Mobammed el-Avachi vous a entraînés à sa suite pour fouler le sol du Gharb... » (El-Olfraxi, p. iii). M. Bud- CETT Meakin, inconscient sans doute du problème auquel il apporte ainsi une solution, écrit : The Dilaï Zauia or Sanctuary which bad becn .\Yashi'shead quarters... » The iloorisli Empire, p. i38.
(3. L'emplacement de la zaou'ia de Dila n'avait jamais été déterminé d'une façon précise. L'intention de Moulav er-Recliid qui, après avoir détruit de fond en comble la célèbre zaouïa, en laissa le sol « comme un champ moissonné » (V. infra. p. 583), n'a été que trop réalisée, et son nom comme sa position ont presque complètement disparu du souvenir des indigènes. Il est à noter que, dans les relations et correspondances de provenance chrétienne, il n*e^t
LA 7.AOI lA DE DILA ET l.\ CIII TE 111
or-Rbia, eu plein le jour - où un
pays beilHTO ' , n avait aiiruiie iioloriélé avant saint personnage appartenant à la tiiljii des
fait aucune mention du nom de Dila. On en peut inférer qu'au temps des marabouts de Dila le prestige acquis par le puissant monastère l'avait fait communément désigner par le seul mot de zaouïa, la Zaoïiia. Ce terme, par ime destinée analogue à celle de notre mot « .Movitier », était devenu l'équivalent d'un nom do lieu. On lit sur la carte de M. ue Flottk dk Roqie- VAIRE, placé entre parenthèses, le nom de Dllaïa il oôté de celui de Zaouia Aliaiisal (à la tète de l'oued Ait Messat, alllueiit de l'oued el-.Vbid). Cette identification, dont Nf. de Flotte n'a pas fait connaître la provenance et la valeur, semble acceptable à M. Micliavix Bellairo qui la corrobore d'un passage de ICl-Bi/udour cd-Daouïa (Ms. appartenant aux Archives Marocaines). L'auteur de cet ouvrage, Sidi Sliman el-llout, s'exprime ainsi : « Dila est une ville agréable à trois jours de marche de Fez entre Bedjanata, llaskoura et Tadla ». Le nom de « Hedjaiiala ». peut-être mal copié, est inconnu. Mais la position de Dila entre le l'adla à l'est et le llaskoura an sud correspondrait sensiblement il l'emplacement actuel de la zaouïa de Ahansal. Nous croyons néanmoins devoir rejeter cette identification à cause de la distance (380 kilomètres en ligne droite) qui sépare Fez de .\hansal. Cette distance qui représente au minimum, dans un pays très difificile, huit jours de marche est inconciliable avec toute l'histoire de la zaouïa de Dila ; elle est en outre en contradiction avec les dires de Sidi Sliman el-llout qui place Dila à trois journées de marche de Fez. Cette dernière distance paraît seule devoir être retenue, car elle concorde avec les dires des quelques lettrés indigènes qui ont pu être interrogés à ce sujet, et elle est donnée en outrtr par un document cartographique du temps, la « Carie générale des Eslats du roy de Fe: rii règne au-jourd'huy, composée par Talbe Bouijiinan. Docteurde /'.4/corun(V. G. Mol'ette,
llisl. des (■ n'/ucs/i's de Mouley Arehy. p. i). Dans ce cro([uis dessiné sur les lieux vers l6"0, c^n voit à trente lieu(;s de Fez une ville appelée « Zaouias i> laquelle, il n'en pasdoiiliT. d'après le texte de Mouette, est bien la ville de Dila. Un autre texte susceptible d'éclairer cette discussion est le passage de Et-Houdour ed-Daoïiïa où il estdit : « LorsqucSidi .Vboii Biîker ed-Dilaï, pour se rendre à .Merrakech chez le cheikh .\bou Amcrcl-Kasteli, passait auprès de la demeure de Sidi .Mohammed ech-Chergui [le marabout de Uedjad], il sentait que sa propre valeur était diminuée ; il s'écartait de cette route et passait par la montagne ». Enfin il faut mentionner comme élément du problème cpie \c chef de la zaouïa de Dila l'st appelé parfois « seigneur du
djebel D.Tiia, J;ji J^ ^L5 » (Ez-
/.AÏA.M, p. 3). On sait que le djebel Deriia se trouve .sur le llauc gauche de la haute vallée de l'Ounim er-Ubia entre ce fleuve et l'oued Ouaoui/ert, allhient ou prolongement de l'oued el-.\hid.
Plus précis cpie tout ce qui précède, un renseignement provenant d'une source indigène très autorisée (El-lladj Driss ech- Cherkaoui, neveu du marabout de Bedjad) permet d'identifier la zaouïa de Dila (Zaouïet ed-Dilaïa) avec Zaouïct Aïl Ishak, située à io kil. environ à l'est de Bedjad, sur le cours supérieur de l'oued Oumm er- Kbia, en aval et à proximité d(î Kasbet el- Ivhenifra. Les Aït Ishak qui l'habitent sont une fraction (5oo feux) de la tribu des Ickern . On voit encore dans le village le minaret ainsi que le mur lézardé de la mosquée de Dila.
I . Les principales tribus de la région étaient les Zaïan, les Béni Mguild, les Aït Voiissi, les Iclikern, etc.
'j. La date do l'établissement de Sidi Abou Bcker hcn Mohammed à Dila n'est pas miMitionnée par El-Oufràiii. Il est pro-
nyt) INTRODUCTION CRITlnUE
Ak'jjal', Sidi Aboii Beker ben Moliainmed - (i536-i6i2) vint y habiter et y établir une zaouïa. « C'était, dit un biographe^, un des plus illustres docteurs de l'islam et un des grands saints qui approcheront de Dieu... Remarquable par la pratique de la Loi qu'il connaissait à fond, il était encore une nier de générosité, car il donnait comme quoiqu'un qui ne redoute pas la pauvreté. » Cette dernière (jnalité lit beaucoup pour la réputation de la zaouïa naissante : l'hospitalité pratiquée largement et sans compter a toujours été et est encore dans le Maghreb un grand élément de popularité et d'inlluence religieuse. Les immenses plats de « assida '' » se succédaient à Dila devant des botes toujours nouveaux. Tenir table ouverte ', plus encore qu'accomplir certaines pratiques de dévotion, est le devoir de tout fondateur de zaouïa. « Bientôt les caravanes portèrent aux quatre coins du monde la renommée de Dila et de tous les côtés on vit accourir la foule. » Ces pieux pèlerins apportaient chaque fois comme ziaras (olfrandes religieuses) de nombreuses charges de blé et d'orge, et Sidi Abou Beker renouvelait le facile miracle, que l'on constate aux débuts de toute zaouïa, de défrayer libéralement les uns avec ce qu'il recevait copieusement des autres. Le signe le plus certain de l'inqiorlance acquise par la nouvelle confrérie était que l'on ne jurait plus au Maroc que par les vertus de son chef, « qu'il s'agît de pacte ou de mariage ou de remise faite par un créancier avare' ».
babil', étant donnée la ilate de la naissance du marabout (i5S6), que la fondation de la zaouïa doit être placée chronologiquement entre i56o et i58o. D'autre part, on sait par le passage du Boudour cd-Daouia cité plus haut (\ . p. Syii note 6) que Sidi Abou Beker était contemporain de Sidi el- Kasteli et de Sidi ech-Chergui. Or ces pieux persoimages vivaient sous le règne de Moulay Abdallah el-Ghalib bi AUnh (1557-107^).
^ . Ei -OuiRÀNI, p. 87.
1 . Les Mejjat étaient une tribu de la montagne dans la haute vallée de la Moulouïa ; son territoire avoisinait celui des Aïl Ayacli, des .Vit Amalou et des Aït S cri.
2. Il s'appelait Sidi Abou Beker ben Mohammed Hammi ben Saïd ben Ahmed ben Amer. El-Oufr.îni, p. tiôb. On lui donnait aussi les noms de El-Oujjari et de Ez-Zemmouri (En-Xassir[, p. 2'j).
3. L'auteur du Mirât el-Mnhassen cité par El-Olkrà.ni, p. 458.
tl . « On ne vous connaît dans le Maghreb que par les immenses plats de assida que
vous oITroz à vos hùlcs » (Lettre de Moulay Mohammed ben cch-Cberif au chef de la zaouïa de Dila apud El-Ocfr.ïni, p. /|68).
— L'assida SJL.,ac est le mets national des
Berbères du Maroc ; c'est une sorte de bouillie fort épaisse assaisonnée de beurre fondu.
3. K Dès que vous avez été libre de vos mouvements et que les populations ont commencé à venir s'adresser à vous, vous
avez dressé des tables pour les hôtes
Comme nous vous avions laissé faire... en vous laissant accomplir vos pratiques de dévotion et tenir table ouverte, la foule a pu croire que nous vous considérions comme de très grands personnages ». — Lettre de Moulay Mohammed ech-Cheikh el-Aseghir aux chefs de la confrérie de Dila apud El- OuFRÀsr, p. 1)11 et p. 4i3.
6. Cf. El-Olfr.vm, p. lii'd. — Dans l'immuable Maghreb les choses se passent encore ainsi : un marabout se lève, une zaouïa se fonde aujourd'hui comme il y a trois cents ans. Il m'a été donné d'être