‹ Les sources inédites de l'histoire du Maroc de 1530 à 1845Chapitre 277 sur 362 · LA ZAOIIA DE DILA KT LA CHUTE DE LA DYNASTIE SAADIENNE OO I · texte numérisé non relu

LA ZAOIIA DE DILA KT LA CHUTE DE LA DYNASTIE SAADIENNE OO I

Los liabilants de Fez el-Bali, mécontents du gouverneur dilaïle Abou Beker et-Tameli, qui, après maintes vexations, venait de leur couper l'eau, firent dos ouvertures au chéri f filalien, dont la renommée était depuis longtemps parvenue dans la ville. Mouluv Mohanuned bon ech-Chéril' se rendit à leur ajipel (lO juillet 1649) ^t chassa le caïd Et-Tameli. Les deux Fez l'acclamèrent comme leur souverain (Sojuin i65o) ; la bcïa (acte de reconnaissance) l'ut lue I06 juillet i65o. \ cette nouvelle, Sidi Mohammed el-Hadj accourut à Fez avec les forces do Dila ; il rencontra le Chérii'dans le voisinage de la ville, à Dhar er-Remka (8 août iGôo), et le mit en complète déroute. Les Dilaites réoccupèrenl Fez, qui de i65o à 1660 resta dans une pais relative, sous les gouvernements successifs de Ahmed bon Mohammed el-IIadj et do Mobammod bon Mohammed el-Hadj, les deux tils du Marabout. L'aîné de ses enfants .Vbdallah ben Mohammed el-Hadj avait été nommé gouverneur de Salé.

Quant à Moulav Mohanimod ben ech-Chérif, i! reprit le chemin du Sahara et se contenta de régner dans ses possessions du Draa et du Taiileit, où allait surgir un compétiteur de sa propre famille. En effet, lorsque le vieux chérif filalien Monlav och-Chérif mourut à Sidjilmassa le 3 juin i65g, son fils Moulav or-Rochid ben ech-Chérif. mû sans doute par un sentiment de défiance à l'égard do son aine, prit la fuite et, après s'être réfugié quelque temps dans la zaouïade Dila. passa chez li>s Vngad, où il se posa en prétendant contre son frère.

Cependant l'éloiio de Dila pâlissait. Un « moudjahid » ancien compagnon d'El-Ayachi, noniiné El-Khider Ghaïlan, qui commandait dans le Hibl, s'était révolté ; des mécontents de Fez étaient venus se grouper autour de lui. En i6."i2, le rebelle était entré de vive force dans El-Ksar el-Kebir, dont il avait fait sa capitale. Toutes les tribus du Gharb qui, à la mort d'El-.Vvachi, avaient reconnu Sidi Mohammed el-Hadj comme « leur protecteur général ' » se détachèrent successivement de lui. Ce soulèvement devait avoir sa répercussion dans la remuante cité de Fez, déjà fatiguée de ses dix années de tranquillité. En 1661i6(')2, à la mort du gouverneur de la ville Sidi Mohainmeil bon Mohammed el-Hadj'^, un chef de mahalla, le caïd Ed-Deridi, profilant du désarroi, se déclara indépendant à Fez el-Djodid. .Vppuyé aux déi)uts par les habitants de Fez ol-Bali, il proclama la déchéance dos Dilaites. Ce fut en vain que Sidi Abdallah ben Mohammed ol-Hadj, « le prince de Salé », accompagné de nombreux contingents berbères, tenta d'entrer dans la ville ; il campa pendant dix jours sous ses murs, brûlant et saccageant les environs, puis il dut se retirer.

Deghoughi dans des vers satiriques qu'il « un antcchrist concret avant une personavait composes sur le chef de Dila. Ces vers nalité réelle )i, V. H. de C*stries, Moulay rommcnçaicnt ainsi : Isinaït et Jacques II. p. 80, note i.

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