RELATION DU SIÈGE DE EL-M A:\I0RA 62 I
fièvre tierce. A ce moment-l;i. le ca|)ilaiiio et sergent major Don Francisco Banos de Ilcrrera. (|ui commandait en l'absence du maitre-de-camp Don Antonio de Médina, dépêcha une barque longue à rexcellentissime seigneur duc de Médina et Alcala, avec deux lettres, une pour Sa Majesté et l'autre pour Son Excellence, cette dernière de la teneur suivante.
LETTRE DE D. FRANCISCO liANOS DE IIEHUEHA A MEDINA-CELI
Saint Aliciiel (rUiitrcmor |EI-Mamora], i3 août iG'i7.
Excellentissime Seigneur.
A cause du peu de temps cpi'il y a [joui- adresser un compterendu détaillé à Votre Excellence, je m'en remets à la lettre qui part avec celle-ci pour Sa Majesté, par laquelle elle verra notre état : et, si Votre Excellence, dans sa grandeur, n'intervient pas, la situation deviendra bien pire, car il ne me [)aiaîl pas qu'il y ait lieu d'attendre le salut de Sa Majesté.
Les Maures, comme Votre Excellence le verra, sont postés à la marine, sans que nous ayons le moyen de nous opposer à leur dessein, ce qui nous mènera, s'ils persévèrent, à mourir de soif, comme autrefois de faim. Nous supplions Votre Excellence de daigner, comme cela a toujours été sa coutume, envoyer, avec la plus grande célérité, des vaisseaux pour les en déloger, et, comme dans la lettre à Sa Majesté ce cpii nous manque est indiqué, dans la présente nous supplions seulement qu'on nous secoure promptement. Dans cette espérance, nous envoyons la barcpie, et, conmie nous n'en avons pas d'autre, cela permet de voir dans quel état nous allons nous trouver.
Que Dieu y porte remède et conserve Votre Excellence de nombreuses armées, aiin (pie, par- sa grandeur, nous soyons délivrés! ÎNous la supplions en même temps, après avoir jeté les veux sur la lettre ci-incluse, de 1 envoyer à Sa Majesté avec la rapidité que le cas recpiicrt. Nous avons besoin d'hommes, Excellentissime Seigneur, car il n'y en a pas trente qui puissent prendre les armes, ce qui dispense d'cMi diic davantage.
(52 3 lO AOUT-IO SIÎPTKMIilUÎ 1 () '| 7
Saint Michel d'Outremer, i."{ août \()\~, à () heures du soir.
Don l'iiuicisco I3afi()s de llcricra.
Juan de ArcllatKi (Juiiilaiia.
Le duc, aussilùl qu'il recul cet avis, s'oinploya, avec son alTcclion et son zèle accoutumés pour le serx ice de Sa Majesté, à préparer et à faire parlii- le secours avec une grande célérité ; il s'appli(|ua de sou mieux à ces ijrépai'atifs, risquant manifestement sa santé, car il était en convalescence d'une fièvre tierce maligTie. dont il fut repris par suite du travail qu'il s'imposa lui-même à cet cfl'et. Les préparatifs, cormnencés le i() août, jour de l'arrivée de l'avis, furent, terminés dans les (juatre jouis suivants, et les vaisseaux se plaçant à la file, en aval de la barre de San Lucar, y restèrent deux jours, attendant le vimU favorable. On mit à la voile le samedi 2/j août. Il Y avait la fi'égale de l)unker(pic, ap|)eléc San Pedro, une hourcpic anglaise, et di\ bartpips longues, dont le chef et coiumandaiil fui le capitaine et sergent-major de la ville de San Lucar, Don .luau de Duero y A\ala, (pu avait ser\i dans cette place de Saint Michel d'Outremer en qualité de capitamc, quelques aimées auparavant.
Le samedi au soir, la frégalc cl la liouripic arrnèrcnl ;i la hauteur de la crique de Santa (Jialidina de Cadix, oii ils furent ri'|(jinls par la zabra de |)rovisions et de munitions, qui arriva de Puerto de Sanla Maria, et don! le chef était le capilaine Alonso de Villafuerlc, coinmandaiil de la dile place ; dans la frégalc s'cinbaripia le capitaine Don Gonçalo de La Es(juina y Ordonez, avec ciiupiaiite soldats du régiment des (îalions^ et dans la lioui'que moula le capilaine Don Lorenvo (lomez de Médina, avec ceni aulrcs h(jiumes de nouvelle levée; et de là. Ion mil à la \(n\c le dimanche 20 août, parce (pi il y cul ordre de ne pas allcndre la galère, (|ui n élaii |ias encore é(pii|)éc : celle-ci partit ensuite av(H' deux aulrcs nii\ircs de renfort, le 7 septembre, comme l'on dira plus loin.
Cette nuit-là, en raison du fort vent d esl (pii soulllail, les baripies relâchèrent à Santi Pétri, sans poinoir traverser le Déiroil.
I. Le texte espagnol porte: solilnda.'! partie du régiment îles (ialioiis {Irrcio de tic Gnlconea c'est-à-dire : soldats faisant Cinlrùiirs).