Cf. Ibidem, à la date du 21 novembre rau.v
lOig, Lettre de Moulay Zidân aux Etats- 5. Cf. Ibidem, à la date du i^ novembre
Généraux. 162.3, Journal d'Albert Ru\l.
INTRODUCTION LI
La Mole et celle de Cabanes'. On trouve à l'époque qui nous occupe un Jean Boniface, seigneur de Cabanes, qui fut consul de Marseille en 1 622-1 623\ Robert de Boniface naquit vers iÔ'jq'. Ce fut très vraisemblablement à la fin de 1616' que la Cour de France l'envoya en mission au Maroc.
Les relations de la France avec ce pays étaient alors très tendues par suite de l'affaire Castelane. L'Espagne, ne voulant rien restituer à Moulay Zidàn, nous plaçait dans une situation très fausse. C'est pourquoi n'ayant aucune satisfaction à offrir au Chérif, Louis XIII avait préféré ne pas accueillir en i6i2-i6i3 Ahmed el-Guezouli, l'ambassadeur marocain, qui, venu à La Haye, sollicitait un saufconduit pour se rendre à la cour de France". C'était sur les malheureux captifs français que retombait le poids du ressentiment du Chérif; celui-ci ne voulait se prêter à aucune proposition de rachat, tant que le roi de France ne serait pas arrivé à lui faire restituer sa bibliothèque et ses « bardes ».
Les choses en étaient là, quand, après plusieurs autres démarches infructueuses, Robert de Boniface fut choisi pour aller au Maroc, avec la charge « de négocier le rachat des captifs français" ». Le Roi lui remit deux lettres, l'une pour Moulay Zidân, l'autre destinée au capitaine Saint-Mandrier, l'homme de confiance du Chérif. Il partit de Marseille, accompagné de son fils Pierre, âgé de \!\ ans. Mais, attaqués par des pirates turcs ^ à la hauteur de Carthagène, il fut obligé, ainsi que l'équipage, de se jeter à la côte, abandoniianl le navire. Les Espagnols retinrent Robert de Boniface, qui eut à faire de longues démarches pour être autorisé à conli-
1. Sur cette famille cf. Robert de pour continuer son voyage, solliciter un Briançom, Elat de la Provence, t. I, passeport qu'il obtint le 12 mars 1617, pp. 4l3, 4l4 ; Gaufridi, llisl. de la Pru- après de longues démarches.
vence, t. II, p. 602. 5. Sur cet euNoyc du Chérif qui n'ob-
2. V. Arch. communales de Marseille. tint pas de sauf-conduit pour venir en Rey. des délibérations, années 1622-1623, France accomplir sa mission et qui demeura passim. aux Pays-Bas, V. /'" Série, Pays-Bas, t. II,
3. Il avait 38 ans en 1617, V. infrn, pp 1/12, 733 et 737 ; France, t. Il, p. 58o p. LU, note 2. et note !i.
(i. Cette date conjecturale est assez vrai- G. V. 1"' Série, Espagne, à la date du
semblable, car on verra que Boniface, après 12 mars 1O17 Lettre de Philippe III à
avoir été attaqué par des pirates turcs et Clriça.
s'être réfugié sur les côtes d'Espagne, dut, 7. \. i''' Série. Espagne, Ibidem.
LU INTRODUCTION
nuer son voyage ; M. de Senecey, l'ambassadeur de France à Madrid, dut s'entremettre' : il exposa le but de la mission de Robert de Boniface et obtint enfin, le 12 mars 161 7, une patente du roi d'Espagne permettant à l'agent français de s'embarquer pour le Maroc avec une suite de cinq ou six personnes, sous réserve de se conformer aux règlements en usage ^
Le 20 avril 1617, Robert de Boniface s'embarqua à Cadix sur la tartane « Santa Maria Buenaventura », qui partait pour Mazagan'. De ce port, il s'achemina sur le Diaa, où était campée la malialla cbérifienne, et remit au capitaine Saint-Mandrier les deux lettres royales dont il était porteur. Moulay Zidân. après avoir fait « fere l'explicassion par son trochuinan » de la lettre que lui adressait Louis XIII, ne voulut pas se départir de l'attitude qu il avait adoptée. En conséquence Saint-Mandrier fit savoir à Boniface que le Cliérif avait déjà fait réponse à de semblables lettres venues de France *, que le Roi était obligé « de luy tirer reson et fere rendre ce qu'il avoit réfugié entre les meyns de Castellane" » qu'il persistait à considérer comme un ambassadeur de la cour de France.
Robert de Boniface suivit la mahalla cbérifienne et rentra avec elle à Merrakech. A son départ de cette ville, Saint-Mandrier lui remit une lettre pour le Roi datée du 1" janvier 1618, dans laquelle il l'informait du résultat négatif de la mission, en ce qui concernait les cent vingts captifs français détenus à Merrakech. On ne sait pour quelle raison, l'envoyé de Louis XIII ne rentra pas immédiatement en France avec ce message. Toujours est-il qu'on le trouve à Sainte-Croix (Agadir) à la fin de 161 8 ou au commencement de 1619. Il y fait la connaissance d'un aventurier d'origine
1. V. i''' Série, Espagne, à la date du temps qu'aux Etats-Généraux le i4 jan>ier 12 mars 1617. i6i5. Cf. /'■'' Série. Pays-Bas, t. II, p. 464.
2. V. /''<■ Série, Espagne, à la date du John Harrison avait remis la missive ché- 12 mars 1617, Passeport de Robert de Boni- rifienne à la cour de France en mai i6i5.
face. Le signalement do ce dernier perle : Cf. Ibidem, p. 072, Lettre de Louis XIII
« 38 ans, de haute taille, cicatrices à la aux Élats-Généraux, 5 juin i6i5. A une
main droite et à l'oreille gauche. » seconde lettre écrite par Louis XUI au
3. V. 1" Série, Espagne, le procès-verbal Chérif en juin iCi5 (V. /" Série. France, t. dressé à Cadix le 20 avril 1617 par le capi- II, p. 079, note i), celui-ci avait répondu taine Diego d'Escobar. le 24 mars 1616. V. Ibidem, p. 600.
4. Louis Xlll avait écrit en i6i4 à Mou- ô. V. infra, p. i4- Lettre de Saintlay Zidùn qui lui a>ail n'pomhi en même Mandricr à Louis XIII, i5 juin 1017.
IMHODUCTION LUI
française nommé Chai'les Reinaul. Celui-ci, à la suite de quelque négociation louche, était arrivé à décider le caïd de Sainte-Croix à livrer à Philippe III cette ville ainsi que celle de Mogador. Le caïd demandait seulement au roi d'Espagne de le prendre sous sa protection', mais il est permis de croire qu'il escomptait aussi en argent le prix, de sa trahison. Reinaut, voulant faire passer à la cour d'Espagne la proposition du caïd de Sainte-Croix, eut l'idée de la confier à Robert de Boniface. « Je lui ai communiqué mon afere, écrit-il à Philippe III, et overt les nioïens qu'il i a en ses païs de vous servir, vous supliant. Sire, vouloir croire se qu il vous dira de ma part ' » .
Dès son arrivée en Espagne, Robert de Boniface fit part des ouvertures du caïd de Sainte-Croix à D. Pedro de Tolède, marquis deVillaf'ranca. Celui-ci, en rendant compte de l'affaire à Philippe III, le i6 avril 1619, demandait qu'on prît l'avis du duc de Medina- Sidonia, capitaine général de l'Andalousie, sur l'occupation éventuelle des deux ports marocains : il ajoutait c|ue Robert de Boniface se trouvait dans une grande détresse et qu'il allait lui faire donner 200 ducats pour son entretien'. Philippe III saisit de la question Medina-Sidonia et D. Fadrique de Tolède, amiral de la flotte de la mer Océane. D'après la réponse de ce dernier, datéeduô juilletifiig, le place de Sainte-Croix, vu son éloigncment. était de faible importance. Quant à la ville de Mogador, plus rapprochée des côtes d'Espagne, elle était plus facile à défendre. L'amiral émettait des doutes sur les avantages de l'occupation de deux nouvelles « fronteras », alors qu'on avait de la peine à secourir celles qui existaient déjà*. Le duc de Medina-Sidonia. de son côté, adressa à Philippe III, le 8 juillet 1619, des conclusions dans le même sens^ Malgré ces avis défavorables, une consulte du Conseil d'Etat du 22 juillet 1619 déclara l'affaire de « mucha consideracion » et proposa d'envoyer
1. V. ;'■' Série, Espagne, à la date du Pedro de Toledo à Philippe 111, déjà citée. i6 avril iliig. Lettre de D. Pedro de 4- V. /'■" Série, Espagne, Lettre de D. Toledo à Philippe 111. Fadriijue dr Tnlcdo à Philippe III. à la date