‹ Les sources inédites de l'histoire du Maroc de 1530 à 1845Chapitre 340 sur 362 · V. supra, p. 713, note · texte numérisé non relu

V. supra, p. 713, note

5. L'affaire Castclancélantdc 1612, c'est donc de 1 f") 1 2 à i fi 1 4 que les relations commerciales de la France avec le Maroc furent interrompues.

fi. Sur ce caïd, V. supra, j). 708, note i et p. i55.

Rouen au sieur Paul Le Bel', qu'il appelloit Tar/er Panh. marchand Paul, quil eust à revenir traittcr. & que la colère du Roy estoit appaisée. Ce qu'il fit.

J'ay obmis au chapitre des lions une histoire que ma faite Tager Paulo, mon intime amy. & en la place duquel je demcuray en cepaïs-là, quand il fit retraite. C'est qu'environ l'année i6i5, tout Maroc sortit par la porte dite du Camis '. pour aller voir dans une grande touffe de canes ou roseaux, qui en est proche, un lion iS; un sanglier, tous deux effroyables, qui estoicnl morts l'un auprès de l'autre, le lion tout détaillé des dents & deffenses du sanglier. & le sanglier tout déchiré des griffes et des dénis du lion, s'eslans battus toute la nuit dans cette grande touffe de rozeaux, qui en estoit toute abatue & renversée ; ce que tous les Chrétiens, Mores & Juifs furent voir, les sangliers en ce païs-là estant très-furieux, notamment au mois de mars qu'ils sont en rut.

J'ay oublié an chapitre du désert ou de la mer de sable, qu'elle est agitée de grand vent ; car non seulement elle poudre beaucoup, mais aussi il s'y lait de hauts muions de sable, qui après, par un autre vent contraire, sont aplanis.

La ville de Maroc ' est pour le moins aussi giande que Paris, n'y com2:)renant point les faux-bourgs: mais elle est fort vaste '. y ayant bien des places vuides. Elle est scituée en une plaine à sept ou huit lieues en deçà des montagnes qu'on appelle d'Atlas, desquelles, quand on est dans Maroc, on croit estre fort proche, parce qu'elles se voyent aisément, & leurs cimes sont couvertes déneige en quelque saison que ce soit : cependant il y a du moins sept ou huit lieues du pied de ces montagnes jusques à Maroc. De ces montagnes descendent plusieurs petites rivières de belle & bonne eau, qui viennent premièrement arroser un jardin qu'on appelle le petit Meserra, >k y font un grand eslang parfaitement beau, qui a

I. Ce commerçant français avait résidé et y resta jusqu'en i6i8. autrefois au Maroc. Il signa le 7 juillet 1 60g 2. Lu porte dite du Camis. ïiah c\-Khv-

une attestation en faveur de P. M. Coy. mis.

agent dos Provinces-Unies au Maroc (V. 3. Pour cette description dc.Mrrrakech.

/ Série, Pays-Bas, t. I. p. o^S). D'après Le Gendre s'est visiblement inspiré de la

ce qui est dit ici, il dut quitter le Maroc relation de Jean Mocquet. Cf. /" Série.

vers juin 1612, date de la capture de Cas- l'rance, t. II, pp. 397-609. telane par les Espagnols; il vreviulcn ilii4 4- Fyr( uas^c. avccle sensde : fort déserte.

bien mille pas en quarré. Cet eau passe après dans un grandissime jardin, qu'on appelle El-\Ieserra ' , lequel esl plein de rangées d'orangers, de citroniers. palmiers ou dattiers, oliviers, amandiers, figuiers «S: grenadiers, entremêlez d'arbrisseaux de jasmin & autres fleurs odorilcranlcs.

De ces deux jardins qui sont publics & communs, cet eau passe dans la belle maison du Roy, laquelle on appelle El Bedeh", où l'on dit ^^car je n'y ay pas entré) qu'elle fait quatre estangs, au bas desquels il y a quatre jardins, dont le haut des arbres vient à fleur iSc à 1 uny des estangs ; en sorte que les jardins sont en bas & les estangs en haut, & fort bien compassez, y ayant un jardin entre deux estangs, & un estang entre deux jardins. Les rois de Maroc donnent ordinairement leurs audianccs sous le grand portail de cette maison ; tk ainsi, c'est aller à la Porte', aussi bien qu'à Constantinople. Mais quelquefois il y a eu des rois, lesquels, après avoir fait retirer les femmes dans un serrail, par le soin de la dame leur gouvernante, qui s'appelle LarilTe Ramona', ont donné audience dans leur maison à quelques ambassadeurs, mais bien rarement ; »k ils ont donné cette audience dans une longue salle

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