V. infra, p. 716, Relation de Thomas ron
LXXXVIII I>'TftODUCTION
Le capitaine Cabiron se trouvait alors pour ses affaires en Angleterre, à Exeter. Il partit immédiatement pour Paris, puis il alla recevoir les instructions du Roi à Nancy (septembre 1 633) et revint à Paris, d'où il gagna La Rochelle. Il mit à la voile le 6 décembre et, après un séjour d'un mois à Madcie, il arriva à Safi le 12 février i63/i et à Merrakech le 6 mars. Moulay el-Oualid entra dans une grande colère, cpiand il fut mis au courant par Cabiron de la conduite de David Pallache. 11 reprochait surtout à ce juif — et avec une bonne foi plus ou moins douteuse — d'avoir falsifié la lettre chérifienne et de s'être fait qualifier de « ministre ». Il fit arrêter et jeter en prison Moïse Pallache, frère du coupable. Mais sur les autres objets de sa mission, Cabiron n obtint que des résultats négatifs. Le Chérif reçut bien la ratification du traité de i63i et déclara vouloir l'observer, mais il ne voulut pas mettre en liberté les captifs français ni leur restituer leurs biens, avant que ses sujets captifs sur les galères de France n'eussent été mis en liberté. Aussi bien les Pallache avaient desservi le capitaine Cabiron auprès du makhzen, en le donnant comme un cuisinier'. On sait que la cour chérifienne était intransigeante sur la question de l'envoi d'un gentilhomme de qualité pour négocier un traité. Cabiron quitta donc Merrakech le 7 avril \i\3!\. s'embarqua à Safi le 3o du même mois, et arriva à La Rochelle le 26 juin i63^.
En i635, Du Chalard fut envoyé au Maroc pour échanger les captifs appartenant au roi de France et au Chérif et racheter ceux détenus à Salé. Il devait obtenir confirmation du traité de i63i et le faire accepter par les Salétins. Cabiron faisait partie de ce voyage en qualité de « marchand envoyé par Sa Majesté pour le débit des marchandises à faire valoir" », car la somme destinée par le Roi au rachat des captifs avait été convertie en marchandises destinées à être vendues à bénéfice à Salé. En cette qualité, le nom d'Antoine Cabiron figura parmi les signataires de la quittance donnée par les Salélins le 1" octobre i635 '.
Gaspard de Rastin. — On a vu les difficultés qui s'étaient
I. Cî.infra.p. !^ôo, tielationd'A. Cabiron. Bouexic. F^, I753i.
7.. \ . infra. p. 486, note 3 et Bibl. Nat., 3. V. inj'm. p. 665, Arrêt du Parlement
Imprimés, Farlum pour cscuier Jean iJu de Paris. - \i.nn i053.
INTRODUCTION LXWIX
élevées entre André Prat et Pierre Mazet, nommés tous deux à moins d'un an d'intervalle (3o novembre 1629 et 3 septembre i63o), consuls à Salé, le premier par le secrétaire d'Etat Bouthillier, le second par Razilly '. André Prat s'abstint provisoirement de se rendre au Maroc. Mais lorsqu'en i63/j, au retour du capitaine Cabiron, on apprit que, par suite de l'emprisonnement de Pierre Mazet à Merrakecb, il n'y avait plus de consul de France au Maroc, il se décida à se faire représenter par un vice-consul et fit clioix de Gaspard de Rastin'.
Celui-ci dut arrivera Salé à la fin de i63'î ou au commencement de i635. 11 s'y trouvait en tout cas au mois d'août i635, lors du troisième voyage au Maroc de P. Du Chalard et s'employa de son mieux à le seconder dans le racbat des captifs. Il s'obligea même, à la requête du vice-amiral' et solidairement avec lui, pour une somme de 5 5o3 ducats ' représentant la rançon de quarante captifs, qui ne purent être libérés que par ce moyen. Il resta trois cent tienle-trois Français qu'on dut laisser à Salé. Du Chalard promit que le Roi paierait leur rançon fixée à 1 85 102 livres avant le 3o avril 1636°, et. sur sa demande, Gaspard de Rastin consentit à se porter caution de ces captifs « en cas qu'ils se sauveroient ou qu'ils mourroient. Moyennant quoy, les Mores hosterent les chesnes ausdits captifs elles laissèrent en liberté dans leur ville, Iravaillans neantnioings au bénéfice do leurs patrons" ».
La date du 3o avril 1 636 passa, sans que la rançon vînt de France, et Louis XIII dut demander au Divan de Salé, qui y consentit, de prorogera la fin de Tannée i636 l'échéance de cette obligation".
1 . V. los notices sur André Prat(p. xciii) Chalard lui avait écritos en rade de Salé et cl Pierre Mazet (p. lxxix). des obligations signées par lui-même. V.