INTRODUCTION XVII
de l'admiration de tous les humanistes. Pour ses ouvrages techniques, sur l'architecture, sur la peinture, sur l'art nautique, etc., Leone Battista Alberti se tient au latin. Ceux-là ne s'adressent qu'à des spécialistes. Mais pour les écrits moraux dont tout le monde peut profiter, où tout le monde peut apprendre à améliorer sa vie, il a opté pour le toscan. Et tout de suite on l'a imité. Matteo Palmieri et d'autres ont écrit des dialogues sur le modèle qu'il avait donné. En 144 1, il organisa un concours en langue vulgaire, et le sujet proposé était une question morale : Del] a vera aniici~ia.
En poésie, le succès fut plus facile encore, car là surtout l'exemple de Pétrarque enhardissait les novateurs. Laurent de Médicis favorisa ouvertement la langue toscane. Il écrivit lui-même des vers toscans où l'imitation de l'antiquité était sensible. Dans le commentaire (Coiiii)ieuto di Loren::^o de Medici sopra alcuni de siioi soiieUi) qu'il a composé sur quelques-uns de ses sonnets il a détendu la langue vulgaire contre ses détracteurs : « Il ne me reste plus à répondre qu'à une objection, celle d'avoir écrit en langue vulgaire, langue qui, au jugement de certaines gens, n'est capable et n'est digne d'aucun sujet important. Et voici ce qu'on y répond : Une chose n'est pas moins digne pour être plus commune. Au contraire, on éprouve qu'un bien est d'autant plus grand qu'il est plus communicable et plus universel, comme est par nature celui qu'on appelle souverain bien. Il ne serait pas souverain s'il n'était pas infini ; or, aucune chosejne