‹ Les sources italiennes de la "Deffense et illustration de la langue françoise" de Joachim du BellayChapitre 13 sur 62 · XVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVIII INTRODUCTION

peut se dire infinie si elle n'est universelle. Il ne semble donc pas que le fait d'être commune à toute l'Italie enlève à notre langue quelque chose de sa dignité (i)... » Laurent pose alors en principe que deux caractères essentiels font le prix d'une langue : la richesse et l'élégance. Que doit-on penser de la langue italienne à ce double point de vue ? « Il n'y a p^is de meilleur moyen d'en juger que l'expérience. Dante, Pétrarque, Boccace, nos écrivains florentins, ont tait voir très clairement dans leurs compositions de prose et de vers qu'avec une grande facilité on peut tout exprimer en cette langue. Qui lira, en effet, la Coincdic de Dante verra que beaucoup d'idées concernant la théologie ou la philosophie y sont exprimées avec une grande dextérité et une grande aisance. On y verra encore, très bien adaptés aux circonstances, les trois genres de stvle que recommandent les orateurs : le style bas, le stvle moven, le stvle élevé (2)... Qui

(1) <i Resta .idanquc solamcntc rcspondcrc alla obicttionc, clic potessi essere fatta, havendo scritto in lin<j;ua vols^arc, sccoiido il «jindicio, di qualcuno non capacc o dcgna di akuna ccccllcntc niateria o subictto. et a qucsta parte si respondc : akuna cosa non essere manco dcf^na, pcr essere pii'i commune : an/i si prova, ogni bene esser tanto migliore, quanto è più conimunicabile et universale, corne é di iiatura sua quello che si chiama somme bene : pcrcliè non sarcbbe sonimo, se non fusse intinito ; né akuna cosa si puo clnamare inlinita, se non quella, clie é commune a tutte le cose. I-t pero non pare clie lo essere commune a tutta Italia la nostra lingua, le toli^a di^nità. » (l:d. de Venise, 1554, fol. 117.)

(2) <( Nessuna mii^lior rajjione si puo introducere, clie la esperienza, Dante, il Petrarca, il Boccaccio, iiostri poeti liorentini. liaiino ne' j^ravi et dokissimi versi et orationi loro mostro assai cliiaramente, con molta facilita potersi in qucsta lingua esprimerc ofjni scnso, pcrclie chi leggc la C]omcdia di Dante, vi troverà moite cose tlieolof^ice et naturali csscrc con gran destrez/a et facilita esprcsse. Troveià ancora molto attamcntc ncl scriverc suo quelle tre gcnerationi di stili. clie sono da {^li oratori laudati, cioè luimile, médiocre et alto. » (Ihid., fol. 1 19 r '.)

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