INTRODUCTION XIX
niera que chez Pétrarque on trouve un style grave, aimable et doux, et que dans ses poèmes amoureux il y a plus de sérieux et de charme que chez Ovide, Ichez Tibulle, chez Catulle, chez Properce et chez aucun poète latin ?... En prose, quiconque a lu Boccace, ce grand savant et ce grand orateur, estimera singulières et uniques au monde, je ne dis pas seulement son invention, mais son abondance et son éloquence. Si l'on examine son Dccaiiicnvi..., sans conteste on jugera qu'aucune langue n'est plus capable que la nôtre d'exprimer [toutes les passions]... Nous conclurons donc que les hommes et le travail ont plutôt manqué à la langue, que la langue aux hommes et aux sujets. Quant à sa douceur et à son harmonie il suffit de s'être familiarisé avec elle pour s'apercevoir qu'elle est très grande et tout à fait apte à émouvoir. Ces qualités, qui sont qualités propres d'une langue, me paraissent se trouver assez largement dans la nôtre... Aussi, de ce chef, personne ne peut me blâmer d'avoir écrit dans la langue dans laquelle je suis né et dans laquelle j'ai été élevé, surtout si l'on considère que les langues latine et hébraïque étaient en leur temps les langues maternelles et naturelles de ceux qui en faisaient usage (i). »
(i) « Chi negherà iiel Petrarca trovarsi uno stile o;ravc, Icpido et dolce, et questc cosc amorose con tanta gravit.i et vcnustà tr.ittate, quanta senza dubbio non si trova in Ovictio, in Tibullo, in Catullo, in
Properlio, o in alcun' altro Latino In prosa et oratione soluta clii
ha letto Boccaccio, huomo dottissimo et facondissimo, facilmente giudicherà sino;olare et sola al niondo, non solamente la inventione, ma la copia et la eloquenza sua : et considerando le opère sue del Dccamcronc scnza controvcrsia gludicherà nessinia linia:ua meçrlio cssere atta