‹ Les sources italiennes de la "Deffense et illustration de la langue françoise" de Joachim du BellayChapitre 15 sur 62 · XX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XX INTRODUCTION

Pour complaire à Laurent de Médicis, on écrivit autour de lui des vers en langue vulgaire. Le Mori^'ûulc de Pulci était lu à sa table, paraît-il. Quand Politien, l'humaniste fameux, le savant helléniste, n'eut pas dédaigné de composer ses Rime d'une élégance si délicate, et ses Sta)i~e per la gioslra. quand il eut marié la manière de Pétrarque à l'imitation des grands anciens, la cause de la poésie vulgaire fut définitivement gagnée. Sannazar et l'Arioste écriront encore des vers latins, mais toute leur célébrité leur viendra non de leurs œuvres d'humanistes, mais de leurs poèmes italiens, VArcadia (1504) et VOrJando furioso (15 16).

Puis, après la poésie, ce fut le tour de la politique, à laquelle Alberti avait fait une petite place dans son œuvre, et de l'histoire, que Matteo Palmieri, imitateur d'Alberti, avait illustrée déjà au w' siècle. Les œtivres de Machiavel dans ce:} deux genres datent du premier quart du xvi'^ siècle, et celles de Cuichardin ne leur sont guère postérieures.

Dans les sciences, tout naturellement, le progrès avait été moins rapide. Ln tout sujet on pouvait lire

ad csprinii-'ic, clic la iiostni lit purù coiicliidcrcnio più tosto csscrc

iiKuicati .nllalingiia gli huomini et la cssurcitationc, clic la lingiia a gli luiomini et alla materia. La dolcczxa et liannonia délia qualc, a clii, pcr cssersi assuefatta con cssa, ha con lei qualche consuctudinc, vcranicntc è grandissima, et atta inolto al niovcrc. Quoste, clic sono, e clie torse a quakuno potrebboiio pur parère proprie laiidi délia liiigiia, mi paioiio

assai copiosaiiiente nell.-i nostra Ht pcr queste medcsiiiie ragioni

ncssuiio mi puo ripreiuiere, se io ho scritto in quclla liiigiia, nella quale io sono nato et nodrito, massimc perché et la tihrea et la i>atina erano nel tempo loro tuttc inateriie et naturali. » (Iblil., (o\. 119 r', 119 v", 120 r'.)

INTRODUCTION XXl

quelques livres italiens ; mais, d'une façon très générale, le latin restait la langue scientifique. Il ne se résignait pas volontiers d'ailleurs à abdiquer son rôle de langue artistique : dans tous les genres, les humanistes continuaient à écrire très assidûment des œuvres latines. Mais ils se répétaient sans cesse les uns les autres. L'humanisme s'épuisait. Au début du xvi*" siècle, sans parler de la comédie qui trouve toute sa^ vivacité dans le parler vulgaire, on peut dire en général qu'en poésie, en histoire, en morale, en politique, les œuvres les plus originales s'écrivaient en italien.

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