XXII INTRODUCTION
faut savoir que s'il ne parut qu'en 1525, il tut commencé dès 1)02, antérieurement à ia composition des j œuvres de Sannazar, de Machiavel et de l'Arioste par conséquent. On en parla beaucoup avant sa publication, et des parties en circulèrent manuscrites. Leone Battista Alberti voulait qu'on reconnût à la langue italienne le droit à l'existence. Bembo va plus loin : pour certains sujets il exige l'emploi du vulgaire ; il déclare que les langues anciennes ne suffisent plus aux besoins modernes.
L'ouvrage est composé en forme de dialogue, comme tant d'autres écrits italiens de cette époque, en particulier comme la plupart des écrits où est traitée la question des langues. Bembo feint de raconter à Jules de Médicis, le futur Clément VII, un entretien qui eut lieu chez son Irère Carlo Bembo, et dont les interlocuteurs supposés sont trois persomiages fameux alors : Julien de Médicis dit le Magnifique, Federico Frégoso et lîrcole Stro/zi. La conversation tombe sur le sujet des langues vulgaires, qui paraît avoir été, dans ce temps-là, un des thèmes favoris des causeries distinguées. Tout le monde semble d'accord [lour reconnaître qu'il est temps de renoncer aux langues savantes : c'est désormais l'opinion commune. Seul Frcole Stro//i proteste ; il tient pour la tradition, réclame l'emploi du latin, et demande à Carlo Bembo connnent son frère Fietro, si érudit et si parfait lettré, a pu se résoudre à abandonner la langue de (jcéron. l'j'cole Strozzi avait etTectivement composé des vers latins ; ce n'est donc